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dante & mara ▽ The one hundred twenty days.

 :: Somerset street :: Racine & Gauthier Funeral Home.
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Messages : 758 Je suis arrivé(e) le : 08/06/2016 Sous les traits de : Jena Malone Je me dédouble : Caroline L. Bloch Pseudo : Melkin Crédits : Ava © MOOMINS | Sign © WIISE Points : 6364 Couleurs RP : #AD28B2 I am gonna break your heart an get away with murder.

J'ai : 44 ans Age d'apparence : 32 ans Je travaille comme : assistante funéraire Actuellement, je suis : célibâtarde sentimentalement inhibée Niveau social : I'm a rich bitch, I'm the upper class ♫

Merry darling, you're my best friend
I've been doing bad things
That you don't know about
Stealing your stuff now and then
Nothing you'd miss but
It means the world to me.




Girl, you'll be a woman soon,
Please, come take my hand
Girl, you'll be a woman soon,
Soon, you'll need a woman.




If you leave me now
You'll take away the biggest part of me
Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
And if you leave me now
You'll take away the very heart of me
Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
Oh, oh, oh, oh, girl, I just want you to stay.




There's something inside you
It's hard to explain
They're talking about you boy
But you're still the same.




Oh no, not me
I never lost control
Who knows ? not me
We never lost control
You're face to face
With The Man Who Sold The World.
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Mer 31 Aoû - 19:41

The one hundred twenty days.
"I could have buried all my dead up in her cemetery head but I knew it was a horrid tragedy. Ways to make the tiny satisfaction disappear. Blow out the candles on all my frankensteins. At least my death wish will come true."

Cliff Martinez - Are we having a party ▽ Pour tes funérailles notre ami, nous voulons tous ensemble, ta famille, tes amis ainsi que tes collègues de travail te dire au revoir et adieu, à Dieu. La mort t’a apporté pour ton dernier grand voyage. Et tous ces mots un peu creux, un peu vides de sens car il n'y avait personne pour les écouter ou même y répondre.  N'oubliez personne, surtout ; citez bien tous ceux qui se moquent bien que Mr. Warren soit six pieds sous terre, dévoré par la vermine. Citez-les biens, tous ces chacals,c es vautours et ses dindes venus pour son héritages ou pour se délecter de la souffrante ceux qui qu'ils n'aiment pas mais doivent croiser à cet enterrement. C'est elle-même qui a organisé cette mascarade, comme toutes les précédentes, sans ciller. Notre peine est immense. Le décès d’un être proche est une vraie douleur au cœur et à l’âme. Mara cille un instant, les mains jointes sur sur son giron avec l'air d'un vampire attendant son moment. La douleur est toujours à ceux qui restent. Elle en voit tous les jours, des familles éplorées, des larmes véritables sur des joues creusées par la peine. Elle entend si souvent ces mots-là, qu'elle n'y croit plus et ces eulogies sans fin la rendent amère sans qu'elle sache pourquoi.

Elle est assise là, entre la tante Virginia et le cousin Herbert, le regard vide et froid comme une statue frigide vêtue de gris souris. Elle est assise là et elle ressent en surface cette peine, cette crainte, ce soulagement qui ne lui appartiennent pas mais que l'assistance lui impose. Quel meilleur métier pour un Stryge que celui qui consiste à organiser des enterrements et des veillées funèbres ? Tu étais pour nous un modèle de vie... un exemple à suivre. Ta mort est pour nous une leçon de vie. Bullshit. Elle s'impatiente comme un grand oiseau à la patte encore attachée mais ne dit rien, balayant le groupe devant elle d'un air las. Combien de phrases vides de sens allaient-ils encore sécher dans leurs gorges humides pour que cela semble acceptable ? La tristesse de tes enfants témoigne que tu étais le meilleur des pères, le meilleur des papas. Parlons-nous du vieux Warren, qui battait visiblement sa femme et ses enfants ? La mort écourte la mémoire des gens. Cette cérémonie la dégoûte, surtout car elle en est la maîtresse, silencieuse et hiératique. Ils parlent mais elle n'écoute déjà plus, se retenant de regarder sa montre alors qu'elle perçoit au loin une attention particulière. Mara détourna un instant les yeux du mélodrame ambiant et remarqua un home au loin, qui observait la cérémonie qui se déroulait à l'extérieur du funérarium.

"Miss Danvers ?"
, entendit finalement l'intéressée en regardant en face d'elle, le fils de Mr. Warren, "nous avons pensé que vous voudriez dire un mot pour finir, comme il vous appréciait."

Une idée merveilleuse. Warren avait été l’associé de monsieur Gauthier pendant lus de vingt ans ; elle l'avait connu de vue et le gros bonhomme rondouillard et bon vivant l'avait toujours apprécié pour sa discrétion et son professionnalisme. Mais de là à dire qu'elle ne connaissait un peu... la rousse se mordit la lèvre inférieure et se levant en déroulant lentement sa silhouette filiforme en lissant sa robe d'un geste las. Elle n'eut pas le loisir de regarder si l'homme au loin était encore là comme tous les regards se braquèrent sur elle tandis qu'elle traversa l'assistance. La Stryge se posta devant la tribune, regardant la famille du défunt amassée devant elle. Que dire ? Elle n'aimait que la vérité, mais cette vérité fait mal. Mais c'était encore le mieux, le plus sain. Mara demeura un long moment silencieuse, en cherchant ses mots, avant de dire d'une voix basse, presque ennuyée :

"A l’heure de la mort, il reste les souvenirs pour alimenter chacun de nos jours de vie… jusqu’au jour de notre mort", elle marqua une pause, regardant ses propres chaussures avant de relever la tête, "reposez en paix. La vie ne dure qu'un instant et puisqu'il faut bien mourir un jour, nous n'apprendrons pas à vivre comme vous, mais sans vous."

La jeune femme ne dit rien de plus et quitta la tribune pour retourner à sa place avec cette discrétion sinistre qui lui était coutumière. Elle garda une attitude retirée durant le reste de la cérémonie finissante, silencieuse et renfermée et dès lorsque que chacun fut libre la Stryge se leva et tourna les talons. Elle n'était que l'assistante funéraire et n'aurait besoin de discuter avec personne. On la remercia au passage pour son travail, pour le choix du coussin de roses blanches sur le cercueil - qui finirait au crématorium, quel intérêt alors - et le choix de la musique durant l'oraison. Que des choses futiles, dans le fond, faites pour se détourner de la souffrance. Ce genre de choses qui la laissaient de marbre ; Monsieur Gauthier, son employeur, l'appréciait car elle était dénuée de compassion et ne montrait pas ses émotions. La plupart du temps on cherche un assistant funéraire qui semble rassurant et accessible mais la maison préférait visiblement quelqu'un de pragmatique et ayant du sang-froid. C'était très bien ainsi. Mara aimait confusément son travail, mais non pas parce qu'elle consolait les vivants ; ces gens-là ne l'intéressaient pas. La Stryge n'aimait que les gens morts, des confidents silencieux aux histoires énigmatiques qui dormaient dans le froid de la morgue puis le sombre de la terre.

Elle avait marché un peu pour gagner le reste du cimetière, remarquant cet homme qu'elle avait vu précédemment louvoyer entre les tombes de marbre et de granit de l'air de celui qui cherche le deuil ; elle le reconnu : cet homme là, la rousse avait croisé sa route dans un vidéoclub tandis qu'il eut l'air surpris qu'elle loue des DVDs pornographiques. Ils avaient vaguement parlé films d'horreur sans évoquer ce qu'ils sentaient l'un et l'autre ; le fait qu'ils étaient Stryges tous les deux. Mara le rejoint sans hâte, mais sans équivoque non plus. Elle était ici sur son territoire et n'aimait pas espionner à la dérobée.

"Nous nous sommes déjà croisé, je crois", lui demanda-t-elle bille en tête, "j'ai oublié votre prénom, je suis navrée", la rousse contourna une tombe pour arriver en face de lui, "c'est bien A Nightmare on Elm Street, votre film d'horreur préféré ?"

Elle sourit ; la question était d'une platitude banale à pleurer mais attestait que Mara avait une mémoire d'éléphant car elle se souvenait de cette discussion dans les moindre détails. Se souviendrait-il que le sien était The Texas Chainsaw Massacre ?
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Messages : 339 Je suis arrivé(e) le : 22/07/2016 Sous les traits de : Norman BADASS Reedus. Je me dédouble : Bastian. Pseudo : Boogey. Crédits : Boogey pour le vava. || Okinnel pour la sign. Points : 3926 Couleurs RP : #009966 Beating Me Down

J'ai : 42 ans. Age d'apparence : Une petite quarantaine. Je travaille comme : Patron du Blue Devil, un casino insalubre. Actuellement, je suis : Veuf... Niveau social : Modeste, avec de grosses rentrées d'argent ces jours-ci...





















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Jeu 1 Sep - 20:02

Les cent vingt jours.






Il y a pire qu'un cercueil.

Il y a les cercueils de la taille d'un enfant. Moitié moins grand, doublement plus douloureux. J'en avais vu deux, sélectionné deux, choisissant la couleur du bois, de l'intérieur, les fleurs. Ca avait été une vraie torture. Parler des heures à un inconnu pour savoir dans quoi j'allais enterrer ma progéniture, comme si j'avais décidé du cadre où mettre leur dernier portrait. Je n'avais même pas eu le coeur de les faire incinérer. Ils avaient déjà connu un brasier suffisant.
Ce matin j'ai ressorti ce carton plein de vieilleries que j'aime tant garder. Photographies, dessins, reliques du passé. Je ne parvenais pas à me libérer de tout ça. J'avais encore un goût de sang dans la bouche et pourtant j'avais failli craquer en revoyant les visages de ce qui avait autrefois été ma famille. Cette dualité chez moi se faisait de plus en plus pesante. J'étais tantôt un monstre, tantôt un homme. Comme si l'humanité qui restait encore en moi ne me quittait pas. Une véritable enclume que je trainais avec mes regrets et mes erreurs passées. En voyant ces photos, j'ai repensé à ces moments.

Et puis à ma propre enfance.

Il n'y avait pas qu'eux que j'avais du enterrer. Petit déjà, j'avais rapidement compris que maman ne rentrerait plus jamais. L'enfant désemparé que j'étais avait improvisé une tombe au fond du jardin avec deux branches et de la ficelle disposé en forme de croix. C'était ça ma mère à l'époque, une présence fantôme que je pleurais plus que je ne chérissais. Cette fausse tombe faite de presque rien Il m'arrivait encore de me demander où elle était, entre la tristesse et la rage. Parfois, je l'imaginais me regrettant, une pensée douloureuse. D'autres fois, je me prenais à croire qu'elle avait refait sa vie, eu d'autres enfants, un autre mari, une autre famille loin de moi et de mon père, et là, c'était ma haine qui parlait pour nous deux.
La dernière fois que j'avais eu des nouvelles de mon géniteur, on m'avait dit qu'il s'était remarié peu après mon départ et qu'il allait bien. Ca a été le deuxième enterrement improvisé. La deuxième fois que j'estimais quelqu'un mort sans pour autant avoir vu son cadavre.

Alors les cimetières, je commençais à bien connaître ça.

Je traînais dehors depuis des heures quand je suis tombé, par hasard, sur le cimetière du coin. Une belle collection de pierres tombales et La Nuit Des Morts-Vivants sous terre. Une ambiance à son apogée. Je n'avais aucune légitimité à me promener entre les tombes, et pourtant, j'avais l'impression que je devais venir là aujourd'hui.
Je n'étais pas le seul à devoir faire acte de présence ici. Plus loin, un enterrement avait lieu. Même d'ici je pouvais deviner qui pleurait et qui ne pleurait pas. Mais le plus intéressant, c'était de savoir qui était sincère dans ses larmes. Les gens mentent si mal dans de pareils cas. Feindre la douleur, ça demande bien plus qu'un cours de théâtre ou deux. Il faut l'avoir vécu pour la reproduire.
Je flâne entre les tombes, lisant des noms inconnus. Je peux sans mal imaginer une vie derrière des dates gravées dans la pierre. Si la date de naissance est plus ancienne que 1950, c'est une mort de vieillesse ou presque. Mais si c'est plus récent que 2000, c'est un foutu drame. Quand je voyais 2014 inscrit dans le marbre, je sentais ma peine revenir à la surface. Tyler et Amélia, je les avais fait enterrer cette année-là. Je ne les avais pas revu depuis plus de deux ans déjà, le temps pour mes souvenirs de s'embuer assez pour me faire craindre de les oublier un jour. Je désirais garder et chérir ces fragments de ma vie, mais je savais bien que je devrais les enfermer loin de moi eux aussi. J'étais encore dans le déni, pensant qu'un jour, soudainement, ils reviendraient par miracle. Cette phase du deuil, celle qui nous fait devenir fou. On sent encore la présence du défunt, comme une sorte de fantôme qui nous suit du regard.

Les ersatz de mon humanité.

Je tire sur ma cigarette, les mains dans les poches. Je me sentais davantage à ma place ici que dans les cathédrales que je visitais, alors que c'était là-bas qu'on me chassait du regard. Le démon que j'étais n'avait un rôle à jouer qu'auprès de la mort, que je le veuille ou non.
La cérémonie plus loin touche à sa fin, le cercueil s'enterre lentement. Ils vont s'attaquer à la partie la plus difficile: la suite. Je suis certain que mon deuil plane encore au dessus de moi. Il ne faut pas être un génie pour remarquer la marque à mon annulaire qui témoigne d'une alliance abandonnée. Je me fige devant une tombe qui porte le nom de Juliette. Bien sûr, pas la mienne, une autre. Une qui a porté ce vieux prénom pendant plus de 70 ans d'après les gravures. Elle en a eu de la chance d'atteindre cet âge. Elle avait du en vivre des choses au cours de sa vie. Elle avait eu le temps de vivre, elle. Je ne la connaissais pas le moins du monde, et pourtant, une partie de moi la haïssait déjà.
Je sens un frisson parcourir ma colonne vertébrale quand j'entends un "nous" qui m'évoque ma défunte Capulet à la première seconde. Je me tourne pour croiser le regard d'un tout autre genre de rousse. Elle esquive une pierre tombale sans baisser les yeux, arrivant devant moi comme une surprise de trop. On s'est déjà rencontrés, parlés. Je la connais pourtant à peine. Mais je reconnais son allure et le sentiment de perplexité qu'elle me laisse.

"C'est bien ça."

Je souris, blasé, mais amusé qu'elle se soit souvenu de mes goûts pour les vieux slashers.

"Pornos et Texas Chainsaw, pas vrai? J'ai rarement croisé des femmes qui aimaient les tronçonneuses et Playboy."

Je cendre ma cigarette à côté de la tombe. La fausse Juliette ne m'en voudra pas.

"Dante. Comme la Divine Comédie. Ca aide à s'en souvenir en générale..."


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Messages : 758 Je suis arrivé(e) le : 08/06/2016 Sous les traits de : Jena Malone Je me dédouble : Caroline L. Bloch Pseudo : Melkin Crédits : Ava © MOOMINS | Sign © WIISE Points : 6364 Couleurs RP : #AD28B2 I am gonna break your heart an get away with murder.

J'ai : 44 ans Age d'apparence : 32 ans Je travaille comme : assistante funéraire Actuellement, je suis : célibâtarde sentimentalement inhibée Niveau social : I'm a rich bitch, I'm the upper class ♫

Merry darling, you're my best friend
I've been doing bad things
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Girl, you'll be a woman soon,
Please, come take my hand
Girl, you'll be a woman soon,
Soon, you'll need a woman.




If you leave me now
You'll take away the biggest part of me
Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
And if you leave me now
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Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
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Oh no, not me
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Dim 4 Sep - 20:04

The one hundred twenty days.
"I could have buried all my dead up in her cemetery head but I knew it was a horrid tragedy. Ways to make the tiny satisfaction disappear. Blow out the candles on all my frankensteins. At least my death wish will come true."

Cliff Martinez - Hammer ▽ Elle le reconnut avec facilité, même si leur rencontre n'avait rien eu d'étrange. Elle était récente et plutôt banale pour la Stryge : rien que deux oiseaux de vidéoclub, là où tant de gens se contentent de téléchargement et il n'en fallait parfois pas plus pour creuser un point commun, une ligne de commencement entre deux personnes qui n'avaient rien à voir l'une avec l'autre. Parfois, c'est une affaire de jacquette de DVDs, ou de la bizarrerie de l’association entre le genre du film et l'individu, comme avec Mara, cette femme sophistiquée qui consommait jusqu'à la boulimie des films pour adultes aux noms aussi évocateurs que vulgaires. Pourtant chacun s'était reconnu comme membre de l'Immortelle Espèce, celle des Stryge, mais aucun mot n'en fut dit ; pas dans un lieu plein d'humains. De plus pour la rousse ce genre de chose lui apparaissait sans intérêt : ils sauraient et valideraient qu'ils connaissaient leurs états respectifs mais dans le fond, à quoi cela servirait ? Alors, Mara l'observait, comme on détaille un inconnu qu'on a déjà croisé sans sympathiser mais sans agression non plus. Elle est ici chez elle, sur ce territoire qui réuni la vie et la mort et qu'elle considère comme son sanctuaire : l'endroit où elle soigne ses blessures.

Elle esquive une pierre tombale, soutenant le regard de cette homme dont elle n'avait nullement oublié le nom mais testait une sorte de connivence particulière : on peut parfois juger des gens à la manière dont ils se présentent. Elle-même fait simple, mais ne donne jamais son nom en premier. Question non pas de méfiance mais d'éducation ; elle est parfois un peu Vieille France. La rousse lui sourit en retour, d'un air un peu sans joie là où lui semble comme blasé. Elle s'amuse qu'il n'ait pas oublié ses goûts à elle - signe pour elle qu'il semble plus ou moins sociable - et qu'il lui confirme ce qu'elle avançait. Freddy Krueger, Jason Voorhees, Leatherface... autant de tueurs en série fictifs qui excitait l'imaginaire parfois profondément sombre de la Goule qui se fendit d'un air serein, à défaut de sembler réellement amical.

"Hustler", corrigea-t-elle à l'endroit de Playboy, préférant la pornographie crue à la simple sensualité qui l'ennuyait rapidement, "mais c'est correct, merci."

La rousse remercia d'un air amusé, car elle était en générale si discrète qu'on ne se souvenait pas d'elle. Cependant elle gageait que la mémoire de l'homme avait surement été biaisé du fait qu'il était rare qu'une femme emprunte des films pour adultes dans l'imagerie populaire. Le voyant cendrer sa cigarette, Mara plissa des yeux et sortit de sa pochette l'étui métallique contenant ses propres bâtons de poison ; ils sont comme elle : longs et féminins. Ce sont des Marlboro Light avec plus de philtre que de cigarette qu'elle plante entre ses lèvres fines d'un air coutumier, presque machinal. Dante, oui. La Divina, La Commedia. Le poème de Dante Alighieri que sa mère affectionnait tant. Elle ne pouvait pas l'oublier. La rousse s’accroupit lentement devant la tombe d'une anonyme - une Juliette qui n'avait pas été enterrée avec son Romeo - et inspira profondément.

"Tu seras obligé d'abandonner ce qui te sera le plus cher ; c'est la première flèche que lance l'arc de l'exil. Tu apprendras combien le pain de l'étranger est amer, et combien il est dur de monter et de descendre l'escalier d'autrui", elle demeura silencieuse un long moment avant de se relever aux côtés de l'autre Stryge, faisant quasiment sa taille, "ma mère aimait beaucoup ce passage."

C'était une des seules choses dont Mara se souvenait au sujet de sa mère. Elle chassa quelques pensées indésirables, qui ne se reflétaient pas le moins du monde sur son visage, et se tourna vers Dante en hochant brièvement du chef.

"Danvers, Mara"
, elle marque une pause avant de demander à tout hasard, "vous êtes venu vous recueillir, monsieur Boogeyman ?"

Signe qu'elle avait posé une question uniquement rhétorique et se souvenait même de son prénom. La rousse le regarda sans vraiment le voir, sa cigarette se consumant seule au bout de ses lèvres tandis qu'elle eut un moment d'absence très bref, recouvrant ses esprits qui battaient la campagne en quelques secondes.

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Messages : 339 Je suis arrivé(e) le : 22/07/2016 Sous les traits de : Norman BADASS Reedus. Je me dédouble : Bastian. Pseudo : Boogey. Crédits : Boogey pour le vava. || Okinnel pour la sign. Points : 3926 Couleurs RP : #009966 Beating Me Down

J'ai : 42 ans. Age d'apparence : Une petite quarantaine. Je travaille comme : Patron du Blue Devil, un casino insalubre. Actuellement, je suis : Veuf... Niveau social : Modeste, avec de grosses rentrées d'argent ces jours-ci...





















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Lun 5 Sep - 18:42

Les cent vingt jours.






On dirait une actrice...

Je l'écoute déclamer ses mots dantesques, stoïque, presque trop pour être humaine. Mais elle ne l'était pas vraiment, c'était une stryge elle aussi. C'était fascinant la facilité avec laquelle elle passait, dans mon imagination, d'une lesbienne en manque devant un magazine pour adultes à une catholique coincée qui avait subit l'éducation de ses parents. J'étais presque surprise de reconnaître dans ces traits de personnalité quelque chose qui m'appartenait également. Comme si un bris de miroir reflétait ce caractère étrange.
Il n'y a pas que ce détail qui résonne en moi. La citation de cet autre Dante me rappelle douloureusement cette partie de ma vie déchirante. Il suffit parfois de quelques mots de trop pour vous arracher un frisson. Le mien, je l'avais senti en entendant le terme exil. Ce simple nom résumait parfaitement ce que j'enterrais depuis des années déjà.
Perdu sur cette note, je la laisse se présenter sans dire un mot, jeter un oeil vers elle et vers ses attitudes si singulières. Mara, je tâcherais d'imprimer ce prénom dans mon crâne avant notre prochaine rencontre. Je ne garantissais pas d'y parvenir. Leatherface, Marlboro, et Hustler. Une femme bien. Moi, j'étais plutôt Krueger, Black Devil, et Girls & Corpses. Mais j'étais certain qu'elle connaissait tout ceci aussi bien que moi.
Elle marque une pause entre sa présentation et sa question. Moi, tout ce que je vois, c'est cette même actrice. Elle avait exactement ce genre de regard que l'on trouve sur scène, lorsqu'un artiste se souvient, une brève seconde, qu'il est un être humain derrière ce personnage. Elle avait récité son texte, comme elle l'avait toujours fait, et elle s'était permise un misérable instant pour être elle-même au milieu de toute cette scène.

Mais j'étais peut-être seulement aveugle.

Je ne prends pas le temps de réfléchir à la question qu'elle vient de me poser. Je suis trop habitué à ce genre d'interrogations pour me permettre d'y songer une nouvelle fois. j'avais connu trop de pardons, trop d'excuses, trop d'inquiétudes dissimulant la banale politesse. Je doutais qu'elle s'inquiète de la réelle présence de ma personne dans ces lieux presque sacrés. Elle était sûrement seulement curieuse de connaître le nom de la personne que je cherchais à retrouver au beau milieu de tous ces fantômes enterrés. Et très franchement, j'étais fatigué de cacher mon statut marital trépassé. Si j'avais retiré mon alliance dernièrement, c'était aussi pour ne plus permettre de mensonges quand la discussion en arrivait à cet anneau maudit.

"On peut dire ça. J'ai pensé que j'avais encore quelque chose à enterrer alors je suis venu ici. Mais finalement, je ne sais plus vraiment quel cadavre mettre en terre en premier."

Il y avait Juliette, bien sûr, et ce corps carbonisé jusqu'à l'os qui n'avait pas pu être enterré. Mais il y avait aussi ce nombre en constante progression de jeunes femmes devenues des déchets au fond de la benne de mon immeuble. Pourquoi ma Capulet méritait-elle davantage de reposer en paix? Tout avait commencé, avec elle, comme avec toutes les autres. Une nuit, une seule, et comme nous étions jeunes et blasés, les autres s'étaient enchaînées. Il lui avait suffit d'une soirée pour me rendre accro, et d'une autre pour me rendre dépressif.

"Je vous ai vue profiter d'un enterrement plus loin. Famille ou amis?"

Mara n'avait pas l'air de se morfondre, ni d'éprouver la moindre émotion à vrai dire. Ce n'était peut-être pas quelqu'un de proche. Je ne me rappelais pas moi-même avoir esquissé le moindre sentiment devant certains décès. Oui, j'avais été au milieu de tous ces menteurs qui prétendent être désolés pour au final rentrer chez eux se plaindre de la cérémonie trop longue. La différence, c'est que moi je n'avais jamais bluffé devant la mort. Je la regardais simplement passer en me demandant à quel moment elle daignerait s'arrêter devant moi. Je n'avais pas vu que la Faucheuse avait des cheveux blonds et des promesses parlant d'Ottawa.

"Moi c'est un peu des deux. Amie devenue amante puis famille."

Je cendre de nouveau ma cigarette avant de la reprendre entre mes lèvres sans réellement profiter de la fumée. Le goût de cendres que j'aimais tant à chaque fois que j'allumais une clope prenait un goût tellement plus répugnant lorsqu'on pensait aux derniers restes d'un être humain brûlé vif...


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Mar 6 Sep - 14:00

The one hundred twenty days.
"Wanting, needing, waiting... poor is the man whose pleasures depend on the permission of another."

Cliff Martinez - Hammer ▽ Il y a de la douleur qui jaillit soudain en lui, éclaboussant Mara durant ses propres souvenirs. La lance darde si cruellement Dante que l'autre Stryge n'a aucun mal à percevoir l'émotion en surface, grâce à ses sens surnaturels. Il n'y a qu'ainsi que la rousse parvient à communiquer, en vampirisant les sentiments des autres pour pouvoir formuler quelques réponses. Elle n'a pas toujours cette empathie qui défini les gens sociables, qui trie les humains entre les bons, les neutres et les mauvais. La femme demeure silencieuse en se relevant doucement pour apprécier le calme de ce dortoir de choses mortes ; ses véritables clients, des confidents sans paroles, qu'elle estimait bien plus que les cortèges de pleureuses humides et sans vergogne. L'hypocrisie la dégoûtait et elle considérait que les seules personnes qui ne peuvent mentir sont les défunts, car on ne joue pas à la mort ; on est mort. C'est l'état le plus sincère que l'humanité puisse connaitre, loin des affres des morts-vivants comme Dante et elle. Ni vraiment mort, mais plus vraiment vivants, marchant dans les deux mondes sans jamais pouvoir appartenir à l'un des deux. Lui parle de cadavres, elle ne dit rien. Elle l'écoute, simplement. Il y a une forme de peine particulière dans l'inflexion de sa voix, presque un peu confuse. Une peine qu'elle salue d'un simple hochement de tête entendu, signe non pas qu'elle pouvait comprendre ce qu'il ressentait mais qu’elle savait qu'il le ressentait.

Mara tira sur sa cigarette comme si elle cherchait à la faire souffrir dans une habitude consommée qu'on les gens qui ont toujours l'air pressés. L'air est frais, celui de la fin d'une journée laissant sa place au début d'un soir. C'est l'heure bleue ; ni la nuit, ni le jour. Ne sachant quoi dire au Stryge, la rousse s'abstint de le prouver par quelques paroles creuses et se contenta de sortir son cendrier de poche pour étouffer son mégot et le ranger dedans avec un soin particulier qui attestait de sa nature toquée, ou très respectueuse du lieu, tout simplement. Tous les autres Stryges qu'elle rencontrait lui semblaient vulnérable. Mais il n'était pas nécessaire d'être fort, seulement de se sentir fort, peut-être. Elle est tout aussi chancelante et pénétrable qu'eux, après tout.

"C'est peut-être un peu trop intime pour que je vous conseille", répondit humblement Mara, "mais prenez le temps qu'il faut ici, personne ne vous dérangera."

Il lui posa une question en retour et le verbe "profiter" lui sembla étrange et tout à fait à propos à la fois, si bien qu'elle lui offrit un sourire amusé. La Gargouille referma encore un peu le col de sa veste pour se prémunir du froid nocturne qui arrivait.

"Le travail", répondit très sincèrement Mara, "j'organise des enterrements, c'est tout."

Son ton était détaché comme celui de ces gens qui côtoient la mort tous les jours sans plus s'ne émouvoir, qui sentent le formaldéhyde et la charogne sans s'en rendre compte, qui n'entendent plus les pleurs de ces gens qu'ils appellent alors le plus naturellement du monde leurs "clients". Ce n'est pas une question d'argent, mais juste de travail ; il n'y a rien de personnel dans ce que fait Mara : elle fait enterrer des gens, fait disposer des fleurs, et s'occupe des créances. Parce que c'est son travail. Pourtant elle baisse les yeux un instant sur la tombe, craignant de mettre l'autre stryge mal à l'aise en l'entendant parler d'une amie devenue amante, puis de la famille. Un femme disparu qui explique - elle le remarque sans mal, elle qui est observatrice - la marque de l'absence d'un anneau à la main gauche.

"Voulez-vous m'en parler ?"
, lui demanda-t-elle franchement, connaissant les principes-mêmes du deuil, "nous ne nous connaissons pas, ce peut être plus simple."

Les choses étaient souvent assez binaires avec la rousse : elle proposait les choses franchement et constatait les retours. Un oui ou un non lui allaient pareillement et elle se montra réservée mais posée,s ans être véritablement distante malgré son attitude guindée. La Stryge avait parfois du mal à exprimer ses propres émotions, mais elle ne rechignait pas à écouter les autres. La perte est une chose difficile à avaler, une couleuvre qui ne connait pas le poids des années. Elle-même en savait quelque chose puisque son voyage à travers la mort avait commencé très tôt, avec la mort de sa mère qu'elle ne parvenait à mettre de côté.

"Je suis désolée pour votre femme"
, dit sincèrement la rousse en hochant du chef, simplement, "j'ai perdu ma mère il y longtemps, mais je ne m'en suis jamais vraiment remise."

Parce qu’elle n'en avait parlé à personne, espérant alors que Dante avait des interlocuteurs avec qui faire son deuil ; dans le doute, elle se proposa naturellement sans arrière-pensées, dévoilant d'elle-même une facette plus humaine, loin de l'obscène pie ou de l'actrice racinienne.
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Sam 10 Sep - 1:23

Les cent vingt jours.






Organisatrice d'enterrements, ça lui allait tellement bien.

Elle dégageait une froideur étrange, pas le type de froid glaçant d'une allumeuse qui veut se donner un genre. C'était plutôt un souffle glacé qui émanait de sa personnalité... coincée. Mais elle connaissait aussi bien A Nightmare on Elm Street que Texas Chainsaw Massacre, alors j'avais déjà un immense respect pour elle.
Je m'étonne de l'entendre me demander si je souhaite en parler. La plupart des gens commencent par de plates excuses de lèche-culs avant de repartir. Peu d'entre eux demandent réellement à en débattre, encore moins avec la rationalité dont faisait preuve Mara. Ce n'était pas une question dont elle ne souhaitait pas entendre la réponse, ni une envie de potins croustillants. Juste une demande simple et raisonnée.
Mara m'avoue avoir perdu sa mère. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir un arrière goût du passé. Je revoyais ma propre mère et son départ sans se retourner. Ca faisait mal de savoir que la dernière chose que j'avais vu d'elle, c'était son dos et son rosier sans fleurs. On s'accroche à des détails dans de pareils moments. Je n'avais jamais supporté les roses après ça. Ni les fleurs en générale.

"Merci pour les excuses. J'ai perdu ma mère quand j'étais petit. Et puis, quitte à jouer au psychologue, je comble avec des femmes. Les films d'horreur, c'est sûrement pour combler mon père et sa fâcheuse tendance de me traiter comme une merde. Ca donne des envies de meurtre je suppose."

J'avais déballé ça car j'étais persuadé que Mara ne jugerait rien. Et dans le pire des cas, j'avais eu un tel détachement en prononçant ces mots, que je pouvais faire passer ces révélations pour des mensonges. Par ailleurs, je n'avais jamais réellement parlé de ceci à quiconque. Quand on me le demandait, je disais que maman était partie, que papa travaillait, et que moi j'avais une blonde à sauter ailleurs qu'ici. En générale, ça écourtait la liste de questions sur mon enfance torturée et mes pauvres anecdotes de gamin. On a tous un passé difficile, suffit de faire avec et de pas vomir sur les autres pour s'en plaindre sans cesse.

"Ma femme, je me dis que ça a eu le même effet. On comble l'absence avec quelque chose de similaire. De moins bien, mais de similaire..."

Un placebo.

Ce n'est pas de la vraie médecine, ce n'était pas de la vraie psychiatrie. On essaye juste d'atténuer la peine avec un substitut, un semblant du bonheur perdu. Mara devait en savoir quelque chose. Elle passait sûrement des heures à choisir des cercueils et des couronnes florales. Elle avait du voir défiler des personnes en souffrance qui cherchaient  d'ores et déjà leur doux placebo d'avant deuil.
Je reprends ma cigarette entre mes lèvres, la calant contre ma commissure. La nicotine, ça me venait de papounet et sa triste tendance à fumer comme un pompier pour éviter le stress et, évidemment, pour supporter l'absence de sa femme chérie.

"Vous avez fait quoi, vous, après le décès de votre mère? Alcool? Cigarette? Sexe? Films d'horreur?"

C'est drôle, quand je la voyais, un film me revenait en tête. Et plus précisément une scène. Cette introduction qui enchainait les réunions de victimes anonymes, de cancéreux masculins, d'accro à tout et n'importe quoi. Ces réunions que le héros fréquentait pour se trouver devant plus misérable que lui pendant un instant. C'était une boulimie comme une autre, simplement plus malsaine que de consommer des chips à outrance. Profiter d'autres êtres vivants, c'était toujours considéré comme pire que tout. Pourtant, c'était un mal pour un bien. Ces femmes avec qui je m'amusais un temps, je ne ls forçais pas, je n'aurais jamais osé. Elles aussi, sans doute, avaient un étrange besoin de surconsommation des hommes, un manque d'affection à combler.

Tout le monde peut devenir le substitut des autres. Même inconsciemment.

J'avais les yeux rivés sur Mara depuis tout ce temps. J'observais cette aura glaçante qu'elle avait. Mais en repensant à ce vide que je comblais d'une si triste manière, j'ai reposé mon regard sur la tombe de cette vieille femme au nom évocateur. Je me demande bien ce qu'aurait pensé cette dame de tout ça. Si elle savait ce qui se disait juste au dessus de son dernier lit, peut-être qu'elle s'estimerait heureuse d'être enterrée auprès de ses paires, de son mari peut-être. Je ne savais pas encore tout de la mort mais j'avais dans l'idée que reposer à jamais près de l'être aimé, c'était plutôt une chance qu'un malheur.


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Messages : 758 Je suis arrivé(e) le : 08/06/2016 Sous les traits de : Jena Malone Je me dédouble : Caroline L. Bloch Pseudo : Melkin Crédits : Ava © MOOMINS | Sign © WIISE Points : 6364 Couleurs RP : #AD28B2 I am gonna break your heart an get away with murder.

J'ai : 44 ans Age d'apparence : 32 ans Je travaille comme : assistante funéraire Actuellement, je suis : célibâtarde sentimentalement inhibée Niveau social : I'm a rich bitch, I'm the upper class ♫

Merry darling, you're my best friend
I've been doing bad things
That you don't know about
Stealing your stuff now and then
Nothing you'd miss but
It means the world to me.




Girl, you'll be a woman soon,
Please, come take my hand
Girl, you'll be a woman soon,
Soon, you'll need a woman.




If you leave me now
You'll take away the biggest part of me
Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
And if you leave me now
You'll take away the very heart of me
Oh, oh, oh, oh, no, baby please don't go
Oh, oh, oh, oh, girl, I just want you to stay.




There's something inside you
It's hard to explain
They're talking about you boy
But you're still the same.




Oh no, not me
I never lost control
Who knows ? not me
We never lost control
You're face to face
With The Man Who Sold The World.
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Jeu 15 Sep - 16:06

The one hundred twenty days.
"Wanting, needing, waiting... poor is the man whose pleasures depend on the permission of another."

Cliff Martinez - Hammer ▽ Lui a l'air étonné, mais elle ne dit rien en retour. Ecouter les gens parler de leur deuil fait assurément parti de son travail et la rousse a ce sincère détachement qui la rend non pas compatissante, mais empathique. Elle comprend sans ressentir et dès à présent, elle pose les questions sans arrière-pensées. Ce sont des questions simples qu'on pose ni pas intérêt, ni par politesse mais plus par sincérité. Et s'il est vrai qu'elle que la Stryge semble froide et glauque, elle reste humaine, au fond. L'histoire des morts, celle qui a cessé d’elle-même mais continue avec ceux qui reste est ce qui l'intéresse : cette histoire où l'acteur principal a quitté la scène mais qui demeure, fantôme dans la bouche de ses proches, de ses opposants. Elle, elle aime écouter les gens parler de la mort, celle qui chamarre des larmes de tristesse et de joie, des souvenirs déchirants comme bienheureux. Cette mort neutre, cette mort la. La mort humaine. Celle qui est la fin des corps et des esprits, là où aucune sensation n'existe : ni de peine ni de joie ; c'est pour elle une vision de paix, et elle ne la craint pas; peut-être est-elle juste cynique, ou malsaine. Mais l'idée d'une mort sans artifice la rassure, et écouter les gens raconter ces histoires la fait se sentir... vivante.

Mais elle ne dit rien, et hoche simplement du chef ; Mara se reconnait un peu dans  l'idée de la fuite, celle de se détourner d'une chose en y cherchant un substitut. Elle ne le plaint ni ne se moque, oreille attentive et plus aimable qu'on voulait bien le penser dans son silence éloquent. L'homme avait dit cela simplement, si simplement qu'elle ne le vit pas comme un mensonge ; si c'en était un, ce n'était pas son problème. Il y a des histoires plus vraies que d'autres. D'autres sont des mensonges : parfois, les mensonges font également de belles histoires. Son père aussi avait commencé à la traiter comme une moins que rien après la mort de sa mère. Il s'était éloigné d'elle et de son petit frère, et plus tard la rousse l'avait tout simplement imité car elle n'avait pas su se sauver d'elle-même. Chacun avait fui et maintenant que son père était décédé, Mara avait hérité de sa fortune. Mais tout cet argent ne ramenait jamais cette époque où son père la regardait encore comme autre chose qu'un investissement ou un fardeau.

"Oui", dit-elle très clairement quand Dante parla d'envies de meurtre, "et pourtant ça soulage à peine."

Un fin sourire orna son visage, un peu triste. Elle avait rêvé des nuits entières de secouer son paternel, de l'enfermer dans un placard et de foutre le feu à cette baraque de bourgeois riches à en crever. Jamais elle ne le fit et son père venait à présent de mourir de mort naturelle. La prophétie et le fantasme.... peut-être que dans l'idée du meurtre, chez elle, le fantasme demeurait plus savoureux que la réalité. La rousse cessa d'y penser pour rediriger toute son attention sur l'autre Stryge avec lequel elle discutait. On comble l'absence par le similaire, le moins bien... la Gargouille battit des cils, le souvenir de Diane la saisissant soudain. Surement. Diane partie sans laisser de trace, Mara baisait approximativement tout ce qui était d'accord. Avec certaines, c'était moins bien, mais avec d'autres carrément mieux. Elle n'avait pas le souvenir contrariant. Pourtant elle trompait la tristesse dans un véritable cercle vicieux : elle avait pris Diane parce qu'elle ne pouvait prendre Merry, et prenait la première pouffiasse qui passait parce qu'elle ne pouvait plus prendre Diane. Et ainsi le serpent se mord la queue, à l'infini.  Dante la sortit de sa rêverie torpide en lui posant une question et la rousse parue soudain décontenancée, comme si personne ne lui posait jamais de questions personnelles ; c'était le cas. La jeune femme piqua un fard fugace, perdant de son hiératisme, avant de répondre sur un ton moins glacial, plus tendre.

"J'ai récupéré ses disques", elle se frotta les mains ensembles, se tordant nerveusement les doigts, "j'ai aimé tout ce qu'elle aimait, jusqu'à comprendre que je ne serai jamais elle. Alors je l'ai cherché... ailleurs."

L'attitude de Mara était celle d'une personne honnête et sincère mais qui n'avait assurément pas l'habitude de parler d'elle. Elle continua pourtant, sans vraiment s'attarder mais avec cette franchise qui la nuançait, comme personne :

"Le sexe. Je couche avec toutes les femmes que je peux. Aucune ne sera jamais ma mère mais je suis une grande fille maintenant. Je baise pour le plaisir, je n'ai plus besoin de raison", elle dit cela avec un mélange de sérieux et d’amusement, un peu cruel, un peu cynique, "et toutes ces petites putes pensent qu’elles m'intéressent. La seule chose qui l'intéresse, c'est mon reflet dans leurs yeux quand elles jouissent."

Mara avait cette sorte de crudité honnête, loin de son apparence de bourgeoise collé monté. Elle parlait peu, plutôt franchement et son langage variait du soutenu au franchement vulgaire dans la même phrase. Elle-même n'avait pas quitté Dante des yeux en lui répondant, avant de se taire car elle trouvait qu'elle avait bien trop accaparé l'attention pour le moment. Croisant les bras sur son torse maigre, la Stryge demeura silencieuse en laissant son comparse l'étudier autant qu'il ne désirerait ; elle était timide sans être craintive, distante sans être vraiment froide peut-être parce que ce que lui racontait l'homme résonnait en elle d'une bien étrange manière. Une mère morte et un mère agressif, et l'éternité pour porter le deuil.

"Vous avez fait quoi, après le décès de votre femme?", elle rajouta dans le même souffle, "ne répondez pas si vous ne voulez pas."

Mara ne se formaliserait pas d'un refus car elle n'était pas d'une nature indiscrète. Elle n'avait posé cette question que dans le cadre d'un échange : il lui avait posé une question, elle lui posait la même. Ils gageait avec des réponses et la conversation avait ainsi un flux étrangement naturelle. Son regard se posa sur la tombe de madame Kowalsky, Juliette de son tendre prénom avant qu'elle ne la salut d'un simple hochement de tête ; Mara avait longuement regardé nombre de cadavres qui dormaient ici, quand ils étaient encore dans la morgue. C'est cet endroit, ce funérarium, qui lui avait offert une échappatoire à sa souffrance tout en creusant en elle un gouffre malsain : à présent, elle appréciait la présence des morts plus que des vivants et passait parfois des heures à admirer les traits figés des défunts dans la morgue, en imaginant ce que leurs vies avaient été, auraient pu être....

"Confidence pour confidence", commença Mara en haussant les épaules avec désinvolture, "j'ai parfois envie de tout laisser tomber, de prendre ma voiture et de me rejouer Tueurs Nés", elle toussa un instant, amère, "mais je suis un Mickey sans Mallory, donc ça ne rime à rien", elle lui sourit, un peu bêtement, tristement, "vous imaginez Thelma partir sans sa Louise ?"

Mara prit un air d'excuse à l'endroit de l'autre Stryge, signe qu'elle se mettait mal à l'aise toute seule d'avoir tant parlé. Il fallait bien un jour que ce genre de choses sortent mais pas maintenant, en face d'un homme qui avait tout autant, sinon plus, besoin de parler qu'elle. La rousse tourna un instant la tête vers le petit groupe dont elle s'occupait auparavant, semblant plus gênée par leur présence qu'autre chose. Elle se retourna vers Dante.

"J’ai une bouteille de Scotch dans ma voiture, et de la bonne musique. Peut-être y seront-nous plus à l'aise pour discuter qu'ici, non ?"
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J'ai : 42 ans. Age d'apparence : Une petite quarantaine. Je travaille comme : Patron du Blue Devil, un casino insalubre. Actuellement, je suis : Veuf... Niveau social : Modeste, avec de grosses rentrées d'argent ces jours-ci...





















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Sam 17 Sep - 15:05

Les cent vingt jours.






Et bah putain.

Elle avait une sincérité troublante. Je me demande une seconde ce qu'elle donnerait dans une partie de poker. Mais j'oublies bien vite, me concentrant sur ses dires, ses aveux. Chercher sa mère ailleurs, je soupire ma fumée. Mais je comprenais très bien le ressenti de la stryge quand elle me parlait de ce sentiment étrange qui nous accapare après un coup d'un soir. Peu de gens comprennent réellement le jeu de la séduction et les mensonges qui en découlent. Connaître la vérité sans la révéler, c'était très excitant. Aller jusqu'au lit en gardant son secret, c'est meilleur encore.
Je tire sur ma cigarette en gardant la fumée en bouche quelques secondes. Je l'expire lentement vers le haut quand Mara me demande ce que moi j'avais fait après la mort de ma tendre Capulet. J'appréciais la froideur de ses questions, la façon qu'elle avait de me dire que je n'avais aucune obligation sociale qui m'imposait de répondre à la moindre de ses demandes. Et c'est bien pour cette raison que je mourrais d'envie de répondre à chacune de ses interrogations. Je recoince ma cigarette entre mes dents.

"Rien. Et puis j'ai craqué. J'ai commencé à la remplacer, jamais plus d'un soir. Juste de la baise pour me rappeler à quel point elle valait mieux que toutes ces salopes."

C'était pour ça que je ne prenais que des femmes que je savais pertinemment sans saveur, sans valeur. Je ne pourrais jamais remplacer ma femme. Je pouvais seulement remplacer sa présence charnelle dans ma vie. En faisant ça, j'avais l'impression de la sauter elle, dans le corps d'une autre seulement. Je me prenais à rêver qu'elle soit une sidh, possédant mes conquêtes d'une nuit les unes après les autres pour m'empêcher de la tromper réellement. En les tuant, ce corps inutile disparaissait à jamais. Ca aurait été parfait. Mais j'étais le seul de notre couple à avoir une seconde vie.

"Et puis passer d'un paquet de clopes par jour à deux. Ça aide."

Mes yeux glissent à nouveau vers Mara. Je comprends sans mal son sentiment d'être dans un duo en solo. J'étais un solitaire mais j'appréciais les compagnies que je trouvais. J'aimais me retrouver seul par moment, j'en avais véritablement besoin. Mais la perte n'est pas une amante par choix. On vit avec, on fait avec, et on attend que quelqu'un parvienne à la remplacer. Que serait Roméo sans sa Juliette? Un pauvre con épris de Rosalie, non pas par envie mais par besoin, cette nécessité viscérale d'avoir une présence près de soi, qu'importe si elle n'égalera jamais une Capulet. Le Montaigu, lui, ne saura jamais ce qu'il a loupé en ne croisant jamais le regard si doux de son Soleil d'Orient. La fatalité des tragédies, c'est qu'on finit toujours par tomber dans son propre problème. Quoique l'on fasse, peu importe ses choix, la fin sera désastreuse. Si j'avais fait un choix différent deux ans plus tôt, j'aurais pu mourir moi aussi, j'aurais pu commettre une erreur et perdre Juliette d'une autre façon, j'aurais pu ruiner ma vie autrement. Le hasard avait décidé que ce serait ainsi, et ce le serait toujours.

"Je l'ai envisagé aussi... C'est parfois plus simple de recommencer à zéro, ailleurs, seul."

Mais depuis, j'avais retrouvé Aldous, j'avais un accord avec Themis,  j'avais embrassé Nina. J'ai reconstruit ma vie ici, à partir de ruines, de vide. J'avais toujours en tête ma créatrice disparue et l'inquiétude qu'elle puisse revenir. Mais fuir serait lâche, et je ne voulais pas me résoudre à abandonner ce que j'avais mis deux ans à retrouver. Je restais et resterais à Ottawa non pas par envie mais par besoin. J'avais fait un choix.
Mara propose de continuer cette discussion dans un cadre plus agréable. Les pleureuses italiennes au fond du cimetière et l'ambiance lourde de tous ces morts n'était, il est vrai, pas des plus propices pour parler. En la voyant, j'aurais pu penser qu'elle écoutait du classique ou de langoureuses chansons d'amour à la française. Mais après ces quelques échanges de mots et en ayant vu ses goûts en matière de cinéma, je me méfiais nettement moins. Je ne serais même pas étonné qu'elle possède toute la discographie de Black Sabbath. L'alcool, c'était une constante frustration depuis ma mort, mais je ne crachais jamais sur quelques verres. Comme pour mes cigarettes, j'avais des préférences fortement marquées, mais on fait avec. Alors j'acquiesce et je suis Mara jusqu'au parking.
Je ne m'attendais certes pas à une Twingo, mais je n'aurais pas pensé que la mort payait si bien. Ceci dit, s'il y a bien un marché qui ne s'effondre jamais, même en temps de crise, c'est bien les pompes funèbres. Riche ou pauvre, facile ou difficile, on enterre tous nos morts quand on le peut, et c'est "normal" de mettre des mille et des cents simplement pour une boîte où mettre la future carcasse décomposée d'un être cher. On s'épargne ainsi la vue du cadavre et la préparation de ce dernier. on laisse volontiers tout ceci à un professionnel, simplement pour ne pas avoir à faire le sale boulot.

"Jolie voiture." dis-je en prenant la place du mort


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