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Comme l'éternité, l'amitié ne prend jamais fin [Bastian]

 :: Mercury Lounge

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Messages : 60 Je suis arrivé(e) le : 30/08/2016 Sous les traits de : Erika Linder Je me dédouble : Angel & Shawn Pseudo : Mellowness Crédits : Nedeelzebuto Points : 344 Couleurs RP : DarkOrange

J'ai : Bientôt 122 ans Age d'apparence : 23 ans Je travaille comme : Dogsitter, serveur & chargé de la plonge Actuellement, je suis : Seul, cela vaut mieux Niveau social : Misérable

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Dim 18 Sep 2016 - 23:06
Comme l'éternité, l'amitié ne prend jamais fin
La ruelle était sombre. Depuis longtemps déjà, la nuit avait déposé son voile noir au-dessus de la ville. Semblables à des étoiles, les lumières d'Ottawa resplendissaient par milliers. Certaines rues pourtant, étaient englouties par l'obscurité. Alek marchait dans l'une d'elles. Silencieusement. Prudemment. Mystérieusement. Telle une ombre mouvante. Il connaissait cet endroit par cœur. Peu de gens erraient dans cette ruelle isolée, méconnue. C'était justement ça qu'il appréciait. Ici, personne ne pouvait le voir. On entendait à peine ses pas sur les pavés. Et il semblait bel et bien être la seule âme errante. Enfin, il finit par sortir de ce manteau de ténèbres. Plus exactement, il déboucha sur l'un des coins les plus populaires de la capitale. Les éclats soudains de lumière l'éblouirent. Instinctivement, il ferma les yeux. Mais ses paupières se soulevèrent l'instant d'après. En plus de la lumière, il y avait encore et toujours le même brouhaha dans la rue. Et le jeune homme savait parfaitement que ce sera pire à l'intérieur du Mercury Lounge. Il y a trop de monde, trop de bruit. Un instant, il songea à retourner sur ses pas. À repartir, retrouver son modeste studio. Ce logement si... vide. Cette perspective lui fit tellement horreur, qu'il resta dans la file et attendit patiemment pour entrer dans le nightclub. Pendant ce temps, il observa ceux qui l'entouraient. Certains semblaient plus impatients que jamais de pouvoir entrer. Quelques-uns étaient déjà en piteux état. Tandis que d'autres s'insurgeaient qu'on leur refuse l'accès. Quant à lui, il gardait le silence. Avec pour seule compagnie lui-même. Comme il en avait la malheureuse habitude. Pourtant, ce soir, il préférait être là, au milieu de tous ces inconnus délurés plutôt qu'enfermé et esseulé chez lui. Depuis quelques jours, il sentait qu'il flanchait. Qu'il perdait de nouveau pied tant la solitude qu'il s'imposait lui pesait. Alors aussi pathétique que cela puisse être, il avait besoin d'être dans un endroit comme celui-ci. Un endroit qui lui donnait l'impression illusoire qu'il n'était pas qu'un pauvre reclus. Que son chemin pouvait croisé celui d'autres personnes. Même rien que le temps d'une soirée, d'une nuit. Il avait besoin de ça pour se sentir de nouveau existé. Pour sortir de la noirceur qui l'empoisonnait depuis le début de la semaine.

Après avoir passé la sécurité, Alek put accéder à l'intérieur. Dès qu'il franchit le seuil, une chaleur pesante l'entoura. Une musique déchaînée résonna dans ses oreilles. Il percevait aussi des cris, des rires. Une véritable cacophonie. Quant à la noirceur, elle était perturbée par de nombreux rayons colorés. Comme chaque nuit, l'ambiance était impétueuse. Tous ces gens différents ne formaient qu'une masse immense bougeant - plus ou moins - au rythme de la musique. Ils dansaient, ils buvaient, s'amusaient. Ils oubliaient totalement le monde qui les entourait. Alek les enviait. À cet instant, il aurait voulu être capable d'en faire de même. Le frêle jeune homme tentait d'avancer, sans savoir où il allait, tandis que tout le monde le bousculait. Après tout, il était cet inconnu que personne ne remarquait. Il continue d'avancer. Mais se sentant soudainement oppressé par la foule, il alla s'installer à une table. En retrait. Là où il n'y avait presque personne. Ça y est, il y était. C'était sa première venue au Mercury Lounge. Lieu incontournable pour une jeunesse canadienne à la soif de liberté et de débauche. Lui aussi par la passé, il avait été comme toutes ces personnes. Mais cette époque était révolue. Il avait tiré un trait sur ce chapitre de sa vie, il avait appris de ses erreurs. Plus rien n'était comme avant. Sauf qu'après un long moment où il resta bêtement seul et assis, il tenta de se mêler à ces inconnus survoltés. Après avoir traversé une marré humaine, la Stryge rejoint le bar du nightclub. Derrière le comptoir, une serveuse maniait les verres et les bouteilles avec une habileté captivante. Elle était jeune pourtant. Une vingtaine d'années maximum. Mais elle n'avait rien d'une enfant. Oh que non. Tout chez elle exprimait la féminité et l'assurance. Tout ce qu'Alek n'aurait jamais. Une chevelure brune. De longs cils. Une silhouette élancée. Tout les hommes, excepté lui, la dévorait du regard. Certains affichaient même une expression peu rassurante. Cela n'avait pas l'air d'inquiéter la serveuse. Au contraire, une flamme de malice vacillait dans ses yeux chocolat. Puis, quand elle vit le jeune homme solitaire s'installer sur l'un des sièges, elle lui offrit un sourire des plus charmeurs et le zieuta de haut en bas. Alek détourna aussitôt le regard. Tel un animal effrayé de sentir des yeux séducteurs et prédateurs peser sur lui.

Tout compte fait, aller au bar n'était pas la meilleure des solutions. Alors, il se recula vivement pour se dérober. Cherchant un échappatoire alors qu'il avait lui-même voulu être là. Mais ce faisant, il bouscula à son tour une personne face à lui. Sûrement venue commander une boisson. Le regard baissé - comme il en avait fâcheusement pris l'habitude - deux mots s'échappèrent immédiatement de sa bouche : « Excusez-moi » Il s'apprêtait à continuer son chemin, mais il se risqua malgré tout à lever la tête vers la personne qu'il avait légèrement et involontairement poussée. Aussitôt, ses yeux s’écarquillèrent de surprise et il oublia l'histoire avec l'audacieuse serveuse. Impossible. Il fit un brusque pas en arrière, comme si quelqu'un venait de le brûler. « Bastian, c'est toi ? » Question stupide. Bien sûr que c'était lui. Il l'aurait reconnu entre mille. Mais à cet instant, il espérait encore que ce ne soit qu'un rêve tordu. Le jeune homme ne se rappelait que trop bien de l'amitié qu'il avait partagé avec Bastian mais aussi de la débauche dans laquelle il avait plongé à cause de ce dernier. « Qu'est-ce que...tu fais ici ? » Peut-être que le Sidh aurait souhaité une réaction plus enthousiaste, mais Alek se sentit partagé entre la nostalgie de leur amitié et la crainte que Bastian parvienne à retrouver l'influence qu'il avait sur lui. Comme au bon - ou mauvais - vieux temps. Il faut dire que Bastian dégageait cette aura de folie et d'assurance qui effrayait autant qu'elle fascinait. Encore aujourd'hui, rien qu'en le voyant ainsi, Alek eut l'impression que son ami, ou plutôt ancien ami, n'avait nullement changé. Mais lui n'était plus le même. Désormais tout était différent. Il n'était plus cette pauvre âme naïve, indisciplinée et influençable. Il avait mûri, s'était assagi, et ne voulait plus reperdre le contrôle. Du moins ça, c'était ce dont il essayait de se convaincre. Mais retrouver Bastian ici, à Ottawa, risquait de tout mettre en péril...


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Messages : 85 Je suis arrivé(e) le : 30/08/2016 Sous les traits de : Frank Iero, le fabuleux. Je me dédouble : Dante. Pseudo : Boogey. Crédits : Boogey pour le vava. || Okinnel pour la sign. Points : 625 Couleurs RP : #9999FF Thank You. https://66.media.tumblr.com/90c0f0a13dd6b74cdc1dde3ba6a5552a/tumblr_o1j08kx6Ut1uqj7v3o2_250.gif

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Lun 19 Sep 2016 - 21:03

Comme l'éternité, l'amitié ne prend jamais fin.






Et un de plus qui descend directement...

Bastian retire son pied de sa nuque, laissant le pauvre homme échapper une dernière bulle d'air au fond de la cuvette des toilettes d'une boîte de nuit qu'il jugeait minable. Son sourire est fou, la trace de corde sur sa gorge est plus visible que jamais. Lui aussi éclate une dernière bulle, provenant de son chewing-gum cependant. Le jeune noble attend quelques instants, vérifiant que son funeste ami ne va pas miraculeusement se réveiller. Rictus aux lèvres, il estime avoir accompli son macabre devoir. Intangible, invisible, il traverse les murs pour se retrouver à nouveau dans la foule où il redevient faussement humain au milieu de tous ces jeunes ivres morts qui ne réalisent rien de ce qui vient de se passer.
Le sidh ressemble à un adulte comme les autres, avec ses cheveux mal coiffés et son intemporelle association jeans t-shirt. Il se laisse même emporter par la musique un bref instant avant de s'extirper de la foule en transe. Tout le monde ici semble préoccupé par le regard d'autrui. Les apparences, voilà ce qui caractérise si bien cette époque décadente. Bastian appréciait ce cadre étrange qui oscillait entre vitrine et rideau opaque. Les gens s'exposent, osent, se montrent, mais tous se réservent quand la tournure des événements ne suit pas leur envie.

Alors on danse.

Pour oublier, se refaire une vie, des amis, une photo de profil. Le jeune parisien avait grandit dans un siècle bien différent de celui-ci, mais il avait appris à utiliser tous les ressorts tordus de cette machinerie moderne. Ce jeu contemporain ne lui était pas inconnu et il avait lui-même des selfies çà et là sur cette immense toile qu'est internet. C'était grâce à ce profil virtuel qu'il avait connu le Mercury Lounge et qu'il avait appris que la musique trop fort feutrait les bruits de noyade.
Il se faufile près du bar, jetant un regard à la barmaid et ses atouts agréablement mis en valeur. Il avait fait ce qu'il avait à faire, et il envisage presque de se payer un verre ou deux pour fêter un travail si bien fait. Il croise les bras, songeur, observant la clientèle alentours. Il peut sentir parmi la foule transpirante des stryges et des berserkers. Aucun sidh cependant. Mais c'est sans regret. la présence d'une banshee l'aurait sans doute poussé à fuir l'endroit et à terminer sa folle soirée dans un lieu bien plus calme. Il roule des yeux, la bulle de son chewing-gum claque quand il reporte son attention devant lui. Et dire que c'était ça, la présumée débauche de cette décennie. Un demi-siècle plus tôt, on savait encore faire la fête à grand renfort de seringues piquées et de guitares brisées.

Comme il regrettait ces années bénies...

Mais loin de se mettre à pleurer, il garde son sourire juvénile et trace son chemin en direction du bar. Ses yeux furètent dans la foule, observant client après client, jugeant leur ébriété à l'oeil, imaginant leur part immortelle quand il sent une créature sommeiller en eux. Il hésite presque à accoster l'une de ces âmes damnées pour s'occuper les prochains jours. L'héritier De Laire avait la fâcheuse habitude de se lier d'amitié avec les plus faibles, simplement pour avoir le plaisir de les manipuler sagement. Sadique, oui.
Fixant une proie potentielle, la victime idéale que ce soit pour un assassinat ou pour un jeu, il ne réalise pas qu'il fait un pas de trop. Cette distance parcourue le mène droit contre un jeune garçon à la bouille tout juste adulte. La silhouette au loin échappe à son regard qui se pose désormais sur la personne qui, visiblement, était aussi distraite que lui.
Bastian cesse immédiatement de mâcher son chewing-gum, le souffle arrêté et son sourire éteint. Ce regard... Il le connaît. Il l'a croisé plus d'une fois et plus d'un jour dans sa vie. Ce visage angélique, presque féminine, cette allure monotone et casanière...

"... Alek?..."

Le jeune noble penche la tête sur le côté, comme arrêté dans le temps alors qu'il ne détache pas son regard de l'homme face à lui. Il l'a reconnu lui aussi. L'espace d'un instant, Bastian se souvient de tout. Camden, la musique, Jarrod. Même l'odeur de pisse des rues misérables de la capitale anglaise lui revient en mémoire. Les plus belles années de sa vie, après 1789. Il se remet à respiré dans un rythme court, saccadé. Il n'avait pas repensé à ces temps glorieux depuis... Trente ans.
Bastian redresse doucement la tête. La marque violacée à son cou s'est estompée immédiatement, le laissant aussi pâle que d'ordinaire. C'est comme si sa montre s'était soudain remise en marche. Dieu qu'il détestait ça. Son passé, son futur, tout. Dès qu'il avait une date en tête, il se glaçait, apeuré face à la vision d'un fantôme de son histoire. Il lâche un rire presque craché, forçant un sourire qui contredit son regard froid.

"... Je m'amuse. J'ai pas le droit?"

Il affiche un rictus mais sa voix est sèche, presque tremblante par moment. Une mèche retombe sur ses yeux, il s'empresse de la relever en perdant ses doigts dans sa chevelure noire une seconde. Son regard se fait fuyant, hésitant entre gauche et droite, impossible à figer. Il a perdu toute sa superbe, même s'il le masque sous son inhumanité. Des sentiments, il ne voulait plus jamais en ressentir aucun.

"Toi qu'est-ce que tu fais ici? T'as trouvé de nouveaux amis à suivre partout comme un petit chien?"

Il lâche un rire, reprenant lentement son regard fou. Il claque une nouvelle bulle de chewing-gum en souriant à son vieil ami d'un autre temps. Sa phobie s'est estompée, lui laissant toute la liberté nécessaire pour qu'il joue les grands garçons. Mais au fond, il se ment. Et les souvenirs qui se répètent en boucle dans sa tête n'aident pas le moins du monde le pauvre petit parisien à garder son calme.


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Mer 21 Sep 2016 - 22:52
Comme l'éternité, l'amitié ne prend jamais fin
Parfois, il y avait des choses du passé qu'on espérait être profondément enterrées. Suffisamment pour être certains que jamais elles ne referaient surface. Et jusqu'à ce soir, Alek avait mis de côté les souvenirs du temps bref mais "intense" qu'il avait passé en Angleterre. Cette période de sa vie était quelque peu trouble. Ambiguë. Elle avait commencé quelques années après la mort de son créateur. Quelques années après que Alek ait perdu tout ce qu'il avait et qu'il prit l'apparence d'un jeune homme, tel qu'il était aujourd'hui. Il était dévasté, vide, complètement perdu. Bien plus qu'aujourd'hui. Telle une âme sans destin, il avait vogué à travers les horizons. Dans les années 70, il rencontra Bastian dans les rues londoniennes. Bastian n'avait rien d'un être ordinaire et il avait immédiatement fasciné Alek. Avec lui tout paraissait facile et possible. Comme si la vie se résumait à prendre ce qu'on voulait quand on le voulait, à s'amuser - ou plutôt s'éclater - , à vivre au jour le jour. Jamais encore Alek n'avait vraiment su ce que s'amuser et se laisser aller signifiait. Alors, il suivit le Sidh pour le meilleur et pour le pire. Ce dernier était le seul à pouvoir lui faire oublier la culpabilité et le deuil qui empoisonnait sa vie. rien que pour ça, il méritait tout le respect et l'affection d'Alek. Mais même si c'était une sensation agréable et même carrément grisante, Alek perdit peu à peu pied avec la réalité. Il s'enfonça dans un monde illusoire, devenant presque quelqu'un d'autre. Et il aurait certainement continué des dizaines d'années ainsi, s'il n'avait pas fini par voir que Bastian était dévoré par la folie. Son esprit imprévisible aux tendances meurtrières finit par effrayer la Stryge. Du jour au lendemain, Alek avait disparu de la surface de la terre. Il avait fait le choix de se protéger lui-même. Il était un survivant, il en avait fait la promesse à son créateur.

En revoyant Bastian, ce soir, au Mercury Lounge, c'était comme si toute cette histoire - reléguée aux archives - lui revenait en pleine mémoire. Et il ne put s'empêcher de le dévisager pendant quelques secondes, tant sa surprise était grande. Son éternelle allure d'être fêtard et insoumis et ses mèches rebelles, ainsi que son chewing-gum lui donnant un air détaché. Non vraiment, à part la tenue vestimentaire, Alek avait réellement l'impression de retrouver le même Bastian qu'à l'époque. C'était assez déstabilisant.Il avait fui en se disant qu'il serait mieux s'il partait loin de lui, et voilà que ce dernier faisait de nouveau éruption dans sa vie. « Même si tu n'en avais pas le droit, tu le ferais, alors... » Se remettant de son choc, Alek haussa légèrement les épaules. Bastian n'avait jamais eu besoin de la moindre autorisation pour faire tout ce qu'il lui passait par la tête. Bien que ce n'était pas toujours des idées très catholiques. Le jeune homme jeta un bref coup d’œil autour de lui. La foule atour de lui continuait de danser, de parler, de boire. La musique résonnait, les lumières les éblouissait parfois. Alek avait l'impression d'être hors du temps. Comme si Bastian et lui n'étaient pas en pleine boîte de nuit. Son attention s'était focalisé sur son ancien ami. Il était observateur, et il connaissait assez Bastian pour comprendre que le Sidh était aussi troublé que lui. Il ignorait qu'Alek était à Ottawa, lui aussi avait probablement tiré un trait sur toute cette histoire. Donc peut-être qu'ils pourraient oublier ces retrouvailles et faire comme si de rien n'était. C'était probablement la meilleure des choses, car tenter de renouer avec le passé n'était jamais une bonne solution.

Après quelques secondes de silence - enfin en oubliant la musique assourdissante et le brouhaha humain - il répondit quand même - d'un ton neutre - à la question du Sidh. Tout en ignorant la provocation qui avait résonné dans la voix de ce dernier. « Je ne cherche à suivre personne, cela vaut mieux pour tout le monde. » Réponse laconique. Vagabond éternellement jeune, éternellement seul. « Mais toi, je suis surpris de te voir dans un pays si calme » se contenta-t-il simplement d'ajouter. Il aurait plutôt imaginé Bastian dans des endroits mouvementés ou instables, comme en Ukraine pour pousser à la révolte contre le pouvoir russe. Il y avait de multiples pays aux situations complexes, alors Alek se sentait ce qu'il venait faire au Canada. Cela n'indiquait rien de bon. À moins que ce soit le lien si particulier entre Ottawa et le monde surnaturel qui ait attiré le Sidh ici ? Le problème c'était que généralement, où qu'aille Bastian, cela finissait toujours par être le chaos. Voire bien pire. Le brun jeta un bref coup d’œil derrière lui sur la droite, là où se trouvait la sortie. C'était une mauvaise idée d'être venu ici en pensant pouvoir oublier le quotidien, surtout avec Bastian qui se trouvait là. Il prit donc les devants. « Ne me demande pas de t'acheter un verre, je n'ai pas un rond. Et je crois que je ne vais pas traîner ici longtemps... » De toute façon, Bastian avait sûrement des projets tordus en tête, alors il perdrait rapidement tout intérêt pour Alek et ce dernier pourrait s'éclipser. Mais l'instant d'après, une personne totalement enivrée par l'alcool le bouscula violemment avant de lui jeter un regard noir, bagarreur. Alek qui n'avait pourtant rien fait, bredouilla quelques excuses et se décala pour laisser passer l'homme ivre. À Londres, il s'était laissé envelopper par la caractère anarchiste de Bastian mais désormais, l'effet inverse s'était produit. Le plus souvent, il s'écrasait face aux autres, en espérant ne jamais ne se faire remarquer et ne créer aucun problème. Inconnu placide et invisible, il n'était plus le même que Bastian avait connu. Tant de choses avaient changé.


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Ven 23 Sep 2016 - 21:05

Comme l'éternité, l'amitié ne prend jamais fin.






Ottawa, longue histoire...

Bastian avait écumé l'Europe, l'Amérique, une partie de l'Asie, avec des détours parfois en Australie. En près de trois siècles, on trouve toujours le temps pour des escapades çà et là à travers le globe. Mais Alek avait bien raison de trouver étonnante la présence du jeune noble dans un tel endroit. Lui qui attirait les ennuis et suivait avec passion les révoltes faisait tache au beau milieu de cette ville si tranquille en apparence. Il semblait presque en vacances, loin du quotidien animé d'un sidh ex-révolutionnaire.
En croisant le regard d'Alek, Bastian repensa à ses années à Londres passées avec lui. Il l'avait traité comme un ami, comme il aurait traité n'importe quel autre de ses proches. Camden était un poison à cette époque et le jeune De Laire s'en était sorti avec des histoires écourtées et des amitiés gâchées. Depuis, il n'y avait jamais remis les pieds, préférant s'exiler dans des pays qui ne lui ressemblaient guère plutôt que de retrouver sa Londres adorée.
Alek fait mine de partir, fuir presque. Le parisien y perd son sourire, ne reconnaissant rien de l'ami qu'il avait eu dans cet individu effacé et capable de s'échapper pour éviter le pire. Un stryge comme lui, avec ses capacités, il aurait pu faire tellement mieux que se laisser porter par le courant, attendant que les années passent et disparaissent.

Et voilà qu'il se laisse malmener...

Bastian enrage presque, serrant les dents, le regard noir. La trace de corde a repris sa place à son cou, se devinant sous ses cheveux sombres malgré la lumière peu présente dans l'établissement. Il croise les bras, cessant même de mâchonner son chewing-gum alors qu'il toise l'inconnu enivré qui file plus loin retrouver ses amis et ses verres. Pitoyable, il était pitoyable, et il mettait Alek plus bas que terre en l'ignorant de la sorte.
Le parisien reporte son regard sur son vieil ami, considérant ce dernier comme un moins que rien après ce triste spectacle. Blessé, il ne reconnaissait rien de cette personne pour qui il avait eu tant d'estime et à qui il aurait donné le bon Dieu sans confession. Maintenant, il se demandait même s'il avait la moindre raison de le retenir de fuir.

"Tu me fais pitié..." lâche-t-il, la voix emplie de dégoût "Et dire que t'es un stryge..."

Alek était si différent, méconnaissable. Impossible de retrouver chez lui la moindre facette de sa vie anglaise. Bastian ne voyait devant lui que ce buveur de sang qui avait tant vieillit. Contrairement au parisien, il avait appris de ses erreurs, de son passé. Il s'en accommodait et évoluait en harmonie avec les années. Le temps qui passe, pire ennemi de l'héritier De Laire et sa peur irrationnelle du futur.
Il pouvait sentir dans la poche de son jean sa montre, piégée entre deux couches de tissu. Ce passé devant lui, même changé, il l'horrifiait et le poussait à bout. Bastian baisse son regard, perdu dans le vide quelques secondes. Il se sent brutalement hanté par un tic tac absent, un rythme régulier phobique chez lui qui le force à crisper chacun de ses muscles.

La peur.

Quand il repose les yeux sur Alek, il hésite une seconde à peine avant de décroiser les bras pour aller trouver le pauvre homme ivre qui l'avait bousculé sans se soucier de rien. Il lui suffit de croiser son regard pour que le type se frappe violemment la tête contre le comptoir, explosant son nez dans un éclat de sang qui dégoulinait sur tout le bas de son visage. Le jeune parisien parvient de justesse à garder son apparence humaine, à ne pas céder à sa nature monstrueuse. Mais un certain calme renait au fond de ses pupilles, arrachant un rictus discret sur son visage. Justice était faite, et il pouvait désormais retrouver son ancien ami et le rattraper, deux verres à la main. Il donne l'un à Alek, passant alors son bras libre sur les épaules de cette connaissance d'une autre époque. Il descend le second cocktail cul sec avec de jeter le verre vide derrière lui, ne l'entendant même pas se briser au milieu de la musique bien trop fort.

Tout est dans la théâtralité.

"Alors, alors, alors... À part te faire bousculer et essayer de me fuir, qu'est-ce que toi tu viens faire à Ottawa? Moi je m'ennuyais, tu vois bien, j'ai besoin de nouveauté un peu. J'allais pas passer toute ma vie à Londres." il le gratifie d'un sourire hautain, totalement changé par un peu de sang, oubliant même le son phobique pareil à un métronome qui hantait ses pensées chaque fois qu'il posait les yeux sur Alek "Même si, je dois admettre, on se fait chier dans le coin. Mais maintenant que t'es là, c'est différent..."

Il se remet à mâcher son chewing-gum, éclatant une bulle avant de soupirer un rire trop discret pour ne rien avoir à cacher.


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