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I can't be superhero right now + Ft. Themis

 :: Archives des rps

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Jeu 11 Aoû - 14:34


I can't be superhero right now

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Le paysage défilait plus lentement, maintenant que le train était entrée en gare. Jezabel lança un énième regard au téléphone qu'elle cramponnait depuis quelques kilomètres désormais. Cela faisait seulement quatre jours qu'elle s'était enfuie - bien qu'elle avait prévenu tout le monde au préalable - mais la jeune femme avait la sensation qu'elle n'était partie qu'une journée. Elle soupira, le regard à la fois mélancolique et lointain. Cette escapade ne lui avait pas remis les idées en place, finalement. Mara n'avait pas su taire les élans sinueux de sa nouvelle enveloppe. Elle n'avait qu'essuyé ses frasques, encore et encore, comme un médecin impuissant, dépassé par les délires d'un patient. Elle voulut s'excuser, à nouveau, lui envoyer un simple message stupide et dégoulinant d'humanité. Mais, elle se ravisa. Que pourrait-t-elle bien lui dire ? Elle papillonna des cils, le cœur douloureux même s'il ne battait plus que du vide. Elle devenait cet être déliquescent, celui qu'elle redoutait secrètement. Elle devenait mauvaise. Elle porta une main contre son estomac. La faim ne la quittait plus. Elle était omniprésente et annihilait tout ce qui restait encore d'elle. Elle sursauta lorsque la carlingue s'immobilisa enfin. Et, l'espace d'un instant, elle songea à rester là pour suivre un chemin hasardeux au gré des rails. Seulement, Jezabel n'était pas seule. Il y avait Eros, puis Themis; cette petite aux cheveux d'un blanc neige qu'ils avaient recueilli récemment. C'était une bénédiction pour cette mère qu'elle ne pourrait plus être naturellement. Alors, la Stryge s'extirpa mollement de son siège et, s'engouffra dans la fraîcheur du soir. Elle balaya le quai du regard, un court instant, avant d'apercevoir la jeune fille au loin. Un sourire franc se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle pressait le pas vers elle, comme le ferait une femme qui n'aurait pas revu son amant depuis des semaines. Themis parvenait à chasser ses tourments par son unique présence. Elle représentait cette enfant qu'elle attendait désespérément et redonnait ne serait-ce qu'un peu de couleur à son existence.
- Themis, s'exclama-t-elle.
Elle enroula ses bras autour de son cou pour l'étreindre.
- Je suis tellement heureuse que tu sois là.
Elle saisit son visage entre ses doigts pour plonger son regard dans le sien, les yeux brillants d'émerveillement, comme chaque fois qu'elle portait toute son attention sur elle.
- Allons-y.

Le trajet se fit dans un silence confortable. Jezabel respirait les fragrances entêtantes et animales de la jeune fille. Elle avait ces quelques effluves particulières, sans doute propre aux Berserkers, qu'elle avait appris à apprécier avec les jours. Désormais, cela avait le don de la réconforter. Alors, bercée par le ronronnement paisible du taxi, elle posa sa petite tête contre l'épaule de Themis. Dès le départ, Jezabel avait imposé cette proximité entre elles. Cela était venu timidement d'abord, puis naturellement. Sans doute se raccrochait-elle pour ne pas perdre définitivement pieds. Et, la jeune fille était suffisamment intelligente et perspicace pour le reconnaître sans qu'elle ne dise quoi que ce soit. Elle glissa sa main dans la sienne, lui adressant un regard débordant d'amour. Themis déclenchait en elle des instincts maternels et protecteurs qu'elle ne se connaissait pas jusque là. Elle était, souvent, digne d'une maman ours lorsqu'il s'agissait de sa fille adoptive. Mais, elle supposait que cette dernière s'en était accommodée. Après tout, sa vie était sûrement plus douce maintenant qu'elle vivait auprès d'Eros et elle. Du moins, Jezabel l'espérait.

Elle avait réservé la table au préalable. A dire vrai, mieux valait être prévoyant lorsque l'on voulait dîner ici. Ainsi, lorsqu'elles arrivèrent, Jezabel n'eut qu'à donner son nom. Et, rapidement, elles furent accompagnées jusqu'à la terrasse où attendait patiemment leurs couverts. Elles prirent place et, la Stryge se pencha légèrement au dessus de la nappe pour souffler à l'attention de sa fille:
- Ici, les clients sont détestables, ils ont tous l'air d'avoir un balais dans le...
Jezabel se pinça les lèvres pour réprimer un rictus amusé, puis précisa:
- Mais leurs plats sont de véritables délices. J'aimais beaucoup venir ici, avec ton père, quand...
... elle était encore vivante. Elle n'eut pas le courage d'achever cette déclaration. Son regard se voila une fraction de seconde, juste avant qu'elle ne se reprenne, arborant un sourire factice pour y dissimuler son trouble.
- Toi qui aimes la viande, tu devrais trouver de quoi te régaler.
Elle hocha la tête en guise de remerciement lorsque le serveur leur apporta la carte.
- Fais-toi plaisir.
Jezabel parcourra les plats d'une œillade profondément lasse. De toute évidence, elle aussi se cantonnerait à de la viande. Drôle d'ironie, sachant qu'elle n'aimait pas véritablement cela de son vivant. Elle haussa les épaules, davantage pour elle-même, puis reposa le menu. Cette soirée était celle de Themis, la leur. Alors, elle lui adressa un sourire renversant.
- Tu trouves ton bonheur, trésor ?


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Ven 12 Aoû - 0:34

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"We overcome in sixty seconds with the strength we have to together. But for now, emotional ties they stay severed. When there’s trust there’ll be treats and when we funk we'll hear beats."

Massive Attack - Karmacoma ▽ Leregard de Themis balayait paisiblement le quai de gare où elle attendait sa mère adoptive, dodelinant de la tête au son de la musique qui se diffusait dans ses écouteurs. Le calme décuplait ses sens et l'aidait à réfléchir : dans sa petite tête avait germé une idée complexe à réaliser qui avait pour but avoué de soulager un peu Jezabel de ses tensions accumulées par la frustration qu'elle s'imposait ; les sms avaient suffit à l'albinos pour cerner sa mère sans effort. On lisait en la rousse comme en un livre ouvert lorsqu'on était proche de l'Animal. C'était précisément ce qu'était Themis. Plus une bête qu'une humaine. Ses yeux glauques à la rétine rose croisaient régulièrement ceux, plus froids, plus timides, de gens qui n'osaient pas la regarder.  Elle, elle souriait : ils ont peur d’elle car elle est différente d'eux, à un seul détail près : elle produit moins de mélanine. C'est tout. Dans certains pays d’Afrique, on brûlait les gens comme elle car ils étaient considérés comme des sorciers ; rien que des foutaises de grands singes glabres qui se cherchent des excuses pour trucider les siens. Les mains dans les poches de son pantalon de lin blanc qu'elle portait avec une chemise ample de la même valeur - Themis aimait s'habiller tout de blanc pour renforcer son petit effet - l'albinos attendait sagement cette femme qui était entrée dans sa vie sous l'appellation de "mère". C'était ainsi, à présent : Jezabel et Eros étaient devenus ses parents et elle était une fille qui ne faisait pas vraiment d'histoire pour de simples noms à donner aux autres.

La jeune fille tourna la tête sur le côté en entendant le nom que le vieux Pretorius lui avait donné son dixième anniversaire venu : Themis, comme la Titanide. Déesse de la Justice, de la Loi et de l'Équité. C'était débile et ça ne signifiait rien pour elle, mais c'était à présent son nom, elle qui n'avait jamais eu quoi que ce soit avant de recevoir ça en cadeau. Un lent sourire se peint sur la toile d'un blanc immaculé qu'était son visage à la grande bouche livide, les commissures retroussées lui donnant l'air d'un gros chat satisfait en voyant la rousse presser le pas vers elle. Ses yeux clairs, frangés de cils blancs, presque transparents, papillonnèrent un instant en appréciant l’arrivée de sa mère, retirant ses écouteurs de ses oreilles. Elle laissa la femme l'étreindre avec un plaisir non feint - Themis était quelqu'un d'affreusement tactile et familier, ne connaissant pas vraiment les concepts de distance personnelle ou de promiscuité dérangeante. Elle serra Jezabel en retour, ses bras enroulés autour de sa taille avec une possessivité qui aurait pu en faire se méprendre sur ses intentions.

"Bonsoir maman, tu as fais bon voyage ?", lui demanda-t-elle le plus simplement du monde.

Elle aimait cette lueur dans les yeux de sa mère qui lui donnait l'impression d'être la huitième merveille du monde : unique et précieuse, qui prenait toute la place dans son esprit. C'était peut-être simplement une illusion, mais elle demeurait charmante, douce au cœur, tendre à la pensée. Le visage prit en coupe entre les doigts fins de la rousse, la jeune fille se laissa regarder sans fausse pudeur, ses yeux toujours un peu chassieux et humide au regard imprécis et loin d'être attrayant planté dans celui de la Stryge. Elle avait de tout temps aimé être le centre d'une attention et Jezabel semblait toute dédiée à cette dernière : c'était incroyablement savoureux. A la mention d'un sentiment heureux, elle ne répondit pourtant qu'un fin sourire plus énigmatique que réellement sincère. Les sourires de Themis semblaient toujours un peu faux, même quand ils étaient vrais. Ils ressemblaient à des étirements de babines d'une personne qui n' a appris à sourire que tardivement et se force toujours un peu.

Le trajet en taxi fut silencieux et agréable et Themis offrit son épaule sa sa mère qui semblait fatiguée, serrant sa main dans la sienne sans faire d'histoire, comme une petite fille modèle et attentive aux demandes d'une mère lasse. La proximité qu'ils y avait entre elle et la rousse s'était imposé selon le vouloir de cette dernière et l'albinos en avait fait son affaire avec une joie un peu curieuse, répondant à son regard d'amour par un fin sourire, pourtant très aimant. Themis n'était ni timide, ni farouche. Elle était sociable et extravertie, familière, directe, détendue. Quand on connaissait l'enfer qu'avait été sa vie avant de connaitre ses parents, on aurait pu se poser des questions sur cette curieuse joie de vivre qu'elle affichait, et aucun retard ou trouble de l'affection : elle acceptait sans rechigner câlin et attention sans sembler quémandeuse ou agressive. C'était une enfant modèle. Elle avait été bonne en cours de rattrapage, affichait une curiosité qui l'aidait à apprendre à grande vitesse et une sociabilité effrayante envers les autres, pour quelqu'un qui avait vécu dans une cage, rouée de coups et d'ordres.

L'albinos marchait derrière Jezabel d'une démarche souple mais lente, décontractée et suiveuse, les mains dans les poches. Il faisait bon en ce début de soirée et la terrasse semblait tout indiqué pour ce premier rendez-vous mère-fille qu'avait programmé la rousse dans son envie de resserrer leurs liens ; c'était une bonne idée. Elle tira la chaise à sa mère, courtoise, avant de prendre place devant elle. Son regard avait quelque chose d'amusé et elle rit un peu à la plaisanterie de la Stryge, ajoutant d'un haussement d'épaule très désinvolte :

"Nous ne venons pas pour les clients, après tout", elle sourit yeux fermés comme elle avait l'habitude de le faire et cette habitude donnait à son visage des traits presque félins, les commissures de sa grandes bouche pâle comme un fruit d'hiver retroussés d'ne bien curieuse manière pour une humaine, "ce sont les plats qui doivent être recommandables."

Ses yeux se relevèrent vers sa mère quand cette dernière ne termina pas sa phrase, mais le reste fut si évident que Themis se contenta de poser sa main sur la sienne pour la papoter familièrement et la consoler à sa manière, un peu désinvolte mais tendre malgré tout. Pour ennuyer sa mère cependant, l'albinos arbora le même sourire extrêmement factice qu'elle, avant de lui lançer :

"Tu n'es pas obligée de faire semblant avec moi, maman. Je pense pouvoir finir tes phrases avortées."

La jeune fille sourit de manière énigmatique avant d'ouvrir la carte du menu comme pour passer à autre chose, un peu comme on passe du coq à l'âne. Elle se pourlécha les babines en lisant attentivement les propositions de bonne chaire inscrite sur la carte et en releva le museau uniquement lorsque sa mère lui demanda si elle trouvait son bonheur.

"Merci"
, fit Themis poliment avant de reprendre, "hm... j'adore le goût amer des abats, surtout le foie. C'est riche en sang. Quand il est à peine saisi...", elle plissa les yeux en appelant très naturellement un serveur qui fut décontenancé par cette voix grave qui venait du ventre pour une jeune fille d'aussi petite taille, "je voudrais votre foie de veau au vinaigre. Sans accompagnement. A peine saisi, que ça saigne encore à l'intérieur s'il vous plais. Je sais que ça ne se fait pas trop... question sanitaire ? Mais bon", elle posa sa main sur la sienne quand il prit note, "pas du vinaigre balsamique. Juste du vinaigre."

L'albinos releva le regards sur Jezabel avec un large sourire, fermant à nouveau les yeux pour prendre cet air étrange, presque paresseux. Sa langue passa sur ses dents, bouche fermée, tandis qu'elle souriait.

"Pas d'alcool pour moi", dit-elle aimablement à sa mère en agitant son pilulier dans sa main droite., "ce n'est pas bon du tout pour ce que j'ai."

Themis parlait autant de la perte de contrôle des Berserkers que de la forte médication que lui imposait la société - et le médecin qu'elle consultait toute les deux semaines pour sa sociopathie - pour demeurer dans la vie active avec ses nouveaux parents. A vrai dire, elle mentait : elle ne prenait jamais ses médicaments car elle refusait d'être un légume soumis au bon vouloir de quelques glabres singes savants qui s'érigeaient en modèle d'une société déliquescente qui ne lui avait jamais rien offert de bon et n'avait rien de naturelle pour elle....

"Qu'est-ce qui te tentes ?", demanda finalement l'albinos à sa mère, dans une question ouverte d'une certaine ambiguïté.
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Ven 12 Aoû - 16:36


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Themis était perspicace. Il suffisait de la regarder pour savoir que, malgré ses airs angéliques, elle pouvait transpercer l'âme d'une simple œillade. Et, lorsque Jezabel s'interrompit promptement dans sa déclaration, elle n'osa pas relever immédiatement les yeux vers elle. De toute évidence, elle avait pleinement conscience de ce qu'elle sous-entendait. Ses paroles ne firent que confirmer la chose, comme sa paume qui vint recouvrir la sienne dans quelques tapes réconfortantes. Un sourire triste se peignit sur ses traits, mais elle n'ajouta rien, tout simplement parce qu'il n'y avait rien à dire de plus. Elle était morte un an plus tôt et, rien ne pouvait changer cela. Et, elle s'en voulut, un peu bêtement, de ne pas être une simple humaine pour Themis. Qu'avait-elle à lui offrir ? De l'amour certes, mais également de la crainte, du sang et peut-être des morts accidentelles. Elle se mordit l'intérieur de la joue, alors qu'elle portait un regard lointain sur les clients autour d'elles. Elle n'avait plus rien de comparable avec toute cette chair luxueuse qui, pour elle désormais, n'était plus que la perspective d'un dîner. Il fut un temps où, elle aussi, elle aimait se pavaner au milieu de cette populace pleine d'hypocrisie et d'argent. Non pas qu'elle fut à leur image. Seulement, elle avait grandi là-dedans. Elle n'avait connu que les sourires factices, les rires exagérés et les regards hautains. Tout cette grande mascarade lui semblait bien dérisoire aujourd'hui. Pourtant, elle aurait donné beaucoup pour retrouver cet univers superficiel, pour n'être que Jezabel; chirurgienne cardiaque de renom.

La rousse écouta le choix de sa fille adoptive avec attention et, ne put s'empêcher de grimacer. Son estomac grogna, lui, de contentement à cette simple perspective. Parfois, elle avait la sensation d'être deux dans cette enveloppe diaphane: son ventre et elle. Elle releva les yeux vers le malheureux serveur qui semblait totalement abasourdi par sa demande. Elle se retint de glousser, un tantinet amusé. Elle hocha la tête en direction de Themis alors qu'elle agitait son pilulier.
- Je vous prendrai une bouteille de votre meilleur rouge. Et le Carpaccio de bœuf au gorgonzola et aux noix.
Elle détestait cela. Mais, ce serait sûrement l'unique plat qu'elle pourrait ingurgiter sans avoir une irrépressible envie de rendre. Il se retira dans un dernier rictus pincé et, Jezabel ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
- Tant de manières pour une simple commande, soupira-t-elle.
Depuis sa transformation, la rousse ne parvenait plus à se dérider suffisamment pour apprécier les choses simples de la vie. Tout possédait un goût amer et lui rappelait ce qu'elle n'aurait jamais plus. Elle se saisit de la serviette pour la poser soigneusement sur ses genoux, comme sa mère le lui avait appris plus jeune, puis sourit à la jeune femme, d'un rictus à la fois curieux et amusé.
- Tu as de drôles de goûts.

Il ne fallut pas longtemps pour que leurs plats ne soient là. Jezabel jeta un œil sceptique sur sa propre assiette. Si l'odeur ravissait quelques instincts affamés, l'apparence, elle, lui fit friser le nez. De toute son existence, elle n'avait que très rarement mangé de viande. Elle était de ces femmes qui ne se nourrissaient essentiellement de verdure. Elle inspira profondément et, se décida finalement à porter une bouchée à ses lèvres. Sans grande surprise, la saveur attisa ses papilles et, elle sentit ses pupilles se dilater légèrement.
- J'ai peur que ça ne titille plus ma faim qu'autre chose, avoua-t-elle dans un demi-sourire pincé.
Sans doute devrait-elle solliciter Eros une fois qu'elles seraient de retour à la maison. Cette idée la répugna autant qu'elle l'agita secrètement. Elle papillonna des cils, cherchant à reprendre contenance, puis porta de nouveau toute son attention sur Themis.
- C'est bon ?
Elle plissa les yeux, hésitante et, finalement, demanda dans un souffle:
- Tu me fais goûter ?
Les fragrances du sang lui venaient par vagues avec la brise. Et, si elle ne le précisait pas, Themis devait savoir que c'était cela qui piquait sa curiosité actuelle.

Jezabel contempla longuement sa fille, sans piper un seul mot. Elle s'efforçait d'apprécier pleinement l'instant, sans se laisser corrompre par tout ce qui pouvait l'accabler chaque jour. Voir la lumière à travers l'obscurité, comme Eros essayait péniblement de lui rappeler. Et c'était, présentement, ce qu'elle faisait. Grâce à Themis, elle était cette mère qu'elle désirait être. Et, Jezabel était fière d'avoir auprès d'elle cette dernière. Elle se pencha légèrement vers elle, une moue légèrement rieuse sur ses traits pâles.
- Quelle est donc cette surprise dont tu m'as parlé par sms ?


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Lun 15 Aoû - 17:28

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Massive Attack - Karmacoma ▽ Themis était quelqu'un de tactile et de confiant et son accolade ne s’embarrassait de rien, même pas de l'air triste de sa mère adoptive. Elle gardait effrontément son sourire aux yeux fermés, les commissures étrangement retroussées comme un sourire de chat. L'albinos avait un visage enfantin, angélique et très mobile mais cela ne signifiait nullement que ses sourires étaient sincères. Elle-même n'ajouta tien, puisque tout semblait être dit. Le serveur sembla étonné de sa commande - ou peut-être de son apparence - et demeura interdit quelques secondes, faisant rire la jeune fille par son air un peu balourd. Elle le badina visiblement comme une fille de son âge minaude avec un jeune homme, charmante et polie. Pourquoi ne le serait-elle pas, après tout ? Les humains étaient certes une espèce inférieure, mais il n'y avait nul besoin de leur rappeler constamment. C'aurait été pure bêtise, surtout en face de sa mère qui semblait encore sensible aux attraits de l'humanité. La Berserker sortit trois gélules de son pilulier et rangea ce dernier dans sa poche, les gobant sans eau grâce à sa bouche immense, dans une habitude consommée.

La jeune femme écouta docilement la commande de la rousse sans cesser de sourire. Cette soiré,e contrairement à ce que pensait la Stryge, était celle de sa mère. Elle rit un peu du nez en voyant l'air pincé de cette dernière et l'écouta comme une petite fille modèle, ce qu'elle était très loin d'être. L'important, c'était ce que sa mère verrait ce soir, plutôt tard dans la nuit ; ça, c'était la vraie Themis ; le reste n'était que du vent. Mais l’illusion rendrait la vérité plus savoureuse alors d’ici là Themis fit son possible pour se montrer civilisée et exemplaire. Elle haussa les épaules avec amusement, riant de bon cœur.

"Le vinaigre renforce le goût du sang", elle prit une gorgée d'eau, continuant à expliquer ses goûts étranges, "le docteur Pretorius ne nous donnait que ça. Des quartiers de viande salées ou vinaigrées. Ça avait rendu un type de ma meute complètement fou", elle plaça sa serviette sur ses cuisses en imitant Jezabel, "encore une de ses expériences,j'imagine. Mais bon, depuis j'aime le goût du vinaigre. L’habitude."

THemis était honnête les trois quarts du temps avec la rousse, et parlait sans fard de son passé comme s'il ne l'avait ni brisée, ni traumatisée. Elles furent finalement servie et l'albinos remarqua sans mal les pupilles dilatées de Jezabel, souriant simplement en imaginant son expression lorsqu'elle recevrait son cadeau, dans quelques heures. Bientôt, elle verrait que les salamalecs humains rendaient les choses moins savoureuses. Bientôt, elle sentirait le vrai gout du sang ; quelle excitation à contenir pour la Berserker ! Elle porta un bout de foie à peine saisi à ses lèvres et mastiqua lentement le bout d'abat glissant en souriant. Il y avait une étrange perversité dans les traits de l'albinos quand elle mangeait des viscères, visible et même pas dissimulée : elle était une bête. Lorsque sa mère lui demanda de goûter, elle découpa précautionneusement un bout de foie et lui tendit du bout de sa fourchette.

"Sans plus. Les viscères, c'est ce qu'il y a de plus gorgé de sang", elle sourit avant de confesser sincèrement, "mais ça ne vaut pas un foie à peine prélevé sur une proie."

On pourrait mettre un peu de sel et de poivre sur de la viande et faire croire qu'on était une créature raisonnable et raffiné. Mais ce n'était qu’un mensonge. La Berserker mangea vite, avec un appétit de grand prédateur : il ne resta pas une miette, comme mange les chiens qui ont constamment peur de manquer ou de se faire retirer leur pitance. L'albinos répondit à la moue rieuse de s amère par un sourire détendu, appréciant confusément la démonstration d'impatience de la rousse, désireuse de jouer un peu avec elle pour la tester.

"Que d’impatience, maman !", elle rit avant de la taquiner plus avant, "on apprend aux enfants à savoir patienter, il faut montrer l’exemple", elle la regarda dans les yeux, se léchant les lèvres, "ça va te plaire. C'est très... excitant. Tu verras. Mieux que le sexe. Vraiment mieux. Mais il faut être patiente parce que c'est la frustration qui rendra tout meilleur. Ça te fera jouir mieux que papa... c'est une promesse."

Volontairement un brin provocatrice, histoire de chercher à amener sa mère là où elle le voulait, au point culminant de l'inquiétude qui rencontrerait l'excitation ; c'était sa mission, car elle était une bonne fille. Elle l'avait promis.
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Ven 19 Aoû - 18:47


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Ce qu'avait vécu Themis, elle l'ignorait. On ne leur avait pas véritablement expliqué son passé. Savaient-ils, cependant, ce que fut réellement son existence ? Rien était moins sûr. Et, lorsque Jezabel avait cherché à en apprendre davantage sur sa future fille, elle n'avait eu droit qu'à quelques balbutiements incertains. L'être humain, finalement, n'avait aucune idée du monde qui l'entourait. Elle en était la preuve non-vivante. Avant Eros, jamais elle n'aurait imaginé que l'univers portait en son sein des entités aux capacités exceptionnelles. Cela étant, peut-être aurait-elle préféré rester dans l'ignorance. Ce que le monde pouvait offrir n'était pas foncièrement beau. Et pour cause, Jezabel était désormais une créature ailée à l'appétit dévastateur. Heureusement, la jeune femme qu'elle avait rencontré quelques mois auparavant lui rappelait que tout n'était pas d'ébène et de sang autour d'elle. Lem. Le souvenir de cette petite, semblable à la Fée Clochette, avait le don d'apaiser l'aigreur de sa propre nature. Sans elle, la Stryge n'aurait pas eu l'idée de voler. Et, c'était une chose qu'elle appréciait maintenant contre toute attente. Eros n'en avait pas connaissance pourtant, lorsqu'il tombait raide dans les bras de Morphée, Jezabel se relevait pour battre l'air de ses grandes ailes noires dans le jardin. Elle aimait l'étreinte de la brise lorsqu'elle s'immisçait dans son plumage. Il n'y avait qu'Adria qui, parfois, se trouvait-là. Alors, elle lui montrait ses progrès, à la fois fière et honteuse de se dévoiler ainsi aux yeux de sa belle-sœur

Jezabel n'interrompit pas la jeune fille lorsqu'elle évoqua ce fameux Docteur Pretorius. Ce n'était pas la première fois qu'elle entendait son nom. Mais, par respect, elle n'en avait pas demandé davantage. Ce personnage plein de mystère s'apparentait davantage à un Frankenstein la tête pleine de folies et de curiosités malsaines. Elle se mordit la lèvre, alors que les pires scénarios se bousculèrent entre les parois volatiles de sa boîte crânienne. Malgré ce qu'il avait pu faire, Themis se portait bien, du moins, en apparence. Les cachets qu'elle se devait d'ingurgiter, eux, tendaient à prouver que le traumatisme était bien ancré. Elle posa sa main sur celle de la jeune fille et, non sans hésitation, ouvrit la bouche:
- Il... est-ce qu'il... vous... a fait beaucoup de mal ?
Elle s'en voulut immédiatement. Peut-être allait-elle raviver quelques souvenirs douloureux. Mais, en tant que mère, Jezabel avait besoin de savoir. Pourtant, elle se doutait que la réponse éveillerait en elle un sentiment violent. Themis avait beau ne pas être de son sang, ne pas être sortie de son ventre, elle était sa fille. Et, l'ADN n'avait plus sa place. Elle se racla la gorge, légèrement embarrassée, puis précisa:
- Tu n'es pas forcée de m'en parler.
Elle serra doucement ses doigts entre les siens dans un sourire plein de chaleur et de tendresse. La dernière chose qu'elle souhaitait était que Themis ne se sente contrainte de quoi que ce soit.

Jezabel scruta attentivement la bouchée qu'elle lui présentait, suspicieuse et, finalement, entrouvrit les lèvres pour la mâcher précautionneusement. Le goût du sang attisa l'effervescence de cette nature indomptable. Et, elle ne put contenir plus longtemps un grondement satisfait. Elle baissa les yeux, visiblement honteuse.
- C'est... spéciale, déclara-t-elle, peu sincère sur ce qu'elle pensait véritablement.
Elle se raidit à l'évocation d'une réelle proie. Et, elle songea de nouveau à cette malheureuse femme qu'elle avait agressé un soir. Elle se souvenait parfaitement de ce qu'elle avait éprouvé lorsque ses crocs avaient perforé l'épiderme. Elle n'avait pas oublié cette émotion à la fois grisante et excitante. Jezabel papillonna des cils. Ce qu'elle craignait le plus résidait dans cette simple pensée: et si, cela lui avait plu au point de réitérer l'expérience ? Non. Cela ne pouvait en être ainsi. Elle n'était pas un monstre. Elle ne serait jamais ce monstre. Il était tellement plus simple de jouer l'autruche. Il était tellement plus aisé de faire comme si tout ceci n'était pas réel. Jezabel balaya les quelques mèches revêches qui lui dissimulaient son regard d'encre et inspira profondément pour détendre ce corps bien trop réactif.
- Tu veux goûter ?, demanda-t-elle en lui tendant un morceau de bœuf du bout de sa fourchette.

Jezabel manqua de s'étouffer. Elle jeta un regard stupéfait, voir franchement choqué en direction de Themis qui venait d'évoquer, l'air de rien, ce qu'elle faisait avec Eros dans l'intimité. Elle balaya les alentours, craignant qu'une oreille indiscrète ait entendu les dires de sa fille, puis s'humecta nerveusement les lèvres.
- Hum... Themis ne parle pas de ça comme ça.
Elle prit son air de bourgeoise un tantinet coincée, sans même le remarquer, s'efforçant d'esquisser un rictus pincé, profondément embarrassé.
- Cela étant, je vais m'efforcer de patienter sagement.
A dire vrai, les mystères que faisaient Themis attisaient sa curiosité, mais également son inquiétude. Que manigançait-elle ? Elle ne tarderait probablement pas à le savoir.


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Dim 21 Aoû - 10:07

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Massive Attack - Karmacoma ▽ Rien ne coupait l'appétit de Themis, même pas l'acidité de ce qu'elle consommait, même pas l'air inquiet et les questions indiscrètes de Jezabel. Sentant à nouveau sa main sur la sienne, plus hésitante, l'albinos posa ses couverts pour prendre cette main dans les siennes avec un sourire rassurant. Parler du vieux Pretorius n'était pas la chose la plus difficile pour elle mais elle constatait bien que c'était une question brûlante pour sa nouvelle mère. De ce genre de question à laquelle il faudra répondre un jour et qui n'a pas besoin de s’embarrasser de mystères, dans le fond. C'était assez touchant de voir la rousse d'intéresser à son passé et elle lui répondit sur un ton tendre, les yeux fermés :

"... ça ne me gêne pas d'en parler, ne t'en fais pas."

La question de la Stryge portait plutôt sur la quantité de souffrance que le vieux schnock leur avait infligé à tous. Themis parut songeuse sans perdre son sourire : elle n'avait aucune idée de comment les autres Berserkers avaient vécu les isolements et ordres du professeur et elle-même avait appris à les voir comme une routine qui pourrait sembler étrange aux yeux de quelqu'un de parfaitement sain. Alors elle réfléchit longuement pour se donner une chance d'être utile aux demandes de sa mère et sans lui lâcher la main, elle parla d'une voix basse, mais sans la moindre plainte.

"Je ne sais pas pour les autres, je m'en moquais", elle l'avoua sans fard, comme elle le faisait toujours, avant de reprendre, "le professeur nous a éduqué comme ce qu'il pensait faire pour éduquer des animaux. Il n'y a rien d'avilissant à être un animal, mais j'imagine... que c'est avilissant d'être un animal comme le voient les humains."

Themis tournait un peu autour du pot pour se laisser le temps de décanter les informations importantes des choses inutiles et pathos. Elle savait bien que son histoire avait quelque chose de ridicule et d'improbable, mais c'était pourtant son passé, forgé par le vieil Alchimiste fou. La chaleur et la tendresse de Jezabel était ceux de cette mère qui n'avait été qu'un autre numéro, quand elle était toute petite. le geste était agréable mais un peu confus pour elle. Pourtant l’albinos ne le repoussa pas, apprenant petit à petit à apprécier les démonstrations physiques d'affection. C'était comme une sorte de récompense.

"Il nous dressait. Quand nous n'étions pas obéissants, il nous frappait avec sa canne. Tant que j'étais docile, je n'avais aucune correction. J'ai même eu le droit d'apprendre à lire et écrire. Le soir, nous dormions au sous-sol, dans des cages. C'est pour ça que j'ai encore un peu de mal avec un vrai lit. Le vieux me battait souvent, parce que je n'arrivai pas vraiment à lui obéir. Quand je faisais vraiment des bêtises, il arrêtait de me nourrir et me réveillait toutes les trois heures pour grignoter devant moi", elle prit une gorgée d'eau, la gorge sèche mais le ton franc, sans aucun trémolo, comme si elle parlait d'un fait divers, "parfois il était cruel, parfois très patient. Il m'a beaucoup battue mais beaucoup appris aussi, c'est pour ça que je nuance."

Le docteur Tillinghast était un homme qui avait choisi de lui donner la vie : sans lui, Themis n'existerait pas. Elle ne lui était ni hostile ni reconnaissante et cela se voyait dans une fin sourire qu'elle offrit à Jezabel, étirement de lèvres d'une personne qui semble équilibrée mais qui ne l'est pas et ne ressent pas grand chose en définitive. C'était son passée, son ancienne routine. Elle avait pris les coups à prendre, avait appris à marcher, à parler, à chasser et à tuer selon le bon vouloir de son maître et avait surement développer un syndrome de Stockholm ou quelque chose comme ça, à moins que les choses ne se soient passées ainsi à cause de la nuance de sa maladie mentale. La jeune fille ignorait dans le fond si elle était sociopathe de naissance avec des prédispositions, ou si elle l'était devenue à cause de son environnement glauque. Ce n'était pas important. l'important, c'était qu'elle avait répondu à Jezabel.

"Je t'aime tu sais, maman", fit-elle finement, sachant pourquoi elle lui disait cela à cet instant précis, tout le lui offrant une bouchée de son repas au goût étrange, "je n'ai jamais connu mes parents biologiques."

Un peu de manipulation affective sans avoir l'air larmoyante, ou d'y toucher, ne ferait pas de mal entre elle pour jauger un peu sa mère adoptive. Son père lui avait dit que la rousse avait perdu un enfant et que cette absence l'affectait invariablement. Themis prendrait la place du mort ; elle prendrait toute la place qu'on lui céderait, et bien plus encore. Elle sourit au grondement de la rousse, se contenant de dire en finissant son assiette : "oui, c'est dégueulasse, je sais bien." Elle sentit sa mère se raidir et apprécia confusément cette tension préliminaire, la testant au sujet d'une proie réellement. Oh, pauvre maman... comme tu trembles d'impatience et de crainte mêlées. Elle pouvait presque le sentir. Il fallait libérer Jezabel de ses inhibitions. C'était un prédateur et un prédateur qui ne chasse pas est voué à l’extinction. Mais Themis était comme les chats : elle allait rapporter une proie juteuse à sa mère adorée comme elle ne la voyait jamais chasser. C'est ainsi que font les animaux aimants. C'était un sentiment qui courrait au plus profond de la Berserker.

"C'est gentil, mais non merci", répondit très poliment l'albinos à la proposition de goûter au plat de la rousse.

L'idée de manger la nourriture de quelqu'un d'autre éveillait en elle un certain dégoût. Chez le vieux, c'était chacun sa gamelle et si quelqu’un venait fouiner dans les reliefs de l'autre, c'était la rixe assurée : elle avait pris l'habitude de finir tout ce qu'on lui donnait sans jamais chercher ailleurs et cela était imprimé au fer rouge dans son esprit. Elle mâchait en silence avec le sourire en voyant l'air choqué de la Stryge, ne lui répondant pas immédiatement. Ce n'était pas comme si elle refusait de parler parce qu'elle avait la bouche pleine : la jeune fille n'avait pas l'air de comprendre l'air alarmé de Jezabel et la regarda avec un mélange de totale incompréhension, de curiosité et de profonde indifférence envers sa gêne. Ce n'était pas qu'elle fut froid,e bien au contraire. Themis avait tout simplement l'air de s'en contrebalancer avec une candeur incroyable.

"Bien maman", dit-elle en avalant sa dernière bouchée, sans répliquer.

Un éclat d'artifice émanait de sa réponse, comme si l'albinos était un imposteur innocent et obéissant. Elle se montra dissimulée tout en paraissant sociable, artificieuse et dévouée à sa mère. Themis était un animal aimait et sournois à la fois, emprunt de cagotisme : elle qui connaît sa dupe et qui sait en jouir. L'albinos essuya sa bouche et croisa ses mains ensembles sur la table en souriant de bon cœur, sans ouvrir les yeux. A croire qu'elle passait sa vie yeux fermés avec un air bienheureux au visage.

"Je ne prendrai pas de dessert", affirma-t-elle en fixant sa mère avant de reprendre, tout de go, "Je t'emmène à Westboro Village dès que tu auras fini. Il y a un zoo là bas et j'y vais souvent....", elle rit, presque enfantin, comme si elle disait un secret à sa mère, "... après la fermeture"; elle frappant dans ses mains, "tu me diras quand tu seras prêtte."
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Lun 22 Aoû - 14:37


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Themis était pleine de mystères. Et, Jezabel était certaine qu'une simple éternité ne suffirait pas à percer l'énigme qui l'entourait. Cela étant, c'était un fait qu'elle appréciait chez la jeune fille. Elle était unique. Sans doute fut-ce cela qui poussa la mère à se pencher davantage sur son cas. Certes, elle n'avait pas eu de véritable réponse quant à son existence passée mais, il y avait eu dans son regard une familiarité qui l'avait ébranlé. Peut-être avait-elle simplement perçu l'animalité qui régnait en elle. Ou, peut-être que son âme l'avait choisi. Elle l'ignorait. Quoi qu'il en soit, Jezabel n'avait pas eu à réfléchir bien longtemps. Themis l'avait charmé, tant par son attitude que par sa silhouette d'un blanc virginal. Et, elle l'avait aimé dès le premier regard, comme si cela était évident, comme si elles étaient vouées à s'aimer. Elle l'avait senti au plus profond de son ventre; cette jeune fille était sa fille. Alors, lorsqu'elle lui conta les aspirations passées de ce Docteur Pretorius, Jezabel détourna son regard brillant et humide de peine. Themis avait beau vivre la chose facilement, du moins, l'expliquer avec un certain détachement, la rousse, elle, avait envie de hurler l'horreur qu'elle éprouvait. Comment pouvait-on infliger cela à un être vivant ? Elle n'aurait su le dire. Et, pourtant, elle ne put s'empêcher de songer, l'espace d'une seconde, qu'elle-même n'était pas un exemple de droiture. Il y avait de cela quelques jours, la Stryge, qu'elle était désormais, avait traité une parfaite inconnue comme un vulgaire morceau de viande. Alors, finalement, avait-elle une quelconque leçon à donner ? Probablement pas. Elle serra seulement la main de sa fille entre ses doigts, emmurée dans un mutisme, pourtant, lourd de sens.

- Moi aussi je t'aime, ma chérie, répondit-elle néanmoins.
Et, Dieu seul savait à quel point c'était le cas. Jezabel était une mère aimante, entièrement dévouée et infaillible. Elle était prête à déplacer des montagnes, elle était prête à tout accepter. La seule chose qui comptait, finalement, pour elle, n'était que le bonheur de cette jeune fille. Le sien passait au second plan, tout comme la totalité de son existence. Alors, ces quelques mots eurent le don de gonfler son cœur d'une joie sans nom. Cette tendresse déposait un peu de baume là où certaines blessures peinaient encore à cicatriser. Et, elle eut une pensée pour Eros. Leur dernière rencontre n'eut rien de doux. Ils se détruisaient. C'était indéniable, désormais. Il était son époux, le seul être qui parvenait à la saisir mais, elle ne trouvait plus qu'un vide immense en lui maintenant. Une larme vagabonde ruissela le long de sa pommette, avant qu'elle ne la chasse rapidement d'un revers de main maladroit. Ses dernières certitudes, comme ses uniques piliers s'effondraient. Il ne lui restait plus que Themis qui, elle, semblait vouloir être présente pour celle qu'elle nommait: mère.
- Dégueulasse, oui, répéta-t-elle sans grande conviction.
Jezabel porta une main à son abdomen, comme pour intimer à celui-ci de se taire. Jeune stryge, tout juste âgée d'une année, sa sensibilité au monde qui l'entourait était à fleur de peau. Mais, comme toujours, elle se fit violence et, termina son repas sans encombres.

- Au zoo ?
La rousse arqua un sourcil perplexe. Pourquoi souhaitait-elle l'emmener là-bas après la fermeture ? Elle l'ignorait. Quoi qu'il en soit, Jezabel n'était pas franchement rassurée par cette perspective. Se rendre au zoo une fois les portes closes relevait de l'effraction. Elle s'humecta les lèvres et, fronça légèrement les sourcils.
- Je ne suis pas certaine que...
Mais elle se tut. De toute son existence, Jezabel n'avait jamais fais un faux pas. Elle était restée dans les rangs, comme le lui avait appris sa génitrice autrefois. Peut-être pouvait-elle, cette fois seulement, lâcher un peu la bride. Peut-être avait-elle, finalement, le droit de vivre un instant sans se préoccuper du reste ? Cette incartade était moindre, elle en avait conscience. Mais, cela suffit à faire naître un frisson d'excitation le long de son échine. Elle hocha doucement la tête, les yeux plein de complicité et d'impatience.
- Très bien. Je te suis.
Et, sans attendre, la jeune femme se releva. De toute évidence, elle n'était pas suffisamment patiente pour prendre le temps de commander un dessert. Elle régla rapidement leur repas puis, tendit la main en direction de sa fille pour saisis la sienne.
- Montre-moi, souffla-t-elle simplement, prête à la suivre jusqu'au bout du monde s'il le fallait.


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