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SUPRÊME | JAËL

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Jeu 11 Aoû - 12:27
Stryge



Jaël Weaver

Mes crimes désormais ont comblé la mesure. Je respire à la fois l'inceste et l'imposture.



 
Nom : Elle ne porta ni le nom de sa mère, ni le nom de son père. Fut-elle trop misérable à leurs yeux pour lui arracher jusqu'à son héritage, elle ne le sut jamais. Weaver. Ce nom, elle le porte depuis qu'elle a 16 ans. Sa dernière famille d'accueil ne s'est pas opposé à sa venue, ni, lorsque le jour fut venu, à son départ vers l'inconnu. Elle n'a jamais eu sa place nul part. Et ce nom lui-même flotte sur son front, sans trouver d'accroche.
Prénom(s) : Jaël. Prénom de sauveuse prodige, d'assassin libérateur. Prénom biblique que sa mère biologique lui laissa en héritage. De quoi être sûre de sa religion. De quoi donner une voie à un enfant abandonné. Une alarme pour qu'elle devienne la pureté et l'âme charitable du mythe ? Peut-être. Elle ne tua pas Siséra. Elle ne rendit aucune liberté. Ce n'est qu'un prénom, une identité hommage qu'elle n'a pas décidé de porter.
Âge : 41 ans ornent mes ailes angéliques mais pourtant trompeuses.
  Âge d'apparence : Elle a rencontré la Mort alors qu'elle avait 35 ans.
  Date de naissance : Elle est née le 12 janvier 1975.  
  Nationalité et Origines : Née en Ecosse, la petite Jaël fut décrétée anglaise après son arrivée à l'Orphelinat de Londres. Quant à ses origines, elles demeurent floues, faute d'informations sur ses propres parents.

  Métier (études) :On ne peut dire que Jaël fut une excellente élève, en particulier pendant son adolescence. Ce fut après, une fois libérée de ses obligations d'avoir une famille, qu'elle s'épanouit dans les études. Après des études de cinématographie, puis de journalisme, elle est entrée tardivement dans le domaine du travail. Et elle s'est fait repérée par l'actrice montante Chimaera Vasilis. Elle est rapidement devenue son attachée de presse, et l'est restée jusqu'à aujourd'hui, l'accompagnant dans toutes ses épopées, jusqu'à s'installer à Ottawa.
  Niveau social : Si la plupart des hommes et des femmes qui décorent les rues de leur misère diraient qu'elle possède bien plus d'argent qu'il n'en faut, Jaël, elle, n'a jamais assez de monnaie. Après le succès de Chimaera, elle était une personnalité aux milles billets. Et elle ne peut plus vivre désormais sans eux.
  Statut marital : Célibataire depuis toujours, Jaël ne compte pas se mettre avec qui que ce soit. La seule avec qui elle partage une certaine intimité est l'actrice pour qui elle travaille. Une relation étrange, certes, mais dénuée de plaisir, de toucher, de baiser.
  Orientation sexuelle : Jaël a toujours aimé les hommes. Mais lorsque elle s'est immiscée sous ses ailes, elle a appris que bien des regards étaient assez doux pour s'y coucher, doucement, et fermer les yeux sans crainte. Bisexuelle à l'origine, la Jaël qui se perd dans ses propres vers est éperdument amoureuse de sa demi-soeur, Jezabel.

  Avatar: Bryce Dallas Howard :asn:
  Crédits: inknown
  Personnage: Scénario | Inventé

  Petites curiosités
 
  Famille et proches - Jaël n'a jamais eu de famille. Elle était un fantôme de l'orphelinat, là depuis sa naissance, jusqu'à son adolescence. Jamais assez bien pour aucun couple sans enfants, jamais assez bien pour aucune soeur ou aucun frère. Silencieuse et solitaire, la petite semblait toujours donner l'impression du mal-être, ce fut bon nombre de fois son ticket de retour à la source de son existence. En arrivant dans la famille Weaver, elle ne fut pas plus joyeuse, pas plus présente. Elle disparut de leur foyer lorsqu'elle fut majeure. Jaël a toujours préféré vivre seule. A dire vrai, elle considère qu'elle le mérite peut-être. Du moins, elle le croyait, jusqu'à connaître sa véritable identité. Quant à ses proches, en fait, elle n'en a pas non plus. La seule qu'elle a, c'est Chimaera. La seule qu'elle considère comme une meilleure amie, comme une soeur, comme une amante. La seule qu'elle considère comme un tout qui donna un second sens à son existence. Elle ne pourrait, désormais, vivre sans elle.

  Besoins carnassiers - Jaël n'est qu'imposture. En acceptant d'aimer celle qu'elle ne pouvait aimer, elle a choisi de devenir le pire de ce qu'elle pourrait être. Après sa transformation, elle embrassa totalement sa destinée. Pourquoi chercher le pardon des Dieux ? Elle est déjà damnée, et ce depuis trop longtemps. Elle est déjà pourrie, jusqu'aux os. Pourquoi continuer à garder l'équilibre alors que tout n'est que néant au-delà de l'horizon ? Pourquoi chercher la bienveillance lorsque le mal ronge la chair et le démon ? En goûtant au sang pour la première fois, l'Ange de Nacre n'a pas souffert de sa posture, et son cerveau n'a pas poussé le coeur à trouver quelques hauteurs. Elle a déjà laissé s'épanouir la ronce qui dévore ses moeurs. Et ses épines ont transpercé ses artères, sans qu'elle ne cille, car elle est vouée aux souffrances de ce qu'elle est.

  Position sur le conflit - Conflit. Guerre. Quel que soit son nom, cette relation étrange qui lie les espèces entre elles l'indiffère. Ce qui importe, c'est ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas. Elle est une Stryge, elle est un ange méphistophélique. Elle serait restée de marbre et de silence, si Dangmar n'était pas entré dans sa vie. Mais il est venu. Comme la noirceur du néant, il a semé en son âme le désarroi et la haine. Il a fait d'elle une empreinte glacée et mortifère. Le Faë l'a meurtrie, en manipulant son coeur de nacre. Il lui a coupé les ailes, et l'a faite tomber du nid. Depuis, la Stryge est très intolérante de toutes les espèces. Elle ne peut plus leur accorder sa confiance, ni même sa tolérance. Quant aux autres, peu lui importe. Alors, lorsque le peuple se fait vibrant, elle ose se manifester et heurter ceux qui, comme Dangmar, pourraient lui arracher quelques plumes.

  Points faibles - Être faible. Oh, elle l'a été. Et elle l'est encore, très certainement. Lorsque l'on s'attaque à la femme qui érige sa vie, Jaël a tendance à se mettre dans une colère noire. Et c'est cette même colère qui la fragilise et qui la brise. Parler, en particulier, de Jezabel, a tendance à la rendre muette, et cruelle. Son plus grand point faible demeure certainement le pouvoir des Faës. Si elle ose s'en défendre, elle est sujette à quelques pertes de contrôle lorsqu'il s'agit d'eux. A croire que le mental prime sur le reste.

     



     
Caractère



     


« C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé.
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins. »


Acte II - Scène X

Je m'appelle Jaël. Je suis Jaël. Je suis création de la Terre et énigme de son hymne. Et je cours parmi ce temps que je fuis. Car à moi seule, je suis l'apogée de la peur. Malgré les apparences, il existe cette enfant apeurée, cachée au coeur de ma cage thoracique. Bien dissimulée, bien recroquevillée, certes, mais bien là, entre mes côtes. C'est cette enfant, autrefois, qui m'a poussée à devenir ce que je suis. Cette soeur, cette Jezabel n'est qu'une imposture, un bouclier de cristal dont personne ne voit la faille, pas même moi. Aujourd'hui, j'ai surpassé Jez', j'ai pris possession de la chair, des organes, du cerveau. Je suis l'âme qui m'installe et fait son nid, alors que l'autre se tait, trop affaiblie. Je suis venue pour la tuer, pour être le poignard, l'épée, la guillotine. Et je suis devenue le bourreau. J'ai tué Jezabel avant qu'elle ne déploie ses ailes pour enfin flirter avec les cieux. Je lui ai arraché les plumes, sans entendre ses plaintes dans mon myocarde. J'ai essuyé ses larmes parmi mes larmes, son sang parmi mon sang. Je suis un assassin, l'ombre dans l'obscurité de la nuit, cachée parmi les briques de la ruelle, qui se terre et attend sa victime. Je suis la dague qui s'enfonce entre les muscles, cherchant comme l'aiguille le point fatal qui fera cesser toute vie. Je suis la Mort et ses milles frénésies. Je suis la Nuit et ses cents extasies.

Je suis le sourire dans le rêve des enfants, le rire effrayant dans le cauchemar de leurs parents. Je suis le démon sous le lit, je suis la plume qui caresse l'épiderme pour éveiller l'angoisse. Je suis l'horreur qui s'étend jusqu'à la gloire de l'adrénaline. Je suis le trône de fer où se suicident le roi. Je suis le linceul qui se penche au dessus du cercueil dans un baiser mortifère. Je suis la Ligeia d'Allan, je suis la Charogne de Baudelaire.

Lorsque je tue, je sens la vie grouiller dans mes veines, et la rage, et la haine, d'être ce que je suis, de devenir ce que je serai. La pièce est toute écrite, et je danse avec chaque mot dont l'encre emprunte le sens. Je ne suis que l'actrice de l'auteur qui définit pour moi ma propre vie. Et si celle-ci se résume à un acte parmi d'autres, alors je le vivrai, car il est le dernier qui fut écrit pour moi.

On dit que seuls les anges portent des ailes de nacre. L'ironie fit de moi la miséricorde des Dieux, et il posa sur mon épaule une main tremblante, alors que j'offrais en pâture de pauvres carcasses vides. Les autres me traiteraient de folle et me livreraient au Jugement Dernier sans vergogne, en sachant que je trouverai l'Enfer dès ma pesée. Ils ne cherchent pas la cause de tout cela. Car si je suis devenue ceci, ce n'est pas à cause de moi. C'est à cause d'eux. Ils ont tous souhaité me jeter par-dessus des ponts, me faire tomber dans les puits, m'enterrer sous la terre. La plupart d'entre eux me regardent et me fustigent en un battement de cils. J'ai appris à ne plus les regarder. A ne regarder que Jezabel. C'est elle qui prit ma place, qui prit ma vie. Elle était l'honneur et l'apogée d'une famille. Elle était moi, mais au bon moment. Elle était moi, mais au bon instant.



     
©️ fiche par Ell, optimisée par Superno√A pour ASN

     

     
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Jeu 11 Aoû - 12:28




Autoportrait

Until I take you everything, you'll be my worst enemy.


ACTE I - SCENE I - La pluie perce les méandres de ses larmes, et les sèment sur ses joues. Si elle se veut diluvienne, elle semble aussi être l'avertissement d'un événement tragique à venir. Jehann est une femme de foi. Si elle marche sous l'averse, c'est pour livrer un paquet de la plus haute importance. Elle se doit d'être rapide, et discrète. On dit de cette époque que peu de personnes réalisaient de tels actes, pourtant, chaque semaine, on retrouvait un paquet devant la porte. Comme si les femmes se passaient le mot pour réserver une semaine bien particulière. Et aujourd'hui, c'est son tour. Au bout de la rue, elle vérifie que personne ne la verra. Mais la brume cache l'autre bout de l'avenue. Tant pis, elle accomplira sa tâche malgré tout. Elle se dépêche, sur le trottoir, passe une main sur le panier et réajuste le drap imperméable qu'elle y a déposé. Devant la porte, elle observe l'écriteau en majuscule, qui goutte sous la météo médiocre. Le caractère dramatique du paysage lui serre le coeur. Elle dépose le colis sur la marche, au plus près de la porte, posant une main désolée mais tendre sur le front du nourrisson, bien emmitouflé sous la couverture, les yeux clos. « Pardonnes-moi, Jaël. » L'enfant ne réagit pas à la voix de sa mère, épuisé de ces premiers jours d'existence. Une voiture crache à l'autre bout de la ville, surprenant la nouvelle mère dans la nuit. « J'espère que tu trouveras ici une vie bien meilleure que celle que j'aurais pu t'offrir. » Jehann a 20 ans. Elle est encore une fleur à peine éclose. Et elle ne souhaitait pas encore donner la vie. Jehann est chrétienne, elle a été baptisée non loin d'ici, dans l'une des plus belles églises d'Ecosse. Si elle a toujours souhaité baptiser son enfant dans ce même lieu, un jour, Jehann a un problème. Elle n'est pas mariée. A cette époque, chez les chrétiens, avoir un enfant hors-mariage est encore un moeurs que certains voient d'un mauvais oeil, comme les parents de Jehann. Et qui souhaiterait lui demander sa main, si, déjà, elle a offert son corps à un autre ? Ainsi, même si la femme ne désire que garder cette enfant, elle se relève et regarde une dernière fois l'Orphelinat. « Je suis désolée. Tellement.. tellement désolée. » Quelques secondes plus tard, elle disparaît sous le rideau gris formé par la pluie et ses fragrances. Dans les rues d’Édimbourg, cette nuit-là, les pleurs d'un enfant raisonnent et ne trouvent pas de fin. Il est seul face au vaste monde, comme il le sera toute sa vie.

ACTE II - SCENE IV - Allison prend une orange parmi d'autres fruits de la panière. Sa couleur épouse celle de son sourire, et elle rayonne en fanfaronnant dans l'entrée, avant de disparaître dans le jardin. L'été est accueillant, cette année, et milles prunes poussent dans les arbres du quartier. Les petits comme les grands s'amusent à les cueillir, pas à déraison, juste ce qu'il faut pour quelques minces plaisirs, une tarte, une confiture. La fillette se mêle à la foule, prenant la main de son plus grand frère, qui, lui, l'attire plus haut vers les branches, portant son petit corps frêle au-dessus de toutes les têtes du voisinage. De la façade de son logis, Moïra observe avec attention la scène, et une tendre affection germe dans son coeur. Elle apprécie ces moments plein de simplicité, mais pas dénués de sens à ses yeux. En se détournant pour regagner la cuisine, elle se demande si le plat ne sera pas un peu trop massif, suite à l'appétit dévorant pour les prunes de ses enfants. Elle trouve finalement Jaël, papillonnant des cils, près de la fenêtre. Jaël est la dernière arrivée dans sa grande famille. Après Allison et Fred, Moïra et son mari ont décidé d'ouvrir leur porte à une adolescente dont personne n'a réellement voulu. Ils savaient, par son histoire et les dires des parents précédents, qu'il serait difficile d'offrir à la jeune femme ce qu'elle désirait le plus : la liberté.

Jaël est une adolescente que l'on ne peut considérer comme difficile. Docile en général, ses notes sont certes parfois en dessous de la moyenne, mais son caractère est aisé à gérer. Jaël ne joue jamais avec sa soeur, ni même avec son frère, pourtant aussi vieux qu'elle. Jaël ne participe pas aux sorties, ni même aux activités familiales. Le plus clair de son temps, elle demeure dans sa chambre, se réfugiant à sa fenêtre pour observer le lointain, ou dans ses pages, écrivant de plus belles réalités. Moïra, en tant que mère, ne s'est jamais permise d'entrer dans cette bulle que sa fille adoptive a créé de toute pièce. Cet endroit est le sien, le seul refuge qui semble lui convenir. Jaël ne descend jamais au rez-de-chaussée, sauf pour les repas, où elle ne parle quasiment jamais. Lorsqu'une conversation éclate entre elle et ses parents, se sont souvent ces derniers qui se veulent non-muets. Elle regarde dans les yeux, oui, mais ne répond que très rarement. « Oh, Jaël. » Moïra ne confie jamais à sa fille ses inquiétudes. Autrefois, elle a été un peu similaire, cloîtrée avec elle-même dans son corps, sans ami, sans rien d'autre qu'elle-même. Elle n'a aucun geste d'affection envers son enfant, ne la touche jamais, et ne lui dévoile pas non plus ses émotions. Elle considère qu'elle est assez grande pour comprendre ce qu'il en est : elle a compris qu'elle ne considérerait jamais ce foyer comme une famille, mais comme un refuge, et peut-être, l'espère-t-elle, des amis ? « Je crains devoir reporté le poulet rôti du samedi soir, avec toutes ces prunes, Allison et Fred risquent bien de ne pas avoir grand appétit. » Moïra parle toujours à Jaël, même si elle ne lui répond pas. Sa tutrice à l'Orphelinat dit que cela l'aide tout de même à se sentir comme acceptée. Au début, il y a deux ans, elle a tenté d'obtenir quelques mots de force, mais s'est rapidement résignée, en constatant son échec cuisant. Elle se dirige vers le frigidaire, un instant, observe son intérieur comme si une recette surprise s'y était cachée.

« J'aurais 18 ans, dans trois jours. » La voix de Jaël est si rare, que lorsqu'elle parle, Moïra est toujours surprise. Fred dit même qu'on pourrait croire qu'elle regarde un film d'horreur. En se tournant vers sa cadette, elle constate que celle-ci n'a pas bougé. Elle fixe l'extérieur, sans prendre une quelconque autre expression que la neutralité. « Vous savez ce que cela signifie. » Jaël n'a jamais tutoyé ses parents. Elle conserve toujours une limite, une barrière que personne n'a pu jusque là franchir. Lorsqu'elle était plus jeune, sa tutrice dit qu'elle ne jouait pas avec les autres enfants. Elle ne riait pas. Elle était seule, dans un coin, un carnet posé sur les genoux, un crayon de bois entre les doigts. Dès qu'elle a pu écrire, elle s'est raconté des histoires. « Oui. Es-tu sûre de ne pas vouloir de l'aide ? » La jeune femme secoue ses longs cheveux de feu. Ce sont eux qui ont attirés quelques parents. Ils ont tous regretté. Jaël n'a jamais été méchante, ni un problème pour qui que ce soit. Elle paraissait toujours triste. C'est un fardeau qu'elle porte encore et qu'elle portera certainement toujours. A ses 18 ans, Jaël a décidé de partir, sans aide, sans retour. C'est ce qu'elle attend depuis longtemps, et elle ne veut pas avoir un quelconque lien avec le passé. Elle a refusé l'argent, elle a refusé toutes les propositions de Moïra. Sa mère adoptive sait ce qu'elle a l'intention de faire depuis des mois. Mais elle n'a jamais rien dit. « Je ne m'oppose en rien à ton souhait. Je veux simplement m'assurer que tu iras bien. Nous t'avons accueillie sous notre toit pendant deux ans. Tu portes notre nom de famille. Tu en fais partie, même si cela ne t'a jamais convenu. Je ne veux pas m'inquiéter, c'est tout ce que je demande. » Jaël sait que ses parents voudront des preuves de sa sécurité. Ils ignorent cependant que, même si elle promet, elle ne donnera aucune nouvelle, jamais. « J'écrirai. »

ACTE III - SCENE XII - Quand elle marche dans la rue, il a l'impression de voir une lionne. Pas une lionne de celle que l'on voit au Sud de l'Afrique, non, une lionne avec une crinière, une lionne aux allures de lion. Elle a toujours eu cette allure, fière, sûre, dominante. Lorsqu'elle est arrivée à l'Université, elle était une énigme pour tout le monde. Elle était celle que l'on ne pouvait approcher, à qui l'on ne pouvait parler. Rapidement, elle est devenue quelqu'un de connu par l'ensemble des élèves. A Oxford, seuls les bons élèves, ou les enfants issus d'une famille célèbre et riche, deviennent des personnalités. Elle, elle est différente. Elle n'est pas ici grâce à l'argent, elle n'est pas ici parce que son père a glissé un mot au Directeur, ou parce que sa mère a payé grassement le conseil d'administration. Elle est là pour son talent, pour sa passion. Elle écrit, voilà ce qu'elle fait. Et tout le monde le sait. Au début, ses camarades la dévisageaient, parce qu'elle était seule, dans le parc, à écrire, en paix. Dangmar ne l'a jamais regardée comme les autres. Le jour où il a croisé son regard, qu'il s'est noyé dans l'océan houleux de ses prunelles, son coeur a battu, pour la première fois depuis des années. Dangmar est un jeune homme que tout le monde connaît. Il est l'un des meilleurs élèves en Droit, et il est le fils d'un aristocrate. Tout le monde le respecte. Et, de ce fait, tout le monde l'a respectée, elle, Jaël, sa muse. Dangmar veut devenir avocat, certes, mais sa passion secrète, c'est le dessin. Avec elle, il peut devenir ce qu'il est vraiment. Pendant la première année, ils vont souvent ensembles dans le parc, elle écrit, il la dessine, et elle sourit, à la fin. Ils n'échangent pas un mot. Ils n'en ont pas besoin.

Dangmar n'est pas son petit-ami. Il n'est pas vraiment son ami, non plus. Mais elle l'obsède, c'est plus fort que lui. Lorsqu'un garçon pose les yeux sur elle, il veut le tuer. Lorsque quelqu'un tente de l'approcher, il s'impose. Il respecte sa solitude, il fait en sorte que personne ne vienne la troubler. Elle est spéciale, elle est différente. Elle est la major de sa promotion. Elle incite l'admiration. Tous les soirs, elle dort à l'internat. Elle a une chambre, à elle seule, où elle expose quelques uns de ses dessins. Il n'entre jamais, il reste toujours dans le couloir, lorsqu'il vient la chercher. Parfois, ils vont en ville, avec sa voiture. Ils achètent une glace, et vont flirter sur le fleuve. Il l'a invitée chez lui, mais elle n'est pas venue. Il lui a demandé si elle est timide, ou si elle est muette, mais elle lui a dit qu'elle n'est ni l'un ni l'autre, qu'elle ne parle pas lorsqu'elle estime qu'aucune réponse n'est réellement nécessaire. Après cela, il ne lui a posé que les questions les plus importantes, et elle lui a répondu.

Lorsqu'il pose  une main sur ses hanches, au bal de fin d'année, elle sourit timidement et le suit dans sa valse. Ils se regardent au fond des yeux, et il a l'impression de la transporter jusqu'au bout du monde. Tous les élèves leur jettent un oeil, même s'ils ont l'habitude, mais le couple n'y fait pas attention. Dangmar l'enlace, lorsque la musique leur échappe, et ils sortent à l'extérieur, pour qu'il puisse fumer une cigarette. Elle reste silencieuse. Dangmar ne sait pas s'il lui manquera, mais elle, elle lui manquera, c'est sûr. Dangmar a eu son diplôme, il sait quelle entreprise il va rejoindre, il a un destin tout tracé devant lui. Jaël, elle, ne sait rien de l'avenir. Beaucoup de journaux lui ont proposé un poste, mais elle ignore si elle désire en être. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Elle n'a jamais su. Mais Dangmar veut mettre un point final sur cette relation. Il veut la quitter, ou la garder, mais tourner la page de l'Université. Ils ne sont plus des enfants, désormais. « J'ai envie de toi, Jaël... » il lui murmure en la plaquant doucement contre le mur. Il st sincère, et elle le sait. Elle le regarde avec une étincelle étrange, comme si quelque chose s'animait en elle. « J'ai envie de toi depuis des années, mais je t'ai respectée, je t'ai protégée. J'ai tout fait pour toi, et tu me dois tout. » et elle fronce les sourcils, mais elle ne bouge pas, sous son joug. « Allez, viens, s'il te plaît. Tu m'aimes n'est-ce pas ? » et elle secoue la tête, en signe de négation. Elle l'aime, mais pas de cette façon. Lui, c'est cependant ça qu'il veut. Alors il fronce les sourcils, et il hausse le ton, sous le regard affligé mais fort de sa protégée. Pendant son discours, elle le fixe au fond des yeux, mais ne se résigne pas. Elle ne sait pas se défendre, mais elle sait fuir, s'il le faut. Elle tente de le pousser, mais il est trop fort. Lorsqu'il la laisse partir, il crie derrière elle, et elle presse le pas en direction des internats. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il n'est pas comme elle. Dangmar est un Nucklavee. Dangmar sait se rendre invisible. Ce soir-là, il utilise ce don pour la rattraper et la punir de son offense. Ce soir-là, il recueille ses larmes et son sang, avant de fuir comme un lâche qui ne pourrait ôter la vie à l'oisillon qui l'a déçu.

ACTE IV - SCENE I - Dans la pièce, il n'y a que trois personnes. La première est un homme, âgé d'une trentaine d'années, et pourtant, il s'apprête à tourner le film qui va lancer sa carrière. Assis sur un siège flambant neuf, le scénariste se penche vers son réalisateur, murmurant quelques phrases qui resteront secrètes. Aujourd'hui, Steven s'est levé du mauvais pied. Pour cette raison, il ne répond pas et se concentre sur ses notes. Il n'aime pas lorsque son assistant le presse dès le matin, et qu'il boit son café à l'arrière de sa voiture. S'ils sont là, c'est pour recruter une actrice. Ils cherchent l'égérie de leur prochain film, dont le tournage commencera dès la semaine prochaine. Une dizaine d'actrices est déjà monté sur scène, elles ont été choisies parmi des centaines. Mais aucune ne convient encore. Ils commencent même à avoir faim, car il est presque midi. Derrière eux, une jeune femme prend des notes. Ses études en cinématographie et son talent lui ont permis d'obtenir un stage auprès de lui, mais il s'en fiche. Il fait son travail, et son assistant s'occupe d'elle. Elle, s'est Jaël. Elle est ici parce qu'elle ne sait pas encore quoi faire de sa vie. Elle a tenté sa chance auprès d'un grand magazine, mais n'y a pas trouvé sa place. Puis d'un journal local, mais là encore, elle ne s'y sentait pas à son aise. Alors, elle tente le cinéma. Jaël ne se sent à sa place nulle part. N'ayant ni famille ni ami, elle n'a pas d'attache. C'est pour cela qu'elle est venue en Italie aussi aisément. Elle a appris la langue en quelques mois, entre les lignes de ses articles.

« Suivante ! » s'écrie le scénariste. Une autre entre, sur des talons hauts, et se stoppe, comme toutes les autres. Personne ne la regarde encore, ils sont tous trois rués sur leur papier. Elle les salue d'un ton haut et clair, contrairement aux timides précédentes. Jaël relève les yeux. C'est la première à la regarder, et elle la contemplera jusqu'à la fin de son audition. En réalité, elle ne parvient plus à prendre notes. Elle est obnubilée par cette femme. Pas comme le réalisateur, pas comme le scénariste, qui, lui, est simplement convaincu de son charisme, de son talent. Elle sera Carla, elle est déjà Carla. Pendant le représentation, la brune regarde en direction de Jaël. Elle-même ne sait pas si cela est fait exprès, mais peu importe, elle ne respire déjà plus. Elle est certainement la plus belle femme qu'elle n'a jamais vue. Et tout son corps s'en trouve retourné. Elle n'est plus seule. Elle a l'impression qu'en un instant, l'âme de cette femme s'est immiscé au plus profond d'elle-même. Là, alors que son myocarde frôle l'arrêt cardiaque, elle est subjuguée par un sentiment qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne croyait pas possible : l'attirance. Pas celle dont tout le monde parle, pas celle d'un homme envers une femme très séduisante. Celle d'un être irrévocablement destiné à un autre, une symbiose parfaite avec une personne dont elle ignore l'entièreté. Et soudainement, sa vie n'a plus de sens sans la sienne. Soudainement, elle se voit chaque jour de son existence auprès d'elle. Jaël vient tout simplement de rencontrer la femme de sa vie.

Dans les vestiaires, Lexie enfile ses chaussures, des baskets achetées à une braderie l'an dernier. Elle enchaîne les auditions, car elle a terminé son rôle secondaire dans une série télévisée. Elle a le pressentiment qui ne trompe pas : elle ne sera pas prise. Car lorsque l'équipe ne la regarde pas, alors, elle ne la prend pas. Mais peu importe, cet après-midi, elle court pour une autre, apprise la veille. Chimaera entre à son tour, elle ne laisse rien transparaître. Cette femme, Lexie ne la connaît pas, mais elle est sûre qu'elle la détesterait, comme aujourd'hui, comme maintenant. Car elle hait ceux qui se croient trop bons, alors qu'ils sont trop cons. Elle s'approche de son casier, alors qu'un tourbillon oranger apparaît sur le pas de la porte. Lexie ne connait pas son nom, mais Jaël était bien présente à son audition. Un moment, l'actrice se demande ce qu'elle vient faire ici. Elle s'excuse, s'approche de Chimaera avec un regard qui n'a rien d'anodin. « Je m'appelle Jaël. J'étais à votre audition. » La brune se montre peu courtoise, elle sait qu'elle n'est pas grand chose dans la chaîne alimentaire. « Hm ? Et que me voulez-vous ? » Jaël se penche vers elle, lui murmure quelques secrets, de quoi lui faire écarquiller les yeux. « Vous êtes sûre ? » La rousse hoche la tête, et lui déclare encore quelques faits. Elles repartent ensembles. En fait, Lexie constatera qu'elles ne se quitteront plus.

ACTE V - SCENE V - Orphan a deux siècles. Il vit par la chair, et il vivra toujours par elle. Il a accepté depuis bien longtemps sa nature, et, de ce fait, est un Stryge que l'on redoute entre les murs de la ville. A Ottawa, peu d'entre eux subsistent. Beaucoup sont partis visiter le monde, subjugués par cette immortalité qui leur permet d'avoir tout le temps qu'il faut. Sous son lourd capuchon noir, Orphan se prend pour un démon. Il est un mort qui mange à même les os. Cela fait quelques jours qu'il la suit. Mais cela fait bien plus longtemps qu'il cherche quelqu'un comme elle. Il vit seul depuis trop longtemps maintenant, et il ressent ce besoin effrayant de partager ses futurs repas. Elle, dans la ruelle, accélère le pas. Elle est loin d'être sotte, elle a senti son regard pesant sur elle depuis quelques minutes. Mais elle ignore qu'il ne lui échappera pas. Jaël n'a aucune issue. Elle mourra ce soir. Orphan déploie ses immenses ailes méphistophéliques, et plonge depuis l'immeuble où il l'observe. En quelques secondes, il s'écrase sur son petit corps, lui brisant certainement les jambes. Elle hurle, sonnerie chantante et funèbre. Il met une main sur sa bouche, la regarde au fond des yeux. « Tu es seule depuis trop longtemps, mon Amour. Tu n'as ta place qu'à mes côtés. » Lorsqu'il la mord, le venin s'immisce dans ses veines et perce ses artères pour se répandre. L'acide la consume peu à peu. D'un battement d'ailes, il se perche au-dessus de la ville, et attend patiemment que l'instant passe. Sa frénésie lui donne plus faim que jamais. Alors il trouve un autre cadavre à dépecer. Jaël se tortille douloureusement, elle ne parvient pas à se débarrasser de la souffrance qui la meurtrie. En tapant quelques chiffres sur son téléphone, elle parvient à donner sa destination à Chimaera. Elle ne tardera pas à venir. Mais il est déjà trop tard.

Lorsque la limousine la dépose au pied de l'impasse, elle se rue à l'intérieur sans prendre gare aux alertes de son chauffeur. Lui veut la protéger, elle n'a pas le temps. Elle tombe à genoux devant le corps de son attachée de presse, de son amie, de sa meilleure amie. Elle la secoue doucement, mais son corps est déjà froid. Elle n'a de réaction pour aucun de ses gestes, et même lorsqu'elle la porte contre son sein, elle ne respire plus. Des larmes tombent sur ses joues glaciales, et des sanglots emplissent déjà les lieux. « Emmènes-la loin d'ici, avant qu'un autre ne la trouve. » Orphan, sur un échafaudage, voit la brune relever les yeux vers lui. « Lorsqu'elle se réveillera, je la retrouverai. » Il s'envole, et les laisse, là, sans accroche, sans rien de plus que la douleur. Et comme il l'avait dit, il la retrouve. Jaël est une Stryge aux ailes de nacre. Parfaite opposée de lui, elle est dévore ceux qui n'ont pour elle aucun intérêt : les criminels. Lui la regarde, en silence, et lorsqu'elle se relève, lui essuie doucement la bouche, imbibée de sang. « Tu es tellement forte, et tellement belle. » Elle ne répond pas. Est-elle intriguée ou effrayée, il ne le sait pas. « Tes instincts t'ont poussé à te nourrir, mais tu ignores encore beaucoup de tes nouvelles capacités. Viens avec moi, je t'apprendrai. » Et elle le suit. Elle est son apprentie. Pendant un an et demi, elle demeure à ses côtés, chaque nuit, jusqu'à tout savoir de ce qu'elle est, et de ce que cela implique. « Qui a osé t'abandonner, mon Ange ? Tu es si parfaite, comment a-t-on pu te faire cela ? » Et chaque nuit, il la fait tourner en bourrique, et chaque nuit, elle s'enfonce dans ses ténèbres, qu'elle accepte à bras ouverts. Elle n'a jamais eu quelqu'un comme lui. « Si je savais qui ils sont, je les retrouverais, et je les tuerais tous pour toi. » Et sa haine grandit en son myocarde, silencieusement. Orphan l'aime, et la hait. Il la pousse à retrouver qui elle est, alors qu'elle arrache les muscles d'un tueur en série. Elle ferme les yeux et pleure. Elle n'a jamais aimé parler de ce qu'elle est. « Ils doivent payer. »

ACTE VI - SCENE X - Jezabel a une vie parfaite. Elle est parfaite. A sa naissance, sa mère l'a trouvée merveilleuse, et le lui a dit chaque jour de sa vie. Jezabel est cette femme que toutes les autres ont envie d'être. Elle a rencontré l'amour de sa vie, il l'a demandée en mariage, et ils tentent de faire un enfant. Elle a une immense maison, durement gagnée. Elle est chirurgienne. Elle sauve des vies. La vie de Jezabel se résume à être heureuse, chaque instant de sa journée. La seule perspective qu'il lui reste, c'est de voir son ventre s'arrondir, et avoir cet enfant qu'elle attend à la déraison. Aujourd'hui, elle marche en direction de l'hôpital, en espérant y trouver quelques réponses. C'est un jour important, puisqu'elle doit obtenir quelques conseils d'une sage-femme pour enfanter plus facilement, entre deux opérations prévues depuis des semaines. Ce rendez-vous, elle l'attendait avec impatience, et Jaël aussi. Posée sur le toit du bâtiment, elle observe la rousse à la dérobée. Cela fait longtemps déjà qu'elle la contemple. Si l'obsession a surpassé la curiosité, c'est parce qu'elle n'a jamais osé sauter le pas. Oh, elle a souhaité, de nombreuses fois, aller lui parler. Mais elle s'est contentée de l'approcher pour demander une cigarette. Jezabel ne la connait pas, elle ne la connaîtra que ce jour. Le destin avait écrit qu'elles se rencontreraient à ce moment précis. Sauf que seule Jaël le sait. Jaël a vu Jezabel pour la première fois il y a cinq ans. Alors qu'elle était une jeune Stryge, Chimaera l'a poussée à déployer ses ailes, et à chercher qui elle est vraiment. Si ses parents sont désormais morts, seule sa petite soeur subsiste. Jezabel. Le pire, c'est qu'elles se ressemblent. Non, le pire, c'est qu'elle a tout reçu à sa place. Pourquoi fut-elle abandonnée, et pourquoi Jezabel fut l'enfant chéri, elle l'ignore. Elle ne souhaite même plus le découvrir. Elle veut juste lui faire mal.

Jezabel ne se souvient pas de Jaël. Lorsque celle-ci l'a approchée dans le parc, elle n'a obtenu pour souvenir que son visage. Si la ressemblance était troublante, elle a rapidement oublié cet épisode. Un briquet, une cigarette, quelques phrases banales, et elle avait déjà disparue. Elle ne s'en rappelle plus. Pourtant, lorsqu'elle entre dans le grand bâtiment, elle ne sait pas qu'elle n'y reviendra plus jamais. Jaël attend, patiemment, sous la pluie, sous le vent. Une heure, puis deux, mais toujours pas de trace de sa cadette. L'anxiété lui donne faim. Une faim terrible, digne des plus grands fauves. Lorsqu'elle se jette sur sa proie, quelques rues plus loin, elle avale sa chair jusqu'à sentir sa force se décupler. Le cadavre a l'impression qu'elle n'a pas mangé depuis des semaines. Et il a tord. Jaël se nourrit tous les deux ou trois jours. Elle est toujours au sommet, ne sait-on jamais. « Seigneur.. » Lorsque la Bête relève les yeux, elle n'est que sang défiguré. Jaël est un monstre nocturne que personne ne souhaite croiser. Et Jezabel, aujourd'hui, était destinée à la trouver. Ce qui gît en Jaël, à cet instant, c'est la colère. La colère d'avoir été remplacée par cette soeur qui lui ressemble pourtant comme une jumelle. D'avoir été abandonnée dans ce monde froid, alors qu'elle obtenait ce qu'elle désirait. D'avoir subi cette vie, alors qu'elle en avait une bien meilleure. Elle ne sait plus qui Jezabel se trouve être. Elle ne se souvient que de ce qu'elle est, elle, Jaël, imparfaite, indigne de grandir à ses côtés. De quoi on l'avait privée, elle ne le sait que trop bien.

Jezabel veut s'enfuir. Mais il est trop tard. Jaël est plus rapide que ces semblables qui tentent de ne pas être ce qu'ils sont. Lorsqu'elle croise son regard, elle sourit. Jezabel est son obsession depuis trop longtemps. Elle l'aime autant qu'elle la hait. Et elle veut la haïr, aujourd'hui, comme elle n'a jamais haï. De ses deux ailes, elle chasse les derniers rayons de lumière qui s'infiltrent dans la rue. Soudainement, tout n'est qu'obscurité. « Pitié, je.. » Mais a-t-on eu de la pitié, pour Jaël ? Jamais. A-t-on entendu ses plaintes ? Jamais. Lui a-t-on laissé une chance ? Jamais. Pourquoi serait-elle plus clémente ? Pourquoi pardonnerait-elle ? Elle est l'Ombre de Jezabel. Elle est son brouillon. Un brouillon que l'on a jamais fini et qu'on a laissé pourrir parmi les autres ordures. Elle n'est qu'un enfant dont on n'a pas voulu et que l'on a remplacé. Pourquoi pardonner ? Elle est le fruit du néant. Elle a été jetée à la mer, sans arme, ni larme. Elle est la chrysalide que Jezabel a délaissée en devenant le papillon. Pourquoi pardonner ?! Elle veut la tuer. Elle la tue. Elle la tuerait milles fois. Elle lui prendrait tout. Et ce n'est que lorsqu'elle repose, sans vie, sous ses yeux noyés, qu'elle crache un sanglot dégueulasse. « Pourquoi fus-tu meilleure que moi ?! » Elle hurle, elle crache son venin au-delà de ses veines. « Pourquoi t'ont-ils choisie ?! Pourquoi m'ont-ils abandonnée ?! » Elle s'envole, aux milles confins des cieux. Et c'est à eux, comme s'ils s'agissaient là du Paradis où ses parents pourraient être, qu'elle s'adresse. « Pourquoi ne m'avez-vous pas aimée ?! Pourquoi, qu'ai-je fait ?! Qu'avait-elle que je n'avais pas ?! » Et le tonnerre gronde sur la ville, seul écho qui lui parviendra toute sa vie.

EMMY alias poopy
J'aime déjà vos chairs.  :ohyou:




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Dernière édition par Jaël Weaver le Jeu 11 Aoû - 13:13, édité 2 fois
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Jeu 11 Aoû - 12:29
TATA. WESH.
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Jeu 11 Aoû - 12:32
OH PUTAIN.
JAËL !

JEZ' VA TE BOUFFER LES FESSES !
ET CHIM' TE FAIT DES MIMUHS DE BESTFRIEND !

JOTEM.
WALA.
JOTEEEEEEEEEEEEEEEEEM.
:3
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Jeu 11 Aoû - 12:33
MAIS TU TE CAAAAAAAAAAALMES ! **
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Sidh - Banshee
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Sidh - Banshee

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Messages : 607 Je suis arrivé(e) le : 28/06/2016 Sous les traits de : Tom Hardy Je me dédouble : Micah Rosner Pseudo : Sinsina Crédits : Evie (ava), opticaloperator & lyrawhite (icons) Points : 1499 Couleurs RP : #56A30F

J'ai : 32 ans Age d'apparence : 32 ans Actuellement, je suis : Célibataire
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Jeu 11 Aoû - 14:24
Rebienvenue :cheer:
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Jeu 11 Aoû - 14:58
Moi je t'aime pas :alan: Mais bienvenue keu même rouckemoute de mon pas-coeur !
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Jeu 11 Aoû - 17:07
J'étais obligée....


JAËL ! LA FEMME DE MA VIE, MA MEILLEURE AMIE, MON ATTACHÉE DE PRESSE INCOMPÉTENTE !

JOTEM.

:yolo:
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