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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein

 :: Archives des rps

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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptyJeu 3 Déc - 22:15

Above my Cage

Shannon Locklainn & Märta Klein


Une goutte flotte dans l'atmosphère, et sa chute résonne dans la pièce. Un frisson lui glace le sang. Elle se recroqueville sur elle-même, ferme les yeux, plisse le front. Y a-t-il seulement d'autres choses à faire ? Attendre. Une attente interminable, qui semble durer une éternité.  Depuis combien de temps, depuis combien de jours est-elle enfermée ici ? Depuis quand contemple-t-elle ces quatre murs ? Le froid provenant des entrailles du béton serpente le long de sa colonne vertébrale. Elle pigne, alors qu'un gémissement s'étrangle dans son gosier. Où seraient-ce les larmes qui menacent de la noyer ? Sans nul doute. Leur flot ne fait que l'assaillir, depuis qu'elle se trouve ici. Elle ne parvient plus désormais à gérer son émotivité. L'a-t-elle déjà pu un jour, de toute façon ? Elle passe une main sur son visage. Sa colonne vertébrale hurle de douleur. Elle s'écartèle, s'étire, tente de trouver une autre position. Mais il est trop tard, le sol de cette cave l'a depuis longtemps détruite. Elle secoue la tête, fronce les sourcils, tente de chasser sa panique. Mais rien ne semble la détendre. Comment le pourrait-elle, ici ? Il n'y aucune fenêtre. Il n'y a aucune issue. Aucun bruit. Parfois, de l'eau qui frappe le béton. D'autres fois, le tintement de ses chaînes. Et dans les plus rares cas, des bruits de pas hérissent son être. Les témoins de la présence de ses geôliers. Et en particulier Märta. Ce Requin qui fait résonner ses talons sur le carrelage.

Shannon est ici depuis trop longtemps déjà. Ses songes ne semblent plus trouver de sens. Elle ne sait s'il fait jour, s'il fait nuit. Elle ne sait plus quelle heure il se fait. Elle ne sait plus ce qu'est la chaleur du soleil. Il n'y a que la quasi-obscurité, percée par un néon blanc, qui l'aveugle davantage qu'il ne la rassure. Elle se perd dans ce nouvel univers. Si, les premières heures, elle a tenté de trouver une issue, elle a rapidement compris qu'elle ne pourrait s'échapper. Les marques rougeâtres sur ses poignets ne sont que le rappel de ce fait, et dès qu'elle pose les yeux sur elles, Shannon serre les dents, alors que la blessure semble se raviver. Est-ce son simple regard qui ravive sa plaie ? Elle détaille la pièce, encore une fois, une énième fois. Il n'y a rien pour elle ici. Le néon clignote, hésitant à lui offrir une quelconque source lumineuse. Sur le sol, son dernier repas semble pourrir dans la pénombre. Elle n'y a pratiquement pas touché, comme toujours. Elle n'a plus faim. Elle hésite à se laisser mourir. Y a-t-il, dans cette vie, quelque chose pour laquelle elle pourrait lutter ? Elle n'en trouve guère, malgré ses pensées qui l'assaillent en permanence. Drôle de destin. Vouée, visiblement, à sombrer dans un trou noir béant. Elle s'y engouffre, sans regarder en arrière, mais ses instincts primaires la poussent à rester en vie. Mais pour combien de temps encore ? Quand laissera-t-elle définitivement tomber ? Cela ne saurait plus tarder.

Et tout ça pour quoi ? Elle en ignorerait presque les raisons de ces barreaux dorés. Il n'a fallu qu'une affaire de plus dans l'agenda de Madame Märta Klein. Une affaire de plus qui aurait pu la faire grimper aux cieux, préservant ainsi sa réputation d'impitoyable avocate. Quant à Shannon, il n'a fallu que quelques minutes, à écouter à sa porte, à entendre une conversation qui ne devait pas être entendue, et surtout pas par le témoin de l'accusé. Ainsi s'est-elle condamnée toute seule. Un coup sur son crâne avant le réveil, elle n'a rien pu faire. Avait-elle seulement les moyens de se défendre ? Non, bien sûr que non, il l'a prise par surprise, l'assommant dans son dos. Le coup restera une zone sensible, et ses cheveux sentent encore le sang cramoisi. Daniel Klein, le mari sournois, l'ombre de sa femme, où est-ce l'inverse, elle ne le sait pas. Shannon n'a vu que ses yeux posés sur elle, alors qu'elle découvrait sa nouvelle demeure. Elle se souvient de son rire, si bien que, parfois, il semble renaître à ses tympans, sans même que son propriétaire ne soit là. Elle ferme les yeux, un instant. Son crâne semble imploser, alors qu'une vive douleur se fait entendre le long de son épaule. Elle grimace. A-t-elle jusqu'à lors perdu tout sens de la souffrance pour ne rien avoir senti depuis son réveil, quelques dizaines de minutes plus tôt ? Elle baisse les yeux, s'entortille pour mieux observer l'origine de son mal. Deux marques profondes sont baignées de sang, son sang. L'information prend un temps considérable à cheminer jusqu'à son cerveau, alors qu'elle gémit de douleur.

« Mais qu'est ce que.. ? »

Elle n'ose pas y toucher, alors elle demeure immobile. L'empreinte recouverte n'est pas identifiable. Mais il est certain qu'elle n'en est pas la coupable. Aucun objet ici ne permettrait de se blesser accidentellement. Les Kleins. Quelques pas résonnent, et elle se recroqueville sur elle-même, lançant son regard vers le plafond, comme s'il pouvait lui donner leur exacte position. Shannon sent son être se désordonner lui-même. Son souffle se bloque. Les talons de Märta Klein résonne jusque dans ses tympans, l'assourdissant, alors qu'elle n'ose bouger pour plaquer ses mains sur ses oreilles. Ils s'éloignent, mais pas assez, et Shannon entend un verrou être débloqué. Son cœur se serre dans une panique incontrôlable, alors qu'elle recule contre le mur, comme un rat déjà piégé.

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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptyVen 4 Déc - 0:34


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Shannon Locklainn ✤ Märta Klein


❝ It’s in my blood and I stain every heart that I use to heal the pain. ❞



- Je serai là lundi.
Ses lippes déposèrent un baiser sur le recoin de ses lèvres. Elle esquissa un rictus à la fois las et pharisien. Se sentait-elle affligée par ce départ prolongé ? Pas le moins du monde. Elle ne pouvait décemment pas rechigner pour quelques jours de repos. Elle lui tendit son trench.
- A lundi, Daniel.
Ses bras vinrent épouser les courbes de sa silhouette. Elle papillonna des yeux. Ses muscles se bandèrent, son myocarde manqua un battement. Cette nouvelle proximité lui arracha un ricanement nerveux. Cependant, elle n'eut d'autre choix que d'enrouler ses bras autour de sa nuque.
- Tu vas me manquer.
Sa bouche s'accapara la sienne. Ses yeux s'écarquillèrent. Elle déglutit. Au loin, l'impatience d'un conducteur se fit entendre. Elle se racla la gorge et s'écarta rapidement du torse imposant de son époux.
- Le chauffeur est là. Ne le fais pas attendre.
Ils se sondèrent quelques minutes. Puis, il finit par saisir ses bagages.
- Je serai de retour en fin de journée.
Elle hocha simplement la tête. Silencieuse, elle l'accompagna jusqu'à l'entrée. A nouveau, quelques œillades s'échangèrent. Qu'avaient-ils à se dire ? Rien, bien entendu. Alors, elle haussa paresseusement les épaules.
- A bientôt, Märta.
Comme toujours, son prénom résonnait en une sinueuse promesse. Son épiderme se hérissa sous cette insidieuse évidence. Mais elle n'ajouta rien. Elle le suivit simplement du regard lorsqu'il passa enfin le seuil de leur demeure. Elle agita ses doigts, afin de le saluer une dernière fois. Et, sans attendre qu'il ne disparaisse définitivement, s'engouffra de nouveau au sein de l'habitation. Là, elle ne put s'empêcher d'inspirer profondément. Elle était seule. Un instant, elle remercia ce Dieu qu'elle implorait, désormais, depuis des siècles. Elle ne parvenait plus à épousseter les contours de sa propre cautèle. Pourtant, cela faisait des années qu'elle agissait de la sorte, sans même s'interroger davantage. Mais, comme beaucoup de choses en ce bas-monde ; elle se fanait. Elle ferma brièvement les paupières. Elle pouvait, pour la première fois, laisser tomber ce masque qui l'habillait quotidiennement. Et pour cause, ses traits esquissèrent une moue visiblement accablée. Elle étouffait, voilà la vérité. Il ne s'agissait pas uniquement de Daniel, mais de son existence. Elle était prisonnière d'une enveloppe qui ne s'effacerait jamais, d'une faim qui ne se tarirait jamais. Ses propres cellules l'empêchaient d'inspirer enfin cet air qui lui manquait tant. Elle s'emmurait au travers de son essence. Il n'y avait aucune échappatoire. Il n'y avait que l'obscurité, et ses corbeaux affligés.

Quelques fragrances vinrent chatouiller son flair. Elle apporta la cuillère de bois à ses lèvres. Ses papilles se dilatèrent en une osmose délicieuse. En plus d'être une avocate intraitable, Märta était une cuisinière confirmée. Elle lissa le tablier qui recouvrait une partie de sa jupe, puis tourna les yeux vers une porte close. Une pensée lui vint mais, elle se ravisa immédiatement. Daniel ne comprendrait pas un tel acte et, avant tout, ne lui pardonnerait pas cette insubordination. D'ailleurs, elle ne comprenait pas elle-même pour quelles raisons elle avait songer à cette absurdité. Peut-être la volonté de ne pas, pour une fois, suivre les règles ? Ou, parce qu'elle culpabilisait au souvenir de ce qui se déroulait sous ses pas ? Elle se pinça la lèvre. Shannon Locklainn. Elle ne l'avait qu'aperçu simplement. Et, à dire vrai, les seules choses dont elle avait eu vent étaient ; qu'elle avait assisté à une conversation compromettante et, qu'elle devait témoigner en sa défaveur lors d'un procès. Procès qui, devait donner un nouveau souffle à son impressionnante carrière. Pour ne pas changer, Daniel avait employé un moyen bien draconien pour lui venir en aide. Qu'allait-elle faire de cette jeune femme qui, présentement, se trouvait cloîtrée dans les catacombes de leur sous-sol ? Elle soupira lourdement. Pouvait-elle, ne serait-ce que pour cette nuit, lui offrir un meilleur traitement ? Après tout, son époux n'était pas là. Elle releva ses yeux clairs vers le plafond. De toute évidence, elle n'avait que cela à lui concéder pour le moment. Ses talons résonnèrent alors dans la cuisine, lorsqu'elle s'approcha de la malheureuse cloison qui séparait la captive d'une liberté provisoire. Le tintement du métal au sein du verrou se fit entendre et, bientôt, Märta descendit prudemment les quelques marches qui la conduisaient à la cave. S'immobilisant à mi-chemin, l'avocate se racla la gorge pour signaler sa présence.
- Mademoiselle Locklainn ?
A dire vrai, elle se sentait horriblement stupide. Mais, son visage s'était revêtu de son éternel moulage suffisant. Ses bras se croisèrent au devant de son abdomen.
- Mademoiselle Locklainn, insista-t-elle.
Elle combla la distance qui régnait encore entre elles. Là, elle perçut non sans mal l'état déployable dans lequel se murait celle-ci. Sa mâchoire se crispa imperceptiblement, tandis qu'elle libérait précautionneusement ses poignets marqués.
- Suivez-moi, intima-t-elle, je crois qu'une douche ainsi qu'un bon repas ne vous feraient pas de mal.



Dernière édition par Märta Klein le Sam 5 Déc - 22:56, édité 1 fois
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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptyVen 4 Déc - 22:47

Above my Cage

Shannon Locklainn & Märta Klein


Son nom retentit et fait écho dans la pièce, lui arrachant une grimace sèche. Ses pas approchent, martyrisant ses tympans à chaque nouvel impact. Shannon penche la tête sur le côté, grinçant des dents. Le silence est devenu son ami le plus charnel, et la marâtre l'arrache violemment d'elle. La prisonnière fronce les sourcils, alors que la lumière provenant de l'extérieur luit comme un diamant dans une vitrine trop transparente, si bien qu'elle a l'impression qu'elle pourrait le toucher. Mais il n'est là que tendre mirage, scintillant comme les écailles qui cachent le serpent. Elle cligne des yeux, éblouie, mitigée entre l'espoir et la nostalgie. Elle ferait tout pour retourner là-haut. Mais elle sait que, même si elle trouve le moyen de se détacher, elle n'a plus la force de monter les escaliers, de pousser la propriétaire des lieux, et de courir jusqu'à chez elle. Oh, elle n'est pas dupe. A se laisser s'effondrer, elle n'est plus capable de se retrouver. Elle ne saisit pas immédiatement que Märta Klein l'a bien interpellée. Elle ne comprend pas comment elle peut se souvenir de son nom. N'est-elle pas, à ses yeux, qu'une condamnée ? La pénombre ne l'a-t-elle pas déjà entièrement recouverte, elle et son existence ? Visiblement, non. La Dame se souvient bel et bien de sa présence, de celle qu'elle est. Malheureusement pour elle, Shannon doute de sa propre personne. Qui est-elle, et que fait-elle ici, des questions trop longtemps rester en suspens pour qu'elle puisse se reconnaître. La déformation de son corps et de son âme n'ont qu'été trop éprouvantes, et trop profondes. Elle ne sait plus réellement si elle rêve, ou si elle a bien les yeux ouverts sur la réalité. Elle ne sait plus si elle est véritablement destinée à tout ceci. Elle ne sait plus non plus si sa vie a un quelconque sens. Que sait-elle, finalement ? Seulement où elle se trouve. Seulement les raisons de sa prison. Seulement la terreur et le désespoir. Elle avale sa salive. Qui est-elle ? Et un râle plaintif lui égosille l’œsophage.

Un second appel la sort de sa torpeur, la surprenant, alors que son regard cherche et trouve enfin l'origine de toute cette agitation. La Grande Märta Klein se tient désormais devant elle. Elle ne lui avait pas manqué. Son regard de marbre non plus. Est-elle revenue ici afin de la faire plonger un peu plus ? Elle l'ignore. Mais elle ne lui a jamais réellement adressé la parole. Quelques fois, tout au plus, lui intimant de manger, ou de mourir, peu lui importait. Charmant dialogue qui n'a que ravivé sa haine pour cette femme. Shannon ne l'aurait peut-être pas tant détestée, si ce dernier événement n'était pas advenu. Lorsqu'elle l'a rencontrée, pour le procès de son référent, elle se souvient même avoir avalé sa salive de travers. Märta est sans doute l'une des femmes les plus magnifiques qu'elle n'a jamais rencontrée. Son charme, son élégance, sa carrure, son charisme, tout en un seul être, et Shannon ne peut lui ôter cela. La seule petite chose qu'il lui manque ? Peut-être une expression plus douce, sur son visage si dur et terne. Shannon était, et est toujours, impressionnée. Elle ne peut qu'être la soumise face à la dominatrice. Il n'y a pas d'autre choix. Ce qui a poussé Klein à devenir ainsi ? L'étudiante ne le sait pas, et ne le saura probablement jamais. Et même si sa colère contre cet être demeure gigantesque, elle ne peut lui ôter le bénéfice du doute. Est-ce parce qu'elle a été heurtée ? Est-ce à cause de son passé ? Rien, néanmoins, ne justifie un tel comportement, un tel acte. Le kidnapping. Qui en viendrait à là, par erreurs, tristesses, déceptions, deuils ou damnation du passé ? Peu, et pourtant, ce Requin Blanc en fait partie. Et Shannon, face à elle, n'est qu'un petit poisson loin de ses congénères, seul en plein océan, sans une ombre pour se cacher. Le soleil, même, semble l'éclairer, pour bien signaler sa position au carnassier. Qu'a-t-elle fait pour mériter de croiser la route de cette personne ?

Alors que Klein s'approche, Shannon a pour réflexe de se recroqueviller sur elle-même, contre ce mur où elle aimerait se fondre. Elle ferme les yeux, presse ses paupières, serre les dents, en priant pour que cela passe vite. Et pourtant, c'est un bruit de clé qui pointe le bout de son nez. Un poignet se libère, enfin, alors que l'étudiante sent une certaine satisfaction douloureuse lui émaner de l'os. Elle écarquille les yeux, et se détend sur le champ. Du moins, une seule petite minute, temps pour elle d'observer la Dame. Elle ne l'a jamais vue de si près. Elle ne l'a jamais détaillée, avant. Et, tout à coup, Shannon est tiraillée entre deux émotions. D'une part, elle la hait, et elle en a terriblement peur. De l'autre, elle a soudain envie d'en savoir plus, d'apprendre qui elle est, qui elle était, et qui elle souhaite être. Maudit esprit. Lorsque ses deux mains se retrouvent enfin libres, son premier réflexe est d'en toucher la peau, comme si elle redécouvre son propre corps. Deux mots résonnent soudain dans sa caboche délurée, et elle relève les yeux, éberluée. Vient-elle bien de dire « douche » et « repas » dans une phrase qui lui est destinée ? Impossible, elle a du mal entendre. Alors elle secoue la tête, comme si elle remettait ses idées en place.

« Que... Quoi.. ? »

Elle ferme un instant les paupières, fronçant les sourcils. Elle avale sa salive, mais sa gorge n'en est pas moins sèche. Dans un élan qu'elle ne pensait plus avoir, elle pose une main sur le mur glacé, et ignore les fourmillements craintifs de sa paume. Puis, elle s'y appuie, se hisse sur ses deux pieds. Coton. Elle penche, et se replie lourdement contre le mur, dans un gémissement étouffé. Elle ferme les yeux, encore, alors que dans sa tête cogne l'enclume.

« Je... Je délire. »

Elle en est convaincue.

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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptySam 5 Déc - 21:11


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Shannon Locklainn ✤ Märta Klein


❝ It’s in my blood and I stain every heart that I use to heal the pain. ❞



Il y avait cette marque familière sur son bras. Cette trace qui, témoignait une fois de plus, des frasques incessantes de son époux. Elle en soupira discrètement. Son cœur se serra dans sa cage-thoracique. Elle n'avait pas souhaité cela. Et, quand bien même cette jeune femme avait obtenu, de manière involontaire, quelques renseignements illicites à son sujet ; personne ne méritait un tel sort. Son visage se tendit davantage. Qu'allait-il advenir de celle-ci ? Elle l'ignorait. Elle avait beau connaître les recoins sinueux de l'homme qui partageait ses heures, elle se surprenait, encore, à lui découvrir quelques facettes nébuleuses. Sa vie n'avait, décidément, plus aucun sens. Cette évidence n'était pas nouvelle. Seulement, elle ne pouvait s'empêcher d'en ouvrir grand ses mirettes chaque fois qu'elle y songeait. Qu'avait-elle fais au Bon Dieu pour qu'Il lui inflige de tels géhennes ? Une fois de plus, elle n'en avait pas la moindre idée. Son existence lui glissait indéniablement entre les doigts. Et, bien qu'elle essayait encore de la saisir avec ferveur, celle-ci s'évertuait inexorablement à se dissoudre comme les expirations d'un souffle lors d'une froide soirée d'hiver. Elle n'était plus maîtresse de ses volontés. L'avait-elle, cela dit, déjà été par le passé ? Rien était moins sûr. Il lui semblait qu'elle n'avait cessé de courir après quelques chimères sans en harponner une seule. Elle n'était, ni plus ni moins, qu'une vulgaire spectatrice. Là, sottement immobile sur le rebord de la chaussée, elle ne faisait qu'observer les minutes folâtres qui, cheminaient  avec vélocité. Dans sa léthargie probante, Märta reconnaissait, pourtant, les flux de sa destinée. Mais elle ne pouvait nier l'axiome : elle était impuissante. Il n'y avait que le Ciel pour manier ses articulations défaillantes. Elle, elle en subissait simplement ses assauts. Il y aurait-il un sursaut de rédemption pour son âme en perdition ? Elle l'espérait. Cependant, Daniel s'acharnait à briser de sa poigne implacable  les moindres lueurs d'espérances à l'horizon. Échapperait-elle, un beau jour, à l'emprise despotique de ce dernier ? Là encore, le doute continuait de se déverser ; perfide et chancelant. Il n'y a pas de repos pour les méchants, disait-on. Sans doute, il y en aurait-il jamais pour elle. Était-elle aussi pernicieuse que cela ? Elle ne le savait plus. A dire vrai, elle était sa propre étrangère. Elle n'avait jamais perçu son chemin. Elle nageait en eaux troubles.

- Vous m'avez très bien comprise, renchérit-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait souhaité.
Elle papillonna des yeux, s'efforçant d'inspirer profondément. Pourquoi agissait-elle avec autant d'austérité ? Elle n'aurait su disserter là-dessus. Ce masque de suffisance lui collait à l'épiderme, comme un parasite que l'on ne parviendrait pas à déterrer. Du plus loin qu'elle se souvenait, Märta ne s'était jamais comportée d'une quelconque autre manière. Sans doute était-ce un procédé qui, finalement, lui permettait de se recroqueviller au sein-même de ses entrailles. Après tout ce qu'elle avait essuyé, probablement essayait-elle de préserver le peu de dignité qui lui restait. Sans cela, elle était quasi-certaine de se briser sur le sol en une nuage de cristaux acérés. Dans un réflexe qu'elle ne se concevait pas, Märta vint déposer sa paume contre la coracoïde de la jeune femme afin de pallier sa torsion.
- Retenez-vous, murmura-t-elle avec une évidente maladresse.
Elle fit quelques pas vers l'arrière. Elle avait quelques difficultés à maintenir une certaine proximité avec autrui. Le coudoiement avait, pour habitude, de créer une gêne palpable chez elle. Les seuls rapprochements qu'elle s'autorisait – entre guillemets – n'étaient réservés qu'à son époux. Elle passa une main hésitante dans sa chevelure relâchée et croisa de nouveau les bras au devant de son abdomen.
- Suivez-moi, répéta-t-elle alors.
Märta soutint un bref instant le regard de sa captive. Elle avait beau être une oratrice hors paire, s'exprimer avec une aisance remarquable lorsqu'il s'agissait de ses affaires, elle était, en revanche, relativement gauche quand elle devait s'adresser plus intimement à quelqu'un. Par cette œillade insistante, elle espérait démontrer toute son honnêteté – pouvant être largement remise en cause au vu de la situation –. Elle patienta une poignée de secondes puis, prit retraite en direction des escaliers. Fort heureusement, la jeune femme se décida à la talonner d'une démarche peu assurée. Märta gonfla ses poumons d'oxygène. Sa coopération ravivait un brasier depuis longtemps occulté.
- Je vais vous conduire jusqu'à la salle de bain, expliqua-t-elle.

Après quelques minutes cotonneuses, elles regagnèrent enfin la dite pièce. La propriétaire des lieux s'empressa de préparer quelques effets à son égard ; produits, serviettes, ainsi qu'une tenue digne de ce nom.
- Je serai à côté si jamais vous..., commença-t-elle.
Mais elle secoua sa petite caboche, cherchant sans doute à balayer cette déroutante sympathie.
- Prévenez-moi une fois chose faite. Il faudra soigner cette blessure.
Puis, sans attendre une quelconque réponse, elle s'échappa. Märta s'engouffra alors dans la chambre avoisinante. Elle croisa son reflet à travers l'énorme psyché qui trônait majestueusement au centre du mur. Que faisait-elle ? Là était toute la question.



Dernière édition par Märta Klein le Sam 5 Déc - 22:57, édité 1 fois
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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptySam 5 Déc - 22:30

Above my Cage

Shannon Locklainn & Märta Klein


Sa peau semble brûlante, par rapport à la sienne. Est-ce pour cela qu'elle frissonne ? Ou est-ce par peur ? Elle ne le sait pas. Nul ne le sait. Un geste qu'elle ne pensait pas possible. Klein, capable d'une telle chose ? Elle en a douté, pendant un long moment. Et malgré toutes la véhémence qu'elle aurait pu éprouver pour elle, elle ne lui est plus que redevable. Etrange, n'est-ce pas, comme l'âme peut être déroutée par une poignée de secondes. La sienne fait naufrage. Toutes ses cellules se tétanisent, alors qu'une légère oppression lui brise l'échine. Doit-elle réellement espérer ces quelques promesses que sa geôlière lui glisse ? Ou est-elle, une fois de plus, d'une naïveté sans nom ? Il lui faut au moins prendre le risque d'essayer. Et puis, que pourrait-il lui arriver de pire ? Mourir ? Une libération parmi tant d'autres, aux yeux de l'étudiante désespérée. Se retenir, c'est ce qu'elle tente désormais. Elle aurait très bien pu rire face à cet ordre. Comment peut-on encore lui ordonner quoi que ce soit ? Comment peut-on croire qu'elle a assez de force pour tout cela ? Klein ne voit-elle pas de ses yeux de chat que sa prisonnière est au bord du vide ? Peut-être pas. Elle doit être totalement indifférente. Du moins, c'est ce qu'elle paraît être, et Shannon ne prend pas le temps d'y réfléchir davantage. A quoi bon approfondir, alors que la carapace est trop épaisse pour y faire une quelconque encoche ? A quoi bon user encore de ses forces pour un fait si minime, et qui ne changera rie à cette situation ? Elle ne découvrirait que la noirceur, que les ténèbres de cette femme, avant de trouver sa lumière, si elle existe, quelque part. La lumière, oui, elle s'y dirige, en boitant à moitié. Elle tient son bras d'une main, pour ne pas que la plaie ne s'écartèle. Et alors qu'elle approche enfin de l'issue, elle a l'impression qu'elle va soudainement s'écrouler, dévaler les marches déjà gravies, et sombrer définitivement. Elle est aveugle. Elle est sourde. Sa tête tourne soudain, alors qu'elle s'accroche comme elle le peut, maladroitement, sans vraiment savoir où. Elle a l'impression que cet escalier n'a pas de fin. Pourtant, lorsqu'elle bat des cils, elle voit la salle de bain.

Ou du moins, seulement la baignoire gigantesque dont elle ferait l'éloge. Elle n'a soudain d'yeux que pour elle, comme un amoureux n'aurait d'yeux que pour sa muse. Elle n'entend qu'à moitié ce que lui confie Märta. Elle se retrouve simplement enfermée ici. Enfin, non, pas enfermée, car aucun verrou ne s'y trouve. Pourquoi ? Mystère. Mais elle ne capte plus le train que forme ses interrogations. Elle halète, alors qu'elle ôte ses vêtements, regardant toujours derrière elle, comme si son hôte viendrait la poignarder dans le dos. Mais rien, seulement le silence. Elle admire un moment quelques bleus répartis sur ses jambes, témoins d'un petit séjour au sein d'un cachot trop solide. Elle soupire, alors qu'elle ôte tranquillement les quelques couches de vêtements qu'elle porte encore. Elle grimace lorsque sa blessure pousse un hurlement strident au sein de ses côtes. Elle sent les larmes monter à ses yeux, alors qu'elle ferme les paupières pour éviter le pire. Premier réflexe : elle regarde de plus près le sang qui a finalement terminé sa descente. Il entame sa cicatrisation, durcissant autour de sa plaie, alors qu'un liquide purulent semble déjà semé la panique dans ses cellules. Puis, elle relève les yeux, et croise son propre reflet. Prise de conscience. De longues cernes ternissent son visage, tout comme son maquillage, datant de plusieurs semaines, mais ayant laissé des marques noires qui semblent tatouées sur ses joues. Ses yeux, rouges comme le liquide qui la constitue, semblent vides de sens, comme absents, assoupis sous un voile blanc. Ses cheveux, n'ayant plus de réelle forme, ni de réelle splendeur, ses fils d'or sont devenus paille décharnée. Elle a perdu assez de poids pour qu'elle puisse voir la différence. Le régime Klein est décidément trop efficace. Elle tente de sourire, mais son visage ne répond pas, il demeure ainsi, comme si cette action même a été oubliée. Ses mâchoires se serrent, et elle se dévisage elle-même pour éviter aux larmes de couler. Elle avale sa salive, et lorsqu'elle se glisse enfin sous l'eau brûlante, son corps semble imploser. Tiraillée entre le soulagement, le bien-être et la déchéance, elle s'applique tous les produits qu'elle trouve, sans même prendre le temps de regarder à quoi ils peuvent servir, ni à qui ils sont. L'eau coule le long de son épiderme, la berçant comme autrefois près de la rivière. Est-ce là le tintement de la fin ? Ses larmes finissent par venir d'elles-mêmes, recouvrant une fois de plus sa beauté fragile. Ses sanglots naissent au cœur de sa poitrine, alors qu'elle convulse presque. Qui est-elle devenue ? Que deviendra-t-elle ? Que va-t-il lui arriver ? Que lui est-il arrivé ?

Elle enroule autour d'elle une serviette. Elle sèche ses larmes, elle sèche son corps, évite soigneusement sa plaie. Elle n'ose plus fixer son reflet. Alors que quelques gouttes virevoltent encore de ses cheveux, elle ouvre la porte et appelle son hôte d'un murmure. Elle avale sa salive et baisse les yeux. Où est-elle finalement partie ? Son âme s'est-elle définitivement enterrée ? Elle en doute. Alors elle force sur ses poumons, un peu plus.

« Madame.. Klein.. ? »

Lorsqu'elle entend enfin l'imminence de son apparition, elle baisse les yeux, et n'ose plus réellement la regarder. Les dégâts sont-ils plus visibles en pleine lumière ? Certainement, et alors même qu'elle n'en est pas la source, ni même la cause, elle en a honte.

« Je... Il faut que vous... m'aidiez, pour... Enfin, pour la plaie... Il faut que la nettoie, et que... je la vois. »

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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptyLun 11 Jan - 14:44


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Shannon Locklainn ✤ Märta Klein


❝ It’s in my blood and I stain every heart that I use to heal the pain. ❞



Le psyché ne cessait de lui renvoyer son image ; subtil leitmotiv qui lui rappelait la bassesse de son entreprise. Quelques fois, par ailleurs, elle se surprenait à fustiger cette image familière qui s'y animait au rythme de ses inspirations. Force était-elle contrainte de l'admettre : toute cette mascarade n'avait définitivement aucun sens. Elle aurait pourtant souhaité justifier cet agissement ou, tout du moins, s'en expier. Mais en vain. Il n'y avait pas de finalité à ce dessein. Elle passa une main chevrotante sur son visage déconfit. Son existence n'était plus qu'un simulacre dans lequel elle s'immergeait consciencieusement. Elle papillonna des cils. Elle ne voulait plus soutenir le pathétique miroir de ses heures déliquescentes. Alors, elle tourna le dos à cette porte miroitante qui, ne faisait que lui rappeler qu'elle n'était qu'une ombre de plus sur la toile titanesque de l'univers. Ses doigts vinrent s'épouser, s'entrelacer en un nœud de vipères complexe et douloureux. Seule, bercée par les aléas sinueux du silence, elle attendait. Il lui semblait que cette attente n'était qu'une entaille supplémentaire à ses mutilations nébuleuses. Pour quelles raisons s'impatientait-elle par cette seconde entrevue ? Là était toute la question. Mais elle ne parvenait plus à assimiler cette exaltation  trépidante. Ce fut qu'à l'instant où elle perçut le mécanisme entêtant dont elle faisait preuve que ses alvéoles marquèrent un temps d'arrêt. Dans sa tourmente, Märta tournait inlassablement l'alliance qui signait son allégeance. Daniel. Le visage crapuleux de son époux lui revint alors en mémoire. Que faisait-elle ? Elle courrait à sa perte. Ce n'était plus une élucubration de son esprit. Non, c'était bel et bien la réalité. Elle n'avait pourtant pas réellement dépassé de limites critiques mais, elle savait pertinemment que cela suffirait à déclencher une bombe indomptable. Elle ferma ses paupières, s'efforça d'inhaler les fragrances parfumées qui s'échappaient une-à-une de la salle de bain. Daniel. Elle secoua, pour la énième fois, sa petite tête blonde. Il n'était pas là. Le risque, lui, n'était pour le moment qu'une idée vaporeuse. Ses phalanges vinrent masser sa nuque dégagée. Vivre sans danger n'était pas vivre ; voilà ce qu'elle s'évertuait à ressasser jusqu'à la nausée. Au loin, elle décelait l'écoulement paisible de l'eau. Shannon. Au moins, cette dernière éprouvait quelques secondes de répit. Si, vraiment, l'on pouvait nommer cela ainsi.

- Madame... Klein ?...
Le timbre suave de la jeune femme lui arracha un hoquet de stupéfaction. Un peu plus, et Märta aurait oublié sa propre insubordination. Elle s'efforça d'avaler sa salive malgré la corde qu'elle sentait se resserrer inexorablement autour de sa gorge. D'une démarche – qui se voulait assurée –, elle retrouva les prunelles éplorées de son invitée forcée. Réduite au silence, elle ne put que contempler les quelques perles encore brûlantes qui s'évaporaient mesquinement sur sa peau d'albâtre. Elle s'humecta les lèvres.
- Bien, articula-t-elle péniblement, voyons cela.
Bien que la blessure fut plus propre, les chairs écartelées en étaient pas moins repoussantes. D'ailleurs, Märta eut quelques difficultés à ne pas grimacer. Elle qui, pourtant, connaissait les aspérités des corps en décomposition, ne parvenait toujours pas à affronter les particules d'hémoglobine et de viande démantelée. L'espace d'une fraction de seconde, elle ne put que détourner pudiquement les yeux.
- Est-ce que... avez-vous mal ? Je veux dire...
Mais elle n'était pas médecin et, avant toute chose, totalement étrangère au commodités humaines. Ainsi, elle se contenta de noyer un coton de produit, afin de l'appliquer précautionneusement sur la blessure encore purulente.
- Je ne suis pas médecin, annonça-t-elle, mais je crois que vous auriez besoin de points.
La réalité ? Elle ignorait quoi dire à cette pauvre femme qu'elle avait condamné sans réellement le vouloir. Ses prunelles rencontrèrent une énième fois les siennes. Elle aurait aimé ajouter quelque chose, même n'importe quoi. Mais, cela faisait désormais trop d'années qu'elle ne s'était pas frottée à autrui. Un rictus à la fois maladroit et imperceptiblement doux se forgea sur ses joues creuses. Puis, elle s'empressa de reporter toute son attention sur ce qu'elle entreprenait.
- Je suis désolée pour cela, déclara-t-elle sèchement.
Désolée ? Oui, elle l'était. Märta haussa légèrement ses épaules. Ses phalanges vinrent effleurer l'épiderme au dessus de la morsure. Elle se racla nerveusement la gorge.
- Je suis désolée, chuchota-t-elle, cette fois.

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(-18) Above my Cage | ft. Märta Klein EmptyJeu 14 Jan - 22:50

Above my Cage

Shannon Locklainn & Märta Klein


Un fin voile de soie s'abat sur son épaule. Un instant, sa chair frissonne. Est-ce l'ange qui réagit face au démon ? Elle l'ignore. Shannon ne sait plus réellement où ses pas se perdent. Cela fait quelques années déjà, ou même bien plus encore, que ses chimères se sont mêlées à ses songes, les enlaçant, les embrassant, les dévorant. Elles s'attaquent à sa moelle épinière, et elles courent sur sa colonne vertébrale. Son cerveau les distingue et s'en régale comme le plus merveilleux des présents, un rêve trop miraculé pour le laisser s'échapper de son emprise. Son contact influence-t-il la peur, l'angoisse, l'inquiétude ? Ou est-ce bien plus profond, bien plus venimeux, bien plus féroce, bien plus tortueux ? Le monstre se tapirait-il dans l'ombre de ses propres ténèbres ? Attendrait-il l'inattention pour chevaucher ses pires démons ? A n'en pas douter, oui. Mais Shannon est aveugle et sourde dans un monde qui demande vue et ouïe. Elle n'est plus qu'un fantôme errant, charmant esprit frappeur qui espère sentir un quelconque contact. Le néant total d'affection autour d'elle la fait certainement réagir plus qu'elle ne le devrait. Où est-ce là une simple explication à l'inexplicable, l'irréparable, l'impardonnable ? Elle ne le sait pas, elle ne sait plus. Y a-t-il seulement un instant où elle a su ? Ses yeux s'effondrent sous ses paupières, et elle sombre un moment dans sa torpeur. Fuir serait la solution idéale, mais Shannon ne peut emprunter cette voie. Il n'y a nulle autre issue que la finalité de cette cage dorée, cette cage nommée Märta.

Un requin, l'a-t-elle appelée ? Elle en ignore tout, désormais. Ses gestes quelques peu malhabiles se pressent doucettement contre sa blessure. Elle tremble, dernière feuille morte s'accrochant encore à la vie comme à l'arbre qui la lui a donnée. Märta. Lionne à la crinière flamboyante qui la dévore sans même la toucher. Son seul regard la transperce, elle, petit poisson aux écailles transparentes, et le prédateur admire ses entrailles avec avidité. Märta. Est-elle le carnassier ou la rémora qui s'y est déposée ? Est-elle le Diable ou le serviteur qui lui obéit ? Shannon se conforte dans une idée, puis dans une autre, fonce tout droit, fait volte-face, court paupières closes, recule yeux écarquillés. Ronde criarde, cercle silencieux, elle jauge un instant ses lèvres entrouvertes. Elle imagine l'oxygène qu'elle assimile. Elle se noie dans l'atmosphère pour découvrir son âme. Mais lorsque son regard croise le sien, il fuit, il s'enfuit. Elle détourne le visage, si vivement, si rapidement qu'une longue douleur s'insinue dans ses tissus, parcourant l'entièreté de son bras. Une grimace ternit ses traits, sous les jougs de ses excuses platoniques. Ou est-ce seulement la façade qu'elle désire en faire ? Peut-être, peut-être pas. Mais le ton qu'elle emploie se veut distant et lointain, une fragrance enchanteresse, au-delà de l'horizon, appelant de sa caresse, filant jusqu'à perdition. Mouvements un peu brouillons, Märta glisse le long de sa blessure pour n'en laisser qu'un froid glacial. Aspirant l'air nécessaire à la guérison, la plaie demeure laide, autant que la pauvre enfant qu'elle est. Dans son propre regard, Shannon revoit la fillette de neuf ans, contemplant, dans le sang, la silhouette de ses parents. Elle revoit, ressent, revit l'horreur d'autrefois, comme l'innocente qu'elle était et qu'elle sera toujours. Alors le lourd poids de la tristesse chute sur son dos endoloris, et elle plie face à lui, s'agenouille sans un bruit. Elle avale sa salive en baissant les yeux. Klein a-t-elle simplement aperçu ce qu'il se trame dans ses veines ?

« J.. Je... Merci... »

La douleur l'asphyxie et sa poigne s'accentue autour du seul morceau de tissu qui l'habille encore. Peut-elle s'avouer vaincue ? Est-ce le triomphe qu'est venu chercher sa geôlière ? Elle en doute. Mais pas assez pour ignorer cette possibilité.

« Si... Enfin, je... Je dois... Je vais... Juste... Me.. Me changer.. »


Elle n'ose même la regarder. Seule son oreille est bientôt témoin de son départ, et ses talons s'éloignent dans le couloir. Shannon est seule, comme depuis toujours. Elle l'a toujours été. Qui, dans ce cas, pourrait avoir remarqué son absence, sa soudaine disparition ? Aucun, personne, sauf elle-même. Et là, figée face à elle-même, elle se rend soudainement compte de l'évidence, et une larme coule le long de sa joue. Quelques minutes passent, et d'autres défilent. La plaie disparaît sous un bandage fait maison. Il lui faudra davantage de soin, mais nullement en prison. Elle grimace, gémit, grommelle, lasse. Puis, le rouge fait place au noir. L'hôte des lieux a certainement bien étudié sa victime, au point d'en deviner ce qu'elle pourra porter. Pourquoi la mettre en valeur, pourquoi lui faire ce plaisir ? Shannon l'ignore, mais elle plonge sans un seul regard en arrière. A quoi bon, maintenant ? Pourquoi faire encore semblant de se battre pour une cause qui paraît perdue ? Elle sèche ses longs cheveux et se surprend à sourire lorsqu'elle sent leur odeur raffinée. Elle s'octroie le droit de maquiller son visage cerné pour ne pas enlaidir sa tenue. Elle s'étonne même, à la fin, de s'admirer. Depuis combien de temps ne l'a-t-elle pas fait ? S'admirer. Se voir. Le miroir n'était jusque là qu'un reflet sans importance. Aujourd'hui, soudainement, il en a.

Et, en avalant sa salive, elle enfile la paire de chaussures que lui a préparé Märta Klein. Elle sait, en suivant les méandres du couloir, que celle-ci l'entend arriver, doucement, prudemment. Elle sait que, lorsqu'elle dépassera la dernière limite qui la sépare de son regard, celle-ci la fixera déjà, sans broncher, de ce visage toujours lointain, toujours éteint. Alors, elle entame ce pas. Elle apparaît. Elle fait face. Elle se pince la lèvre, naturellement, et joint ses mains devant elle, voûtant légèrement la tête vers l'avant, baissant les yeux, victime devant son bourreau.

« Je... J'ai fait de mon mieux.. »

Pourquoi se justifie-t-elle ? Question qui ne trouve guère de réponse. Mais une autre, plus mystérieuse, plus dangereuse encore, subsiste ; pourquoi s'inquiète-t-elle, à ce moment précis, de ce qu'en pense Märta ?


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