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Red Roses For The Devil's Whore [Aldous & Ottilÿa]

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Alone We Die, My Frozen Angel
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Messages : 238 Je suis arrivé(e) le : 07/07/2016 Sous les traits de : Charlie Hunnam Je me dédouble : Heathcliff A. Lovecraft & Jahaal J. Sepehr & Archibald S. Rosier Pseudo : Yuki Shuhime Crédits : SWAN Points : 2313 Couleurs RP : #003366

J'ai : 75 ans Age d'apparence : 28 ans Je travaille comme : Mécanicien/Carrossier Actuellement, je suis : Célibataire Niveau social : Au ras des pâquerettes
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Mer 17 Aoû - 2:03
Red Roses For The Devil's Whore



11 Septembre - 00h00 - Aldous & Ottilÿa


J'me cambre. J'sens mon corps s'tendre, mes membres s'crisper. Comme si j'perdais l'contrôle. J'tremble, j'vibre d'l'intérieur quand la morsure d'l'aiguille s'estompe. J'arrache la s'ringue d'mon bras, mais j'ai d'jà la tête qui tourne. J'sais à peine où j'suis, c'que j'fous là. Ca fait dix putains d'jours qu'toute cette merde est arrivée. Et j'suis à peine sorti d'chez moi. J'ai rien bouffé, juste bu. Et gerbé. En alternance c'qui fait qu'j'ai surement du boire mon putain d'vomi. Même Uriel a abandonné d'me sortir d'là. Il reste dans l'garage, garde la porte d'la baraque en couinant. J'l'entends, j'sais qu'il doit s'inquiéter. Mais il peut rien faire. Personne peut rien faire. J'contracte l'poing, juste pour faire pomper l'sang plus vite. J'préfère rester déf' en permanence. J'me r'pique dès qu'la descente s'pointe. J'ai presque plus rien, une dose si j'ai d'la chance. Après, j'devrais sortir. Après, faudra qu'j'bouge d'là. Mais après. J'ai encore quatre heure d'défonce amorphe roulé en boule dans mon pieux avant d'avoir à penser à après. J'sens la dope m'grimper dans l'crâne. Tout d'vient flou, les formes s'confondent, s'déforment, s'tordent dans tous les sens. J'pars dans un éclat d'rire. J'sais pas pourquoi. Et j'm'en branle. Parce qu'y a rien qui m'dicte c'que j'dois faire. Pas d'remord, pas d'regret. Juste une putain d'envie d'rire qui m'sort du gosier. Parc'qu'ouais, dans un sens ,c'est putain d'drôle.

Il est nu. Nu dans son lit souillé à l'odeur rance. Nu au milieu des draps crasseux desquels il refuse de s'extirper. Sa maison est un vaste dépotoir. Des piles de vêtements traînent par terre, des cadavres de bouteilles autour de son lit, des morceaux de verre, lorsqu'il chute en voulant suivre l'une de ses lubies hallucinogènes. Le délire d'un mec camé à mort, qui ne risque pas de mourir et refuse de vivre. Depuis Shea. Ses cauchemars sont peuplés d'ascenseur aux portes obstinément closes par un mur de flamme, d'arc électrique qui condamne la sortie et le pousse vers cette silhouette pâle comme la mort, vêtue de guenilles, à la peau presque scintillante d'une lumière céleste, d'ombres grouillant d'insectes anthropophages qui viendraient grignoter ses chairs alors que sa voix résonne comme une accusation inquisitrice. Il l'entend dire tout ce qu'il redoute, que leur histoire n'avait été qu'un amusement sans valeur, qu'il n'avait jamais pensé à lui pendant leurs ébats, qu'il avait voulu le revoir pour se moquer de lui, de sa faiblesse, de cet amour corrosif qui le rendait vulnérable. De sa solitude caustique qui l'éloignait du monde. De sa soif de sang vengeresse qui faisait de lui une aberration de la nature. De la honte qu'il était pour sa race, ni assez bienveillant et droit pour être Banshee, ni vraiment cruel pour être digne d'une Ombre. Avec le visage d'Alice qui revenait le hanter, et la voix de Shea le traitant d'imposteur. Avec le visage de Dante qui lui hurlait de crever seul, et le rire étranglé de Shea confirmant la menace du Stryge. L'union de ses deux hommes qui l'acculaient pour le passer à tabac, Alice qui hurlait qu'il ne fallait pas lui faire de mal mais que Marie emmenait loin de lui. Alice avec des immenses crocs qui coulait dans les bras de Dante. Shea qui écartait les cuisses dans une posture lascive, se faisant prendre par un homme invisible qui dévoile le visage de Dante. Un maelström infernal, un capharnaüm bouleversait qui le digère, le consume dans des délires mortifères. Et pourtant il veut s'y noyer, s'injecter toujours plus de came même s'il ne connait plus un seul trip heureux depuis des jours. Comme si se punir de cette façon lui laissait une chance d'espérer une réalité plus heureuse. Mais tout cela était vain.

J'hurle, j'me débats, j'cogne dans l'vide, j'griffe mes bras, j'fend l'air, j'me cache le visage, j'm'enroule sur moi-même, j'enlace mes genoux. J'convulse presque. J'pleure. J'm'entend geindre comme si j'étais en dehors d'mon corps. J'me trouve pathétique, misérable, avant d'me rendre compte qu'c'est moi. J'me dégoûte, j'me révulse. J'voudrais crever. Crever, plus penser, faire taire les voix, bouffer les visages, crever ses putains d'yeux qui m'scrutent. Les chasser, qu'ils s'en aillent, qu'ils m'foutent la paix. Qu'ils m'oublient ... Non, non partez pas ! Qu'ils reviennent. Qu'ils m'laissent pas seul. M'abandonnez pas, putain. Shea ! Dante ! Alice ! Marie ! J'gueule pour les appeler. Mais ils sont pas là. Ils sont loin. Ils en ont rien à foutre. J'le sais. C'est sa voix à lui. C'connard qui m'a foutu en l'air. C'est lui qui ricane et qu'j'entends m'dire qu'y a plus personne. J'donne des coups d'pieds, j'rue comme un animal blessé qu'on veut balancer dans la fosse commune même s'il bouge encore. J'veux pas. J'veux pas qu'on m'emmène. J'veux pas qu'ils partent. Qu'il la ferme, avec son rire d'taré. Qu'il dégage avec son sourire d'l'ange à peine cicatrisé. J'revois sa gueule comme j'l'ai laissé en l'butant. J'ferme les paupières mais il est tatoué en d'ssous. J'peux pas l'chasser, il est partout, il est en moi, j'le sens qui m'prend. Trop fort. Trop profond. Ca m'fait mal. Putain que ça s'arrête. J'veux plus qu'ça fasse mal. J'veux plus d'la douleur. j'me sens gerbé, la bile qui coule l'long d'mon menton. Vas-t-en. Vas-t-en ! Dégage, laisse-moi, m'touche pas. Putain m'touche pas !

Il sent ses assauts comme si la mémoire de sa chair était encore vivace, comme si son corps se rappelait de ses attouchements qu'il a tant honni. Et puis tout s'arrête. Le vide. Le néant. Son corps réclamant à être rempli. Sa bouche aux lèvres à vif irradiant de la morsure de la bile. Il est parti. C'est ce qu'il voulait, c'est ce qu'il a supplié. Mais il se retrouve à nouveau seul. Les battements de son coeur sonnent le glas de sa raison et l'angoisse la plus folle glisse dans ses veines. Ses sanglots sont déchirants, aussi pathétiques que ceux d'un enfant abandonné. Il se recroqueville, tremblant de froid, déshydraté, meurtri dans ses chairs aux souvenirs funestes de toutes ses souffrances passées. Au loin, les corps fantomatiques de son gourou enlaçant Shea, de Dante et Marie autour d'Alice à l'allure carnassière, sa propre mère aux yeux rougies par le manque de sommeil, noirs des coups de son mari ivre, tenant son chapelet dans une main de squelette. Tous ils s'en vont. Tous ils l'abandonnent. Tous et pourtant. Pourtant il perçoit une présence. Ténue, lointaine, vacillante comme la flamme d'une bougie en pleine orage. Une frêle silhouette d'enfant, l'écho d'un rire candide, d'une voix aiguë, un sourire espiègle, un doigt plongeant dans un pot de pâte à tartiner avec gourmandise. Ottilÿa. Il la reconnait. Elle est là. Elle veille sur lui. Comme toujours. Elle ne l'a pas oublié, non. Elle ne l'a pas abandonné. Parce qu'elle est toujours à ses côtés. Ottilÿa. Il voudrait se lever, courir à sa rencontre, l'enlacer avec fougue, la soulever et la faire tournoyer contre lui. Mais il est incapable de bouger, incapable de quoi que ce soit d'autre que tendre le bras vers l'horizon et l'implorer de le rejoindre.

"Ottilÿa ..."




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Sam 20 Aoû - 12:54
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11 Septembre - 00h00 - Aldous & Ottilya


Il y avait si longtemps qu’elle n’était pas venue à Ottawa. La première fois, la ville ne portait pas encore ce nom là… c’était Bytown. Un bourg crasseux et pauvre où les premiers Canadiens tentaient leur chance dans la lointaine aube d’une ère qui deviendrait celle-ci. Mais Ottilÿa avait aimé le Canada. Elle l’avait aimé parce qu’il lui était familier. Il y avait comme chez elle, cette odeur de froid, ces eaux vives et ces forêts interminables où les animaux ne laissaient que quelques traces brèves, à peine présentes. C’était un écho dans son âme, elle s’y sentait en confiance et les similitudes soulageaient un peu le manque de ses terres natales. Et maintenant qu’elle s’y retrouvait à nouveau, elle ressentait cette même béatitude. Moi prononcé qu’autrefois, puisqu’elle revenait d’un long périple le long du fjord qui l’avait vu naître. Il restait sauvage, indomptable… solitaire et froid. A son image. Mais ainsi, c’était avec une joie non dissimulé sur son visage de petite fille qu’elle marchait dans les rues de la ville qu’elle redécouvrait presque comme si elle ne les avait pas vus depuis Bytown. Si elle était revenue il y avait quelques décennies de cela, la mémoire de l’Ombre s’était surtout focalisée sur cette jolie rencontre avec cette jeune Qilin, Vinter, dont il lui tardait de retrouver les jeux et les instincts sauvages. Mais avant cela, elle avait quelqu’un d’autre à revoir. Une personne chère à son cœur qui lui semblait vivre non loin de là dans le nouveau quartier de Westboro Village. Sur un simple morceau de papiers, elle avait noté l’adresse d’Aldous. Aldous… le nom la fit sourire d’avantage, et elle accéléra le pas en agrippant son sac en bandoulière qui contenait les très maigres effets dont elle ne se séparait pas. Et elle chantonnait, sur le chemin seulement éclairé par les lampadaires. Partant dans un éclat de rire spontané en apercevant un panneau qui indiquait la direction du garage. Otti’ s’était même surprise à sautiller, avant de passer à travers un petit trou de grillage. Et les longs cheveux clairs flottèrent bientôt dans un espace qui appartenait à Aldous.

Pendant un moment, l’enfant s’amusa à arpenter la casse, à jouer parmi les débris mécaniques en imaginant la vie menée ici par celui qu’elle avait longtemps couvé à sa manière. C’était donc ici, qu’Aldous c’est stabilisé. Le sourire d’Otti’ s’était alors un peu effacé, pendant que ses yeux clairs balayaient l’endroit. Etait-ce de cette manière qu’elle lui avait indiqué comment vivre ? Quoi faire de son existence ? Il n’était plus un Humain, il était un spectre. Et comme bon nombre d’entre les faibles de sa nouvelle espèce, il avait choisi de vivre comme un vivant. C’était pathétique … mais il l’avait choisi. Rare était les créatures vivantes ou mortes de qui Ottilÿa se souciaient. Plus encore, celles dont elle respectait les choix. En réalité il n’y en avait pour l’instant qu’une, et c’était bien le propriétaire de la casse. Un peu plus loin, le jappement d’un chien la sortie de sa réflexion mitigée. La plainte attira ses pas jusqu’au molosse qui en l’apercevant, n’arriva plus à distinguer sa priorité : réclamer qu’on lui ouvre, ou chasser l’intruse. Tout croc dehors, il exprima tout de même à l’importune qu’il n’y avait qu’un pas à franchir pour se faire mordre les jambons… Le chien était fidèle à son maître comme les vivants ne l’étaient jamais aux leurs. Ainsi toisa t’elle l’animal et adopta-t-elle une forme intangible pour lui passer à travers et se moquer de ses aboiements. Et puis, l’odeur dans la maisonnée vint la saisir à la gorge et elle en toussa avant de reprendre un souffle erratique jusqu’à ouvrir une fenêtre en grand. Une bonne goulée d’air et elle analysa ensuite ce qui avait ainsi heurté son odorat sensible. Ca sentait … le squatte. L’atmosphère était chargée de transpiration, de sang, de substances dont elle reconnaissait aisément l’origine. Et la mine lumineuse de l’Ombre se chargea de plomb.

En découvrant le corps nu et luisant d’une sueur épaisse, souillé d’excrétion elle ne retint pas un petit cri de stupeur épouvantée. Et puis, ce fut le dégoût et le mépris. L’endroit avait tout de répugnant, et la situation d’Aldous était abject. C’était à cela qu’il occupait son éternité ? C’était ainsi qui louait la Mort de l’avoir ramené sur Terre ? Qu’il profitait de ses pouvoirs … Elle secoua la tête, visiblement peinée mais surtout, particulièrement amère.

« Quel pathétique spectacle mon ami… »

L’Ombre délaissa rapidement le corps fiévreux d’Aldous et les délires qui semblaient l’approcher d’un état de convulsion fébriles. L’odeur était trop épouvantable, et c’était clairement à rendre. La rage commençait déjà à agir, à planter ses griffes dans le cœur de la millénaire qui sans s’en rendre compte commençait à engloutir la lumière artificielle autour d’elle. L’obscurité était déjà presque totale, elle glissait sur les murs pour engloutir l’espace qui la bordait. Bientôt, le bois craqua sous l’haleine gelé qu’elle imposait, la condensation émana du souffle d’Ottilÿa qui sentait le givre sur ses cils. Et par reflexe, elle passa ses mains sur ses bras pour ne pas trop en souffrir. Elle voulait partir, très sérieusement. Le laisser là et chercher quelqu’un d’autre à détruire… et à apprécier dans la Mort. Mais ces choses-là, Otti’ le savait, ne murissait pas de la volonté seule d’une personne. C’était incontrôlable, l’on ne choisissait pas à qui l’on accordait de l’importance. Aussi prit-elle sur elle pour retourner auprès du Sidh transit de poison, apportant avec elle une atmosphère glaciale. Et il sembla sentir sa présence, la reconnaitre à cet instant précis car elle l’entendit faiblement murmurer son nom. « Ottilÿa ... » Mais elle resta silencieuse tandis que derrière elle, dans le cadre de la porte, le monde semblait sombrer dans les ténèbres qui peu à peu venaient ramper dans la chambre d’Aldous comme une nuée grouillante d’insectes contre les murs.  Longuement, elle le détailla ainsi meurtri dans sa chair, aussi risible que lorsqu’il n’était qu’un vivant, aussi faible… également. A lui, qu’elle avait forgé. A qui elle avait donné le meilleur, qu’elle estimait…  La déception la heurtait de plein fouet pour lui rappeler sinistrement que l’on ne pouvait pas faire confiance. Même à ceux que l’on aimait. Surtout… à ceux-là. Qui finissaient toujours pas vous décevoir d’une manière ou d’une autre.

« Aldous… »

Elle avait simplement répondu d’une voix plus grave qu’à l’accoutumé à l’appel de celui qui se considérait comme son fils. Qu’elle avait longtemps considéré comme tel également et qui devrait maintenant mériter ce titre. Puis elle approcha pour ouvrir encore une fenêtre, puis la lumière en laissant cette fois les ombres menaçantes se résorber pour qu’Aldous prenne l’éclat écrasant en plein dans l’âme. Puis elle se dirigea lentement vers un fauteuil au cuir tanné et abîmé pour jeter tout ce qu’il contenait directement à terre et s’y assoir, les jambes par-dessus un accoudoir. Son regard électrique fusillait l’épave suante, le dégoût s’emparait encore de ses traits devant les traces de vomit qui distillaient leur odeur infâme partout dans la pièce. Et Ottilÿa ne parla pas avant un moment. Le mutisme avait toujours été son arme face à la contrariété. Mais au bout d’un moment, elle n’y tint plus et lança avec dédain :

« Je pensais te retrouver à l’apogée de ta force, mon fils. Je croyais t’avoir donné de quoi te distinguer de tous… vivants, comme mort. Je suis… tellement déçue. »




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Messages : 238 Je suis arrivé(e) le : 07/07/2016 Sous les traits de : Charlie Hunnam Je me dédouble : Heathcliff A. Lovecraft & Jahaal J. Sepehr & Archibald S. Rosier Pseudo : Yuki Shuhime Crédits : SWAN Points : 2313 Couleurs RP : #003366

J'ai : 75 ans Age d'apparence : 28 ans Je travaille comme : Mécanicien/Carrossier Actuellement, je suis : Célibataire Niveau social : Au ras des pâquerettes
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Dim 21 Aoû - 18:19
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11 Septembre - 00h00 - Aldous & Ottilÿa


C'te voix. J'l'entends. J'suis sûre qu'c'est elle. Même si j'vois pas la différence entre c'qu'est réel et c'qui l'est pas. J'le sens au fond d'mes tripes. Parc'qu'elle fait partie d'moi. Parc'qu'elle a toujours été là. Alors j'sais qu'elle est vraiment r'venue. Même si j'arrive pas à ouvrir mes yeux collés pour la voir. Même si j'sens rien d'autre qu'la bile acide dans ma bouche et la sueur partout sur mon corps. Sauf l'froid. Un froid glacial d'mort. Y a qu'elle qui peut faire ça, qu'elle qu'emporte le blizzard dans sa gorge, qu'elle avec un souffle aussi glacé. J'essaye d'me r'dresser, au moins pour la voir. Mais j'y arrive pas. Ur' est toujours dehors, elle a du entrer sans ouvrir. J'pars dans un éclat d'rire. Putain d'foutu fantôme d'mes deux. C'est erratique, ça m'fait mal à la gorge éraillée, ça m'gratte partout à l'intérieur d'ma chair. Parc'qu'elle a la prestance d'son rang, la classe qui va avec sa condition. Elle, elle est fière et digne. D'puis des siècles. Elle en a rien à battre d'sa vie d'avant, y a plus qu'l'éternité qui compte. Ca fait si longtemps, si longtemps pour elle. Comment t'veux qu'elle comprenne, hein ? J'suis mort bordel, j'le sais. J'le sens. Mais j'l'accepte pas. Pas d'puis qu'il est r'venu. Pas d'puis qu'j'l'ai r'vu. Pas d'puis qu'j'me rends compte d'c'que j'fais d'mon existence immortelle. La vengeance. Elle a tout rongé, tout dévasté, tout fait fondre. Et maintenant ? Maint'nant j'suis plus qu'une putain d'carcasse vide qui cherche à s'remplir. Ou s'faire remplir. Parc'que j'ai pas la volonté d'faire mieux. Ou pire.

Il se retourne sur le dos, les cuisses écartées sans le moindre sursaut de pudeur. Il s'essuie vaguement la bouche avec son avant-bras, étale la bile sur sa joue, sa gorge dans une traînée jaunâtre presque brune. Son rire se calme. Se transforme en hoquet compulsif entre coupés de pleurs. Il ne l'entend qu'à demi quand elle s'adresse à lui. Il remue un peu plus, repasse ses mains sales dans ses cheveux crasseux pour les remettre en arrière, les plaquer sur son crâne en tirant sur les mèches pour s'arracher à sa torpeur. Sa barbe est trop longue, depuis dix jours qu'il n'y touche pas. Elle le démange et il laisse une paume s'enfouir dans les poils emmêlés pour se gratter frénétiquement. Et ça le démange partout, à l'intérieur de son corps. Il voudrait se retourner les chairs comme le doigt d'un gant pour laisser courir ses ongles partout. Il sait que ce sont les effets des opiacés. Qu'il en a consommé beaucoup trop. Que son foie commençait à lâcher et qu'il finirait par avoir les sclérotiques jaunes. Il gerbait déjà de la bile ... Alors il sait qu'il est temps. Qu'il le faut car sinon il subirait des jours durant les conséquences d'une overdose sans jamais être libérer par la mort. Affronter la souffrance n'est pas son fort, il préfère jouir de la douleur physique. Quand il le décide. Quand il le choisit. Il grimace en se pliant en deux, réussissant tant bien que mal à se mettre assis au bord du lit. Il tend le bras, ouvre à tâtons son tiroir de chevet et extirpe une seringue déjà préparé. Il a juste à retirer le capuchon qu'il cale entre ses dents. Il injecte brusquement la dose d'antidote dans sa cuisse. Il ne grimace même pas quand le produit lui brûle le muscle. Il sent la substance diffuser partout et réveiller ses sens abrutis par la came. Alors que la molécule libère son organisme, la souffrance de l'esprit s'éveille aussi, sort de son mutisme, et il a envie de hurler. Il crache le capuchon au loin et tombe en arrière en se roulant en boule, les bras croisé sur la poitrine alors qu'il se débarrasse douloureusement de ce qui le rattache à une réalité qu'il veut fuir à tout prix.

C'a pas pris longtemps. C'était même foutrement trop court. J'ai d'jà éliminé l'héro et j'me sens clean. Pas mon corps, qui s'brise un peu plus à chaque s'conde. Mais dans ma tête. Y a plus d'brume, y a plus d'ombre, y a plus d'flamme. Y a plus qu'la réalité, la morsure du froid sur ma peau, et la lumière nue du réverbère d'dehors qui m'éblouit par la f'nêtre ouverte. M'faut un moment pour m'r'dresser. Un moment pour m'tenir droit sans avoir envie d'rendre encore. Et j'pose mon r'gard sur elle. Elle a pas bougé d'un poil. Elle reste là, avec son mépris dans les yeux, sa déception dans la voix. Les paroles qu'elle m'a craché au visage reviennent et j'les entends à nouveau, maintenant qu'j'suis clean. J'serre les mâchoires. J'grince des dents. J'passe ma paume sur mon visage, gratte un peu ma barbe en plissant l'front. J'me sens moite, gluant, et j'pue. J'grimace encore. J'me lève. J'ai pas l'pas bien assuré, j'me sens nauséeux, j'chancelle. Tant pis. J'm'avance vers elle. Comment un corps si frêle, si innocent, peut renfermer autant d'noirceur maléfique ? J'en sais foutrement rien. J'la touche pas même si j'ai envie d'caresser sa joue. J'lui souris pas non plus. Même si j'suis content d'la r'voir. Parc'qu'elle commence d'jà avec ses putains d'reproches. J'serre les dents plus fort, j'sens l'émail qui crisse. J'ai d'jà envie d'une nouvelle dose, et d'repartir dans les bras du délire. J'me détourne en allant près d'la table. J'attrape une bouteille d'gin qui traîne et j'coule une rasade dans ma gorge qu'j'avale d'une traite. J'fouille un peu au milieu des fringues pour trouver mon paquet d'clope. J'trouve pas. Fais chier. Tant pis. J'ouvre l'verrou et j'laisse rentré Ur' qui toise Otti. J'suis même pas sûre qu'elle l'ait d'jà vu. Tant pis. C'est pas l'moment. J'me gratte l'crâne, laisse mes ch'veux en bataille et ma tronche en biais là où elles sont. J'cherche son r'gard. Pas difficile à trouver, elle m'scrute avec tout l'dégoût du monde sur l'visage. Alors j'détourne mon r'gard.

"Qu'est-c'tu fous là, hun ? J't'ai foutrement rien d'mander, alors, tes r'marques à deux balles ... Fallait t'attendre à être déçu, t'es mieux placé qu'les autres pour savoir c'que j'suis. T'es bien conne s'tu crois qu'les gens changent. Que dalle ouais !"

Et il la plante là sans rien dire d'autre. Il vacille jusqu'à la salle d'eau, laissant son corps nu entrer dans la cabine et l'eau chaude brûler sa chair pour la débarrasser du film visqueux qui le recouvre tout entier. Au début, il laisse juste l'eau lui couler sur la tête, les cheveux, la barbe, le torse, comme s'il cherchait à se noyer sous la morsure brûlante des jets de sa douche. Le temps est suspendu. Combien de temps est-il resté dedans ? Une heure ? Une minute ? Il ne saurait le dire. Il finit par sortir et revenir dans la chambre sans s'essuyer, sans s'habiller. Ruisselant de la tête au pied, Uriel arrive à sa hauteur en sautillant, et lèche un peu sa peau mouillée. A-t-il soif ou est-ce simplement sa façon de lui remonter le moral, Aldous ne saurait le dire. Il s'assoit sur son lit, une flaque se formant bien vite autour de ses fesses. Ses cheveux laissent couler une rigole le long de son dos. Il entreprend de fouiller le tas de fringues à ses pieds, cherchant dans chaque poche avant d'extirper victorieusement son paquet de cigarettes et son zippo. Il se lève, cale un bâton empoisonné entre ses dents et s'approche à nouveau d'Ottilÿa. Dans un geste de défi, il fait rouler la pierre de son briquet et laisse danser la flamme devant leurs yeux pendant de longues et interminables secondes où il la toise, la jauge, ses grands yeux bleus meurtris dans ceux aussi translucide que la glace de l'Ombre millénaire dans son corps de fillette. Finalement, il enflamme le bout de sa clope qui luit d'incandescence avant de faire disparaître le feu qui lui a flanqué un sérieux frisson partout dans son corps. Et un malaise qui lui porte encore le cœur sur les lèvres. Il laisse une bouffée blanche apparaître entre eux, et son souffle âcre lui caresser le visage. Il a un rictus, presque un rire quand il reprend peu à peu ses esprits, et il coule un baiser humide sur sa joue.

"Tu m'as manqué, M'man."



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Félicitation à nos deux couillons élus membres du mois de d'Août pour leur rafale de RP et leur bonne humeur ! <3