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"We Are the Nobodies, Wanna Be Somebody" [Aldous & Shea & Dante]

 :: Residential Area :: 22 Glory RD

Alone We Die, My Frozen Angel
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Alone We Die, My Frozen Angel

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Messages : 238 Je suis arrivé(e) le : 07/07/2016 Sous les traits de : Charlie Hunnam Je me dédouble : Heathcliff A. Lovecraft & Jahaal J. Sepehr & Archibald S. Rosier Pseudo : Yuki Shuhime Crédits : SWAN Points : 2313 Couleurs RP : #003366

J'ai : 75 ans Age d'apparence : 28 ans Je travaille comme : Mécanicien/Carrossier Actuellement, je suis : Célibataire Niveau social : Au ras des pâquerettes
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Lun 15 Aoû - 3:08
"We Are the Nobodies, Wanna Be Somebody"



31 Août - 20h - Aldous& Shea & Dante


J'suis pétrifié. J'sais pas pourquoi, j'me suis levé comme ça. La vieille descente d'la veille. Les r'montées d'bile dans la gorge. Et les monceaux d'conneries sur mon putain d'portable. J'l'ai balancé tellement fort sur l'mur qu'il a explosé. J'vais être obligé d'mander à Dante l'fric qu'il m'doit -après tout, l'pari c'était d'd'mander l'rancard, pas d'y aller !- pour en rach'ter un. J'émerge d'jà tard. J'me rappelle à peine qu'j'dois aller l'voir. Quand j'ouvre un oeil après avoir défoncé l'téléphone et pioncé encore dans ma foutue léthargie, c'est l'heure. J'sors du lit. J'me prends les pieds dans l'draps à moitié par terre, pis un tas d'fringues. J'm'en fous, j'fais qu'marcher d'ssus pour aller m'doucher. Pas envie d'la morsure d'l'eau chaude sur ma peau. Ca m'rappelle Shea. Tant pis. J'puerais. C'est pas ça qui tuerait c'te crapule de Dante. J'enfile un débardeur gris, un vieux jean troué et mon blouson d'moto. Pas question d'prendre Uriel. Par contre, j'fourre dans ma poche mon flacon d'héro, les deux seringues qu'il m'reste et les aiguilles. On sait jamais ... J'prends une gorgée d'un vieux rhum qui traîne sur la table pour m'changer l'goût âcre dans la gorge. C'est pas mieux. J'cale une clope dans l'bec et j'sors démarrer la bécane. C'est la même. Toujours la même. Celle avec qui tout a commencé. Fais chier !

Le trajet est bref. Surement parce qu'il roule vite. Trop vite. Il n'a pas mis de casque. Après tout, il ne risquait pas de mourir. Et si son corps se prenait un camion à pleine vitesse, rien ne se passerait, il se dématérialiserait pour se rematérialiser plus loin. Il avait déjà essayé plusieurs fois de se foutre en l'air au début. De plein de moyen différent. Rien à faire. Faut croire que les Sidh sont plus coriaces qu'il n'y paraît quand on voit leur gueule de fantôme. Il suit mentalement la route qu'il doit prendre pour arriver chez Dante. Il habite au septième d'un immeuble du Gelbe. 22 Glory Road. Tu parles d'une gloire ! Dante n'avait rien de bien glorieux. Ca ne faisait que quelques jours qu'il l'avait retrouvé et pourtant, tout repartait exactement comme avant. Comme si les vingt années qui les avaient séparé, avaient disparu en un claquement de doigts. Deux vieilles canailles dans un repère de soûlards qui allaient cuver leur souffrance de la pire manière qu'il soit. Non pas que quiconque les attendent quelque part. Non pas qu'ils leur faillent rester dignes pour quelqu'un. Au final, ils n'étaient pas si différents. Aldous roule les cheveux aux vents, les bruits de la route lui fouettent les oreilles et l'empêchent de penser. Finalement, il arrive à l'adresse, freine et gare la moto dans un coin sombre, abrité. Par sécurité, il décroche quelques fils, histoire de et passe le pas de la porte pour appuyer sur l'interphone.

"Oh Dante ? C'est moi, tu m'ouvres mec ?"

Il faut pas longtemps pour qu'une sonnerie qui couine m'pète les oreilles et qu'la deuxième porte s'ouvre. La flemme d'monter à pied, j'prends l'ascenseur. Il est plutôt classe, spacieux et tout, avec un grand miroir. Et pas d'musique conne qui t'reste dans la tête pendant des plombes. J'arrive sur l'pallier et j'tambourine à la porte. Y a rien d'subtil là d'dans. T'façon, j'suis pas subtil. J'ai pas envie d'traîner. J'ai l'bras qui m'démange. J'ai b'soin d'une dose. Avec c'qu'il s'est passé hier soir et c'que j'ai r'lu c't'aprèm, ça d'vient vital. C'est d'jà magistral qu'j'me sois pointé là. Il m'ouvre. Il tire toujours la même gueule blasée. Avec sa Black Devil au coin du bec. J'ai un rictus qui m'crispe la bouche et j'me gratte la barbe en entrant. Même ça, ça m'fait penser à lui. Encore et encore. Foutus souvenirs. Foutue idée d'le r'trouver. J'grogne un peu en m'vautrant sur l'canapé.

"Tu voulais qu'j'vienne, m'voila. Maintenant si ça t'embête pas, j'me fais ma dose. Sinon j'vais finir par buter quelqu'un et ça va encore mal finir ..."

***

Finalement, Aldous ne s'était pas piqué. Dante l'avait empêché. Prétextant de vouloir parler avec lui clean. Ce qui devenait rare en ce moment. Il avait soupiré, maugréé, mais il avait cédé. Pourquoi ? Comme si on pote Stryge avait quoi que ce soit de si important à lui dire qui nécessite qu'il reste clean ? Ca sentait le même genre de piège que la fausse manche gagnante au bar l'autre soir. Mais Dante l'avait avoué sans détour, il était le roi du bluff et expert en manipulation. Et Aldous s'y soumettait de bon gré, ou se faisait avoir bêtement. Quoi qu'il en soit, ça revenait au même. Au bout de quasiment deux heures, sans se soûler ni rien d'autres que prolonger les conversations pathétiques sur sa vie amoureuse qui avaient commencées par SMS, Aldous décide de rentrer. Il est fatigué par la nuit chaotique qu'il a passé, encore sous le choc de ses derniers jours et abruti par tous les conseils que venait de lui donner Dante. Sur le pas de la porte, une étreinte fraternelle pour se dire au revoir. Et rien d'autre. Parce que le Sidh ne savait quoi dire. Les mots sortaient plus facilement sans le regard pesant de la personne juste en face de soit. Surtout quand on était clean ...

"Merci pour tout mec, vraiment. T'es un véritable frère pour moi. Un jour j'f'rais c'que j'peux pour t'rendre l'appareil, promis. Pour l'instant, j'vais aller m'pieuter. J'ai la gueule en vrac. Et j'pue. L'clebs m'attend en plus. J'te dis à la prochaine pour la mexicaine qu'j't'ai promis !"

J'le sens crispé quand on s'enlace. J'trouve l'moyen d'ricaner. Il peut être vraiment con avec ça. Comme si j'avais autre chose dans l'crâne qu'dire au r'voir à mon frère. Tss sacré Dante. J'ai pas compris la moitié d'son histoire sur l'installation électrique foireuse d'l'immeuble et d'ces foutus plombs qui sautent tout l'temps. J'hoche juste la tête avant d'croiser une dernière fois son r'gard. J'me sens moins seul, moins minable aussi. Faut croire qu'la solitude résout pas tout. Ca m'avait manqué, d'avoir un ami. J'souris et j'm'éloigne. J'entends la porte s'refermer alors qu'j'attends l'ascenseur. La flèche indique l'neuvième. Il s'ra bientôt là et il descend. Mon jour d'chance. J'ai les pattes tellement coupé après mes conneries d'hier soir et la dose d'cheval qu'j'me suis enfilé, qu'j's'rais pas capable d'me taper les étages à pied. J'regarde un espèce d'ficus un peu mal en point quand la porte s'ouvre. Machinalement, j'entre. J'lève les yeux pour grommeler un salut hypocrite à l'inconnu qui partage la cabine quand mes yeux se posent sur lui. Des putains d'prunelles bleues, foutrement familières. C'est pas possible ! Ca doit être un cauch'mar d'merde. J'vais m'réveiller ! Oh putain d'merde faut qu'j'me réveille. J'crois qu'j'vais gerber !

"SHEA ??"



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Messages : 339 Je suis arrivé(e) le : 22/07/2016 Sous les traits de : Norman BADASS Reedus. Je me dédouble : Bastian. Pseudo : Boogey. Crédits : Boogey pour le vava. || Okinnel pour la sign. Points : 3926 Couleurs RP : #009966 Beating Me Down

J'ai : 42 ans. Age d'apparence : Une petite quarantaine. Je travaille comme : Patron du Blue Devil, un casino insalubre. Actuellement, je suis : Veuf... Niveau social : Modeste, avec de grosses rentrées d'argent ces jours-ci...





















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Lun 15 Aoû - 14:48

We are the nobodies, wanna be somebody.






Tu ne tueras point.

J'avais comme dans l'idée que les deux se contredisaient assez. Je fixe les livres ouverts devant moi sur la table basse du salon. L'Exode, La Divine Comédie, une encyclopédie sur les démons. Rien ne me ressemble. J'ai le sentiment que je suis seul, et c'est loin d'être la première fois.
Assis là, dans mon canapé, à relire en boucle les recommandations d'un vieux fou d'il y a deux mille ans, clope au bec et une carte qui me servait de marque-page glissant entre mes doigts. Qu'est-ce que j'ai bien pu louper? Qu'est-ce qui m'échappe encore?
Je suis réveillé de mes lectures par la sonnerie de l'interphone qui retentit bruyamment dans l'appartement. J'ai proposé à Aldous de passer après les déboires dans lesquels il mettait les pieds. Le pauvre vieux essayait d'avoir un semblant de vie normale sans en comprendre le mécanisme. Au fond, on était dans la même situation lui et moi. J'essayais d'appréhender ma nouvelle nature, lui il essayait d'appréhender sa nouvelle vie. Et on faisait tous les deux de belles conneries qui ne nous avançaient pas le moins du monde...
J'ouvre à Aldous avant d'aller cacher mes lectures morbides sous un monticule de papiers qui traînaient là. Je n'avais pas tellement envie que mon vieil ami me trouve en train de me morfondre sur des recherches plutôt spéciales. Et puis je n'étais pas de ceux qui étalent leur souffrance à tout va, pas même devant mes proches. Aldous n'avait pas besoin de ça en ce moment et c'est donc en ravalant mes versets de l'Exode que j'ouvre à mon meilleur ami.

"Vieux, t'as vraiment pas une bonne tête..."

J'aurais pu mentir, j'aurais pu l'accueillir avec un grand sourire et faire comme si tout allait bien. Mais ça n'aurait aidé personne. Aldous n'était pas du genre à apprécier les mondanités et à vrai dire, moi non plus.
Je la laisse entrer, dépité de voir mon ami si mal en point après tous les efforts qu'il avait fourni pour récupérer l'amour de sa vie. Il m'avait avoué n'avoir eu qu'une seule relation de cette qualité là au cours de sa longue vie. Je pouvais comprendre sa douleur. La seule femme bien dans ma vie avait été Juliette. C'est cette singularité qui nous enfonce toujours plus profondément dans l'apathie et la mélancolie. Savoir qu'on n'a seulement eu une seule chance, une unique opportunité d'être heureux, et qu'elle est réduite à néant en un rien de temps pour une erreur d'un soir, une fuite prématurée, une rentrée trop tardive...

Ah, Aldous, mon ami, si tu savais comme j'aimerais t'aider davantage.

Je le laisse partir après une longue discussion qui se voulait réconfortante. Ma seule fierté était de l'avoir empêché de retomber dans la drogue immédiatement, même si j'étais certain qu'il replongerait une fois de retour chez lui. Je n'étais ni son père, ni un dieu, je n'avais pas le pouvoir de le faire arrêter et toute la bonne volonté du monde ne l'arrêterait pas dans un tel moment.
J'avais glissé dans sa veste l'argent du pari. Ce n'était pas de la pitié, c'était de l'honnêteté. Je l'avais fait parier de proposer un rencard, je n'avais pas précisé les conditions et si j'avais été dans sa situation, j'aurais profité de cet avantage. Par ailleurs, je n'en avais pas besoin dans l'immédiat. Le Blue Devil se portait bien, la drogue et l'alcool ne me faisaient plus aucun effet, et j'avais suffisamment de cigarettes pour combler mes envies de cendres. J'espérais juste qu'Aldous ne foncerait pas chez son dealer dès la découverte de ces billets verts au fond de sa poche.

T'aurais fait une bonne banshee.

Aldous m'étreint, ma misanthropie et mon homophobie me crispent un peu. Je n'étais pas du genre friand de câlins, surtout pas avec... des hommes. Et depuis que je savais qu'Aldous était... ce qu'il était, je devais l'avouer, j'avais du mal à faire la part des choses. Malgré tout, j'avais ravalé ma fierté de mâle cis blanc et hétéro pour taper amicalement dans le dos de mon vieux frère avant de le laisser partir.

"Eh... Aldous? Je suis sûr qu'il finira par te rappeler. Un type comme toi... Ca s'oublie pas si vite. Je sais pas ce que je manque en me cantonnant aux meufs mais lui, il sait clairement pas ce qu'il laisse passer s'il revient pas vers toi."

A peine la porte refermée, je savais déjà qu'il allait faire des conneries. Une banshee, putain... Il draguait une banshee...
Certes, j'avais eu l'occasion d'en croiser deux. Je n'avais encore rencontré aucune stryge comme moi, seulement des sidh à tout va. Shea me semblait étrangement gentil, presque trop pour être sincère. Et Nina... Je n'arrivais pas à savoir si elle me portait dans son coeur ou si elle voulait juste me tenir en laisse pour m'éviter de tuer une banshee par inadvertance. Ils n'étaient pas franchement le genre de personnes que j'avais l'habitude de côtoyer. J'étais plus à l'aise avec des types comme Aldous qui savaient de quoi je parlais quand je disais "galère".
Je retourne dans mon canapé, écartant les papiers dissimulant mes livres pour poser un verre de whisky sur la table. Certes, l'alcool ne me faisait pas grand effet, mais j'avais gardé un goût prononcé pour les bons whiskys. Parfois, je regrettais de ne pas pouvoir me mettre à l'envers aussi facilement qu'Aldous. Une seringue et j'oublierais toutes mes réflexions qui me tiennent éveillé nuit après nuit. Je savais déjà que le feu ne me faisait pas grand chose si ce n'était de la douleur. J'avais également testé ce procédé sur la viande, pour voir, pour m'occuper.
J'allume une lampe sur pied proche du canapé pour pallier à l'obscurité de la nuit. Celle-ci préfère griller une ampoule et me laisser dans cette situation navrante. L'alcool, la drogue, le feu ne changeaient rien à ce que j'étais...

Peut-être que l'électricité le pourrait.


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Sidh - Banshee
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Sidh - Banshee

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Messages : 607 Je suis arrivé(e) le : 28/06/2016 Sous les traits de : Tom Hardy Je me dédouble : Micah Rosner Pseudo : Sinsina Crédits : Evie (ava), opticaloperator & lyrawhite (icons) Points : 1499 Couleurs RP : #56A30F

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Lun 22 Aoû - 12:49


We are the nobodies
Aldous,
Dante

&
Shea









I can't get these memories out of my mind, and some kind of madness has started to evolve. I tried so hard to let you go but some kind of madness is swallowing me whole. And I'm not expecting you to care but I have finally seen the light.


31 août 2016. Tu sors de l'appartement, la déception raidissant tes muscles. Tu n'as finalement pas encore eu tes papiers comme tu l'espérais. Tu pensais pouvoir faire patienter le propriétaire le temps de les obtenir mais tu as bien dû te rendre à l'évidence et arrêter de faire tourner le pauvre homme en bourrique indépendamment de ta volonté. Cet appartement ne sera pas pour toi, tu en trouveras un autre en temps voulu. C'est simplement dommage, celui-là était vraiment pas mal. Tu ranges ce que tu as à la main dans ton sac et appelles l'ascenseur, qui semble réparé. Une fois à l'intérieur, tu appuies sur le bouton du rez-de-chaussée et plaque ton dos contre le mur du fond.

Tu inspires à fond et pose ta tête contre la paroi en fermant les yeux. Ces quelques derniers jours ont été assez mouvementés. Autant dire que tu n'as pas beaucoup dormi. Le retour de Aldous dans ta vie a chamboulé beaucoup de choses, même si tu as encore du mal à y croire. Pour ce que tu en sais, ça pourrait tout aussi bien être quelqu'un qui s'amuse avec toi en se faisant passer pour lui. Avec le lapin qu'il t'a posé hier soir, tu n'es plus si sûr que ça. Mais dans un sens, tu ne peux t'empêcher de te dire que ce n'est pas plus mal. La perspective de revoir un jour Aldous te terrifie. Pour de nombreuses raisons que tu ne pourrais pas toutes nommer, la première étant que son passage dans ta vie a laissé un vide que tu as eu du mal à combler. Tu n'as pas particulièrement réussi, d'ailleurs : tu comptes sur les doigts d'une main les personnes pour lesquelles tu as ressenti un jour de l'amour ou quelque s'y apparentant. Quand elles ont quitté ta vie, tu as colmaté la brèche, comme tout le monde, puis tu as avancé en faisant comme si tout allait bien, comme tout le monde. Tu ne te sens pas capable d'affronter cette ancienne blessure mal cicatrisée.

Même deux jours après, tu n'es toujours pas certain de savoir quoi penser de tout ça. « Salut », voilà ce qu'il t'a envoyé en premier, l'enfoiré – après avoir volé ton numéro de téléphone quelque part. La colère t'envahit à cette idée de nonchalance, comme si son abandon, son silence de six ans n'étaient rien. Tu tempères malgré tout ton énervement : l'échange de SMS d'hier soir t'a pris au dépourvu et tu n'as pas certain de vouloir savoir si Aldous pense ce qu'il a dit. Peut-être qu'il le nierait une fois sobre ? Après tout, votre relation n'a jamais été très saine en terme de communication… Quoiqu'il en soit, depuis deux jours, tu oscilles entre colère, peur, appréhension, espoir et confusion. Autant dire qu'en plus de tes histoires de Banshee, tu es définitivement à la ramasse.

Tu es coupé dans tes pensée quand l'ascenseur s'arrête dans un bing sonore. Tu baisses la tête de suite pour ne pas avoir à croiser le regard de l'inconnu mais pas besoin de ça pour te faire happer par la déferlante qui suit. Une espère de vague oppressante qui s'enroule autour de ton cœur, qui s'insinue dans ta tête et te laisse pantois. Tu as l'impression que les ténèbres entrent dans l'ascenseur. Pas moins que ça, tant ton esprit réagit violemment à l'intrusion. Immédiatement, les mots de Nina résonnent dans ta tête : « Les Ombres […] fais attention […] peur et agressivité qui risque de […] ils sont de toutes sortes […] sois prudent. » et tu comprends que tu vas rencontrer pour la première fois une Ombre. En effet, la peur est bien là, nichée au creux de ton ventre. Confortablement installée à côté de ta combativité – tu te doutes que l'agressivité suivra si besoin est.

Tu relèves donc la tête. Et tu tombes nez à nez avec Aldous, qui a l'air aussi abasourdi que toi. Et tu réalises que Aldous est l'Ombre et ton monde s'effrite un peu plus, comme si ces deux derniers mois n'avaient pas suffisamment déjà usé ta vie. Quelque chose, quelque part, se brise en toi sans que tu ne le réalises et, s'il n'y avait pas le reste à gérer moralement et physiquement, tu en aurais sûrement pleuré de rage, de frustration et de profonde tristesse. « Comme toi. » Sidh, pas Banshee. Jamais Banshee ; Aldous l'avait, par définition, refusé. Et tout est clair l'espace d'un instant. Beaucoup trop clair et ça te laisse un goût âpre dans la bouche. Seulement, là, tu dois lutter pour ne faire quelque chose que tu regretterais, tu mets donc la pensée de côté.

Sans que tu ne t'en rendes compte, ta posture a changé. A peine deux-trois secondes sont passées et, déjà, la défensive suinte de tes pores et la colère revient au premier plan, exacerbée par la nature de Aldous qui interfère avec la tienne. Tu n'es pas certain d'y voir très clair dans tout ça mais tu réalises que Aldous sait que tu es une banshee, qu'il a omis de te préciser que vous n'étiez pas les mêmes mais les deux opposés d'une même espèce et ton sentiment de trahison gonfle démesurément dans ton cœur. Ton torse se soulève sur ta respiration rendue difficile par tout ça et tu ne peux retenir le premier réflexe qui te vient : pousser Aldous de toutes tes forces contre la porte de l'ascenseur qui vient de se refermer.
De rage. De frustration. De douleur.
Tu ne le réalises pas mais la couleur de tes yeux brille anormalement, comme lorsque tu es sous ta forme de Banshee. Tu ne contrôles pas grand-chose pour être honnête.

Tu ramènes machinalement tes bras le long de tes flancs, poings serrés jusqu'à en rendre tes jointures blanches. Tellement de mots se bousculent sur le bord de tes lèvres ; tu sors les premiers qui viennent : « T'as pas non plus eu le courage de me dire que t'étais une Ombre, c'est ça ? » Les mots sont crachés avec colère. On y sent la déception d'avoir été trahi une fois de plus. Ils peuvent paraître hors sujet, comme si tu reprenais une conversation interrompue il y a à peine cinq minutes, mais tu sais que Aldous saura. Après tout, vos quelques mois ensemble ont permis d'apprendre à bien vous connaître, malgré le bordel que ça a donné.

Tu ne fuis pas alors que ce serait la chose la plus sensée à faire.
© Gasmask


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Lun 22 Aoû - 23:05
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31 Août - 20h - Aldous& Shea & Dante


Il était là c'foutu blaireau d'mes deux. L'dos collé au mur du fond, sur l'grand miroir qui donne l'impression qu'l'ascenseur est foutrement plus grand qu'ça. Il baisse les yeux, r'garde par terre, mais j'sais qu'c'est lui. D'ailleurs j'braille comme un veau quand j'croise son r'gard. Parce qu'six putains d'années ont passé mais j'connais toujours son odeur. Sa putain d'odeur qui m'retourne les tripes et m'rend tout con. Foutu Dante, foutu ascenseur et foutu Shea. Cette journée a commencé dans la merde, et elle va finir encore pire qu'ça. J'sais pas quoi dire. J'ai la gerbe qui m'tord l'bide. Et tous les souvenirs qui m'reviennent en plein dans la gueule. Mais c'est pas fini. J'sens sa peur au début, sa terreur sourde. Et puis sa rage quand il lève la tête. Et sa déception. Tout s'lit sur son visage trop expressif. Il peut rien caché, enfin pas à moi. J'ai pas oublié qu'il m'a appris à lire en lui. J'aurais préféré pas savoir. M'demander c'qu'il pense. Sauf qu'j'peux pas l'nier, j'sais parfaitement c'qu'il pense. C'est pour ça qu'j'suis pas v'nu au rancard. Pour ça qu'j'voulais pas l'revoir même si j'en crève d'envie. Parce qu'c'est viscéral, il abhorre c'qu'j'suis, il déteste tout c'que j'représente au plus profond d'lui. Parc'qu'il a choisi d'embrasser la lumière, d'servir le dessein d'la mort. Parc'qu'j'ai pas voulu obéir, même pas à cette putain d'Faucheuse qu'j'ai tatoué dans l'dos.

De la déception à la colère, il franchit le pas sans peine car son corps change. Sa posture se crispe, comme s'il était prêt à cogner. A cogner pour se défendre. Shea ... Il n'avait pas changé, même si son visage s'était durci au fil des ans et que sa dégaine avait pris un coup depuis sa mort. Mais il était toujours le même, ce corps élancé à la carrure dessinée, ses muscles luisant qu'il devinant sans mal sous son tee-shirt, ses bras forts d'avoir manié les outils lourds, sa barbe négligée, et ses yeux d'un bleu profond. Aldous doit se briser sous son regard, car il s'abandonne à le contempler avec une délicieuse sensation de chaleur au creux de lui. Comme s'il était revenu six ans en arrière, dans ce garage paumé de Nouvelle Zélande. Comme s'il serrait sa poigne virile pour la première fois dans la sienne avec Uriel sautillant autour d'eux. Comme s'ils retrouvaient ensemble, si proches, pour la première fois. Et pourtant. Pourtant il n'y avait dans son expression aucune nostalgie, aucun sentiment de ceux qu'Aldous prenait de plein fouet. Comme si l'homme qu'il avait aimé à en crever s'était dissous pour ne plus être qu'un Banshee. Formaté par son rôle, sa mission, à ne plus reconnaître quelqu'un qui avait -l'espère-t-il- compter pour lui. Alors la colère et la déception montent en lui aussi. Parce que Shea était tellement plus qu'un instrument de la Faucheuse. Et pourtant. Il le pousse de toutes ses forces et Aldous rebondit mollement contre les portes de l'ascenseur. Il ne lutte pas, ne résiste pas. Il se relève juste en toisant Shea, plongeant son regard de ténèbres dans les prunelles luisantes du Banshee.

C'est c'moment qu'l'ascenseur a choisi pour déconner grave. Dans une foutue secousse, il s'arrête net. Y a plus qu'la lumière qui claire encore, vacillante. J'aurais du écouter Dante. L'corollaire de "fais gaffe y a les plombs qui sautent" c'est "blaireau prend pas l'ascenseur". Si seulement j'avais été moins con, j'aurais évité tout ça. J'm'essuie rageusement la bouche, r'met mes ch'veux en arrière et m'gratte la barbe. Les sourcils froncés. C'est dur d'croiser son r'gard. Dur d'faire comme si d'rien était. Même si j'suis au moins aussi dég' qu'lui. Pas pour les mêmes raisons. J'ai l'front plissé, sur la défensive. C'qu'il m'dit m'désarçonne. Car c'qu'il m'sort en premier, c'est même c'te foutue fuite y a six piges en laissant juste un pauvre mot, c'est pas non plus ses putains d'sms à la con. Non, c'est juste parc'qu'j'lui ai caché c'que j'étais. J'ai la haine qui monte, brusqu'ment. J'm'redresse, j'gonfle les épaules, bombe l'torse. Et j'le pousse aussi. Sauf qu'j'le laisse pas respirer, j'me plaque contre lui et j'sens les ténèbres envahirent la cabine. J'mets mes mains d'part et d'autre d'son visage. J'suis pas plus grand qu'lui, ou à peine. On fait la même taille. C'est moins impressionnant qu'si j'étais un putain d'colosse. Mais j'm'en bats les couilles. J'le touche pas, pourtant, y a qu'mon souffle qu'il s'prend dans la tronche, parc'qu'j'fulmine. Et qu'j'peux pas empêcher mon coeur d'éclater dans ma poitrine. Les lueurs d'l'ascenseur sont plus qu'des billes d'lumières au milieu des Ombres. J'ai la rage, cette putain d'rage qui m'rend dangereux, mais là, j'sens qu'j'serais même pas capable d'le cogner. Juste d'le bousculer pour l'faire réagir. J'ai même pas la force d'lui gueuler après. J'ai presque la voix cassés quand j'braille un peu, juste pour la forme.

"Qu'est c'que ça peut t'foutre, hein ? T'as vu ta réaction ? Tu croyais qu'j'allais m'pointer en t'balançant qu'au fait, j'étais pas une jolie p'tite Banshee blonde et scintillante ? Non mais t'délires mec ! J'étais d'jà comme ça quand  ..."

La rage lui brûle la gorge, des larmes acides qui refusent de couler lui piquent les yeux. Sa voix tremble, il a beau y mettre toute sa hargne, son discours sonne comme creux. Parce que sa rage n'est pas plus forte que le reste. Les sentiments qu'il éprouve pour Shea lui explose en pleine gueule, plus forts et plus indomptables que jamais. Et il ne peut rien faire pour les contrôler. C'est contre lui même, qu'il est en colère, contre tout ce qu'il regrette, tout ce qu'il se reproche et qu'il ne s'avouera jamais. Parce qu'il crèverait étouffer dans sa mauvaise foi plutôt que d'admettre qu'il avait tord. Parce qu'il aura toujours une bonne excuse pour se justifier. Et il le sait aussi bien que Shea. Shea qui a lu clair en lui depuis le début. Shea qui a compris ce qu'il cachait sans forcément mettre des mots dessus. Shea qui a les armes pour le briser s'il le voulait. Shea qui pouvait, finalement, faire de lui un pantin en un claquement de doigt. C'est cette faiblesse, ce qui le rendait aussi pathétique et minable que la dernière des raclures du trottoir, qu'il haïssait du fond de ses tripes. Ce gosse manipulable qui veut croire en tout ce qui est beau et pur, alors que ce n'est qu'un écran de fumée au goût d'une putain de lumière céleste de Banshee.

"Quand on s'est connus. C't'as pas gêné, hein, d'te vider les couilles même si j'étais "le Mal en personne". Foutu Banshee d'mes deux. T'es p'être mort clean, droit dans tes pompes, fier et digne. T'avais p't'être envie d'remercier du cadeau qu'on t'a fait d'te ram'ner. Mais tout l'monde est pas comme toi, putain d'merde. Toi et tes belles idées d'droiture. Tu sais foutrement rien d'c'qui m'a mené à r'fuser ça. T'es qui pour m'juger, hein ? Putain t'es qui ?"



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Sidh - Banshee
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Mer 31 Aoû - 20:55


We are the nobodies
Aldous,
Dante

&
Shea









I can't get these memories out of my mind, and some kind of madness has started to evolve. I tried so hard to let you go but some kind of madness is swallowing me whole. And I'm not expecting you to care but I have finally seen the light.

A peine prononces-tu tes mots que l'ascenseur se bloque brutalement ; tu prends appui sur la paroi pour ne pas perdre l'équilibre. La lumière vive est aussitôt remplacée par une plus tamisée, dans les tons orangés. Tes yeux vont fixer le plafond mais ils reviennent bien rapidement sur Aldous, qui semble fulminer autant que toi. Il ne tarde pas à imiter ton geste et ton dos ainsi que l'arrière de ton crâne cognent contre la même paroi qui t'a retenu. Pendant deux-trois secondes, tu ne peux que papillonner des cils pour faire passer la sensation de vertige plus vite alors qu'il se colle presque à toi, presque. Tu as l'impression que la sensation noire, lugubre précédente revient en force et t'enveloppe totalement. Si tu n'étais pas face à Aldous, si tu ne devais pas tenir bon, parce qu'il est hors de question que tu sois en position de faiblesse devant lui, tu aurais peut-être tourné de l'œil.

Ton ancien amant, lui, reprend la parole et les mots te semblent hurlés tout contre ton oreille, comme s'ils envahissaient jusqu'à l'intérieur de ta boîte crânienne, s'insinuant dans chaque faille de ton être, comblant chaque interstice avec son aura entremêlée d'ombres. Tu ouvres plus correctement les yeux et tu réalises que les ombres sont réelles et que la luminosité dans la cabine a considérablement baissé. Tu as le réflexe d'activer ta lumière intérieure et ça te permet de respirer un peu mieux. Et le sens des paroles d'Aldous te percute de plein fouet. Tu ne peux empêcher la vague de tristesse qui t'envahit à la constatation qu'il n'a absolument rien compris à ce que tu voulais dire. Tu te dis que vous n'avez de toute façon jamais été très doués en matière de communication…

Tu sens, tu vois, tu ressens que les mots qu'il prononce lui coûtent aussi et ça fait tout aussi mal. Si tu pouvais poser ta main sur lui, comprendre ses pensées un clin d'œil, tout serait tellement plus pratique, plus facile, moins amer, moins acide. Sauf que c'est impossible, du moins, pour toi. Alors tu fais avec les cartes que tu as à ta dispositions et tu vois qu'il n'en a pas fini, qu'à peine sa phrase terminée, il renchérit et tu sais que les choses ne vont faire qu'empirer. Tu le vois sur le visage de Aldous, tordu par la colère, la frustration et la souffrance emmagasinée depuis six ans. Après tout, il a été celui qui a abandonné le navire. Il savait les raisons, il a eu pour lui les regrets, le rôle du connard. Il a eu le temps de ressassé votre histoire avec les variables à sa disposition. Toi, tu as eu un putain de bout de papier et pour seule possibilité de le placer dans la case « lâche ». Un lâche qui ne t'avait rien promis, mais un lâche égoïste quand même. Alors c'est ce que tu as fait. Puis, tu as tout enfoui, parce que c'était plus facile.
Tu t'attends donc à la déflagration qui va tout faire ressortir, le bon comme le mauvais.

Et tu n'es pas déçu. Mais ce n'est clairement pas à ce discours que tu t'attendais.
Tu vois rouge immédiatement. Parce qu'il devrait avoir honte de lui. Parce que tu t'es ouvert à lui comme jamais tu ne l'as fait avec personne. Tu as même évoqué ton cousin, bordel, chose que tu n'avais fait avec personne. Certes, c'était sous-entendu, mais c'était sûrement suffisant pour qu'il comprenne. Tu lui as parlé de combien ça t'avait foutu en l'air, de combien la présence d'Aldous te faisait du bien. Avec des mots loin d'être romantiques, sûrement trop pragmatiques, mais ils étaient là, offerts sur un putain de plateau en argent, et, lui, il… Putain, il te sort le couplet de l'enfoiré qui s'est tapé un mec de passage pour oublier son amour incestueux et impossible.

En réalité, vous ne vous êtes jamais compris. Définitivement. Tu te demandes dans quelle mesure tu le connais autant que tu le penses. Ses mots, successifs, sont comme des petits coups de poignard dans ton cœur, sur un tempo morbide qui te retourne presque l'estomac. Ton souffle se fait difficile tant la rage fait vibrer chaque cellule de ton putain de corps de mort revenu à la vie. L'horreur s'installe en parallèle parce que tu réalises qu'un pan de ta vie que tu pensais honnête, véritable et à toi, à vous-même, est en fait un tissu de mensonges durant lesquels Aldous a pensé que tu le considérais comme la première salope venue qui satisferait tes pulsions sexuelles.

Tu n'encaisses absolument pas le choc et la suite ne fait que t'enfoncer dans une horreur malsaine qui étreint ton cœur avec une férocité douloureuse. Parce que la bouche d'Aldous confirme que vous n'avez jamais été sur la même longueur d'ondes et ce n'est même plus de la tristesse qui t'envahit. C'est trop pour toi. Les larmes à tes yeux ne coulent pas, elles restent là, sagement, attendant ton feu vert qui ne viendra pas. Parce que tes émotions sont tellement à vif, tellement écorchées par les mots d'un homme que tu as aimé un peu trop pour ton propre bien, que tu refuses inconsciemment de continuer à les ressentir, de leur faire face. Elles laissent place à un engourdissement qui ramène un calme froid en toi qui t'effraiera bien plus tard.

Tu le fixais jusque-là mais, là, tu ancres tes yeux qui ont repris leur couleur naturelle dans les siens sans ciller. Tu dessines ses traits une seconde, deux tout au plus, avant que ta voix, calme en comparaison de celle d'Aldous, ne s'élève dans la cabine sombre. « Personne. J'ai compris, t'inquiète pas. » Tu lui offres un sourire désabusé. « Et en plus, je tends l'autre joue, j'accepte de te revoir parce que je suis trop con. Parce que m'en prendre plein la gueule une première fois, c'était pas assez. » Tu ricanes amèrement, réalisant à quel point tu as été stupide, mais tellement stupide toutes ces années. Tu détournes les yeux en te passant une main sur le visage et tu fixes la paroi sur ta gauche, alors les mots sortent tous seuls de ta bouche. « En fait, c'est une blague tout ça. » Et tu te mets à rire franchement, nerveusement, parce que tes émotions, au final, elles sont toujours là, sous le calme apparent et trompeur. Elles bouillonnent et tu ne peux pas leur échapper, en réalité. Et tu ris encore en te cachant le visage de tes mains. Et tu te penches vers l'avant parce que la douleur dans ton ventre est atroce et que tu perds totalement le contrôle. Ta tête se pose par mégarde contre le bras tendu de Aldous mais tu la retires vivement, comme si le contact tant de fois désiré, autrefois synonyme de sécurité, te brûlait à présent. Alors tu te laisses glisser contre la paroi et tu ris encore. Tu te recroquevilles sur toi, ton visage toujours protégé dans tes mains.

Au bout de quelques secondes, tu redresses la tête et essuie tes larmes de rire mais aussi de peine. Tu lèves la tête pour pouvoir fixer Aldous et tu lui lances, le rire toujours dans la voix : « Avoue quand même : c'est pas putain de blague de merde, notre histoire ? »
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Sam 10 Sep - 18:27
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31 Août - 20h - Aldous& Shea & Dante


"Personne". Non putain il est pas "personne" c'foutu connard ! Il a rien pigé, il a rien compris. J'pige même pas l'reste des conneries qu'il m'sort après ça. J'ai juste la rage. Une putain d'rage au fond des tripes qui m'bousille l'crâne et m'donne envie d'cogner à m'en éclater les jointures. Dans l'mur. Ou dans sa gueule d'con qui comprend tellement rien. Avec son putain d'sourire fauss'ment cynique. Il est pas doué pour ça. Il est trop gentil. Et l'v'là qui r'commence son baratin d'martyr. Comme si il en avait eu quoi qu'ce soit à foutre qu'j'me barre, la dernière fois. C'pas comme si j'avais compté pour lui. C'pas comme si c'qu'on avait vécu avait du sens pour lui. Et il éclate d'rire, c'connard. J'ai envie d'chialer ma rage et d'm'briser tous les os du corps pour qu'il arrête ça. "Une blague". Y a rien d'pire qu'il aurait pu dire. Parc'qu'ça fait qu'confirmer c'que j'ai toujours pensé. Et même si j'le savais, putain, ça fait mal. J'sens un vertige qui m'pète l'crâne, la nausée qui m'retourne le bide. Et l'besoin d'me coller une dose qui m'coule dans les veines. J'prends mes distances, j'me r'tourne, j'veux pas qu'il voit la faiblesse dans mes yeux, j'veux pas qu'il s'doute de tout c'que j'pense à c'moment là. Parc'qu'ça fait trop mal. J'pense plus à rien d'autre qu'à lui, ses grands yeux fous qui partent dans son rire à la con, et puis mon bras, qui m'gratte, qui réclame la came. Tout mon corps réclame la came. La came .. ou lui.

Il sait qu'il essaye de se voiler la face car pour la première fois de sa vie, son corps souffre d'un manque qui n'a rien à voir avec l'héroïne qu'il s'injecte en dose létale chaque jour pour oublier. Son corps ne s'est jamais sevré de Shea, de ses baisers, de ses étreintes, de leurs nuits torrides aussi vite consumées, aussi vite oubliées. Alors qu'il se penche en deux, les bras croisés sur le ventre, dos au Banshee, les souvenirs l'assaillent et le font geindre en silence. Il se mord la bouche pour ne pas montrer combien il souffre, comme il se sent mal. L'ascenseur est toujours complètement immobile, et pour la première fois de sa mort, Aldous se sent claustrophobe. Trop à l'étroit dans cette cabine, beaucoup trop proche de lui. Il l'entend glisser le long de la paroi et se laisser tomber par terre, toujours secoué d'un rire qui résonne dans le silence. L'Ombre sent son pouls battre dans ses tempes, l'assourdir de ce battement régulier mais trop rapide qui lui donne envie de vomir. Son coeur ne bat plus. Normalement. Il n'y a qu'à certains moments que le vieux myocarde s'affole encore un peu. Souvent, c'est quand il pense à Shea. Qu'il rêve de Shea. Qu'il s'abandonne à un délire hallucinogène avec son visage qui se multiplie sans fin devant ses paupières closes. Un râle qui sonne comme une plainte le pousse à se retourner pour faire face à la silhouette regroupée, les genoux contre la poitrine, et les larges paumes masculines qui essuient ses yeux humides. De rire ? De larme ? Aldous n'en sait rien, et il n'est pas capable d'analyser quoi que ce soit. Quelque chose se brise en lui à la dernière phrase que prononce Shea.

"Notre histoire." Pourquoi il dit ça ? Hein, pourquoi putain ! Y a pas eu d'histoire, c'est c'qu'j'me suis répété pendant 6 putains d'années pour essayer d'oublier c'connard. Parc'qu'il s'est juste servi d'moi. Parc'qu'y a qu'moi qui ai été assez con pour tomber amoureux. Parc'qu'il en avait rien eu à foutre. Qu'je parte, qu'je reste. J'avais fais ça parc'qu'j'étais sur d'moi. Sur qu'c'était la seule solution. "Notre histoire." C'est la première putain d'fois qu'j'me dis qu'j'ai peut être pu m'gourer. C'foutu jour où j'me suis barré. C'foutu matin où j'ai laissé ce putain d'mot après c'te foutue nuit à faire l'amour. Parc'que pour moi c'était plus d'la baise. Pour la première fois d'puis c'connard d'gourou. J'sens mes yeux qui m'brûlent quand il s'redresse pour m'faire face. Y a trop d'trucs dans ses pupilles qui m'retournent tout entier. Trop d'trucs qu'j'pige pas. Surement qu'il pense pareil en m'regardant avec son air d'chiot battu. J'sais même pas quoi dire. J'sais même pas quoi faire. J'lui en ai tellement voulu. J'l'ai tellement pris pour l'responsable d'tout ça. J'me suis jamais d'mandé si ça pouvait être différent. J'ai passé toute ma foutue vie d'mortel à m'attacher à des connards qui voulaient juste m'utiliser, profiter d'moi. J'imagine même plus qu'ça puisse être différent. Et si Shea était différent ? Si il avait r'ssenti la même chose qu'moi ? Si c'qu'on avait vécu y a 6 piges voulaient dire pareil pour lui qu'pour moi ? J'secoue la tête. Y avait aucune chance. Car même s'il avait r'ssenti la même chose, pensé la même chose, maintenant, il m'déteste. Y a rien à faire. Rien ...

Il est persuadé d'être impuissant, d'avoir tout gâché, de s'être royalement trompé et d'avoir fait la plus grosse erreur de toute sa vie. Aldous fait un pas pour coller le fond de la cabine dans son dos, juste à côté de Shea. Il sent leurs cuisses se frôler, leurs flancs s'effleurer en se laissant glisser contre lui. Il ne dit rien. Parce qu'il ne sait pas quoi dire. "Une blague". Non, ça n'avait rien d'une blague. Son coeur battait trop fort, c'était assourdissant, il ne pouvait pas réfléchir. Il voulait le toucher, l'étreindre avec force et possessivité. Il voulait le respirer, couler sa langue dans sa bouche pour le dévorer de baisers. Il voulait le frapper pour lui faire mal, aussi mal qu'il avait mal en ce moment. Il voulait sentir son corps nu contre le sien, profondément en lui. Comme avant. Tout se mélangeait dans sa tête. Il était perdu, incapable de choisir ce qu'il devait faire ou dire. Incapable de savoir ce qu'il pouvait croire ou penser. Shea devenait une énigme qui remplaçait le monceau de certitudes qu'il avait avant. Des foutaises, des conneries élaborées par son esprit paranoïaque. Ou alors la pure vérité. C'était à en devenir fou. Il se prend la tête dans les mains, souffle fort par les narines, la bouche entrouverte dans une grimace qui dissimule très mal sa souffrance. Il renfile, presse fort les paupières pour ne pas se laisser submerger. Et là seul chose qu'il arrive à dire n'est qu'un murmure rauque qu'il prononce la tête entre les mains, sans être capable de faire face à Shea pour le lui avouer.

"C'est pas une blague. C'a jamais été une blague ... Je ... c'que j't'ai dis. Hier soir. Je ... enfin je .. C'est vrai, ok. Ca a toujours été vrai."

Trop tard pour ravaler sa fierté. Trop tard pour paraître fort alors qu'il n'a jamais été aussi faible. Une larme acide coule le long de sa joue sans qu'il ne la chasse car cette fois, il a eu le courage de se retourner vers Shea pour lui dire en face.

"D'puis l'début, c'est foutrement vrai. C'est pour ça ... qu'j'suis parti."



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