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vinter & lem ▽ Running with the wolves.

 :: Archives des rps

Beauty isn't everything. It's the only thing
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Messages : 220 Je suis arrivé(e) le : 08/07/2016 Sous les traits de : Elle Fanning Je me dédouble : Mara D. Danvers Pseudo : Melkin Crédits : merenwen & sosoland Points : 1524 Couleurs RP : #AE7F00 Dancing with myself.

J'ai : 16 ans Age d'apparence : ... 16 ans Je travaille comme : étudiante en anatomo-pathologie Actuellement, je suis : célibataire par choix, mais pas le mien Pouvoir : contrôle de la Chair Niveau social : modestement boursière.

Je suis seule à crever,
Et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi,
Nous allons nous connaître
Préparez votre temps,
Pour vous j'ai tout le mien.




Je n'ai pas connu d'autre garçon que toi
Si j'en ai connu, je ne m'en souviens pas
A quoi bon chercher
Faire des comparaisons
J'ai un coeur qui sait quand il a raison
Et puisqu'il a pris ton nom...
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Mar 19 Juil - 13:06

Running with the wolves.
"But we're running out of time. Oh, all the echoes in my mind cry. There's blood on your lies, the sky's open wide. There is nowhere for you to hide, the hunter's moon is shining."

Aurora - Running with the wolves ▽ Le vent jouait en sifflant dans les branches vertes des grands résineux et agitait la crinière blonde de grands éclats de rire. Peupliers et bouleaux semblaient la saluer, courbés avec une révérence plus ancienne encore que le premier jour des Hommes et le chant des rivières claires la transportait tandis qu'elle marchait seule dans l'immensité verte, ocre, brune, rouge ou bleu-grises... des infinités de couleurs, d'odeurs et de sons. Des bavardages d’écureuils gris côtoyaient les pas de gigue des petites souris sauteuses des bois, sous les brames des orignaux. Elle joua à cache-cache avec le soleil à l'ombre de grandes feuilles et son rire cristallin éclaboussa l'air frais de son innocence jamais perdue. Lem était une petite fille, enfant de la nature qui aimait confusément les fleurs et les chiffons, qui évoluait dans la nature comme si elle ne l'avait jamais quitté mais le cœur gros de la redécouvrir. Il n'y avait rien de plus beau, de plus touchant, de plus familier que ces épinettes démesurées, que l'odeur doucereuse de la mousse gorgée de rosée, sa sensation fraîche sous ses pieds nus. La Pixie évoluait lentement, avec un plaisir non feint en caressant au passage les longues fougères qu'elle traversait, les yeux fermés et la tête dodelinante pour s'étourdir encore et encore des fragrances de Mère Nature.

C'était l'amour à perte de vues, dans les chants et les cris, dans les douceurs des plantes et les bavardes de ses amies les abeilles qui avaient pourtant fort à faire en cette saison. Et même si la culpabilité rongeait le cœur pourtant pur de la jeune Faë, c'était son amour débordant pour la Mère qui l’emportait. Quand elle dormait dans un lit de mousse ou à l'ombre d'un grand conifère, s'abreuvait d'eau clair ou s’oubliait en courant dans les hautes herbes... l'amour était partout ; il l’étourdissait ! Combien de temps sans la caresse de la Nature ? Ô, Mère, tes bienfaits offerts à cette enfant parfois si ingrate te couvre de grandeur. Car la Nature offre, et elle ne reprend rien. Ce qui est à elle lui revient un jour, retournant au sol pour faire naître d'autres vies. La forêt est immense, elle est pour Lem un cœur qui bat à l’unisson du sien. Cette forêt, elle la connait un peu, mais sans vraiment savoir ses secrets. Ce n'est pas la sienne : elle n'appartient à personne. La blonde se ressourçait sans pareil à son contact : ses yeux voyaient à perte de vue, ses oreilles entendaient, ses poumons respiraient plus que de raison. Et son esprit avait toujours peur, son cœur croyait toujours. Elle était en vie, follement.

Au cœur de la forêt, là où l'Homme ne met que rarement les pieds, la Pixie avait nagé nue dans la rivière au courant aimable et retrouvé son arbre-maison. Elle avait dormit contre cet aulne adoré à la base recouverte de lichens jaunes, verts et gris pâle. l'air était frais et moite et la jeune fille s'était simplement endormie, bienheureuse, sans rien demander à personne. Elle ressemblait à une Belle aux Bois Dormants ordinaire, le corps encore humide uniquement vêtu d'un short en jean et d'une chemise fluide et bien trop grande ; le reste avait été superflu et elle l'avait abandonné sans remord dans les sous-bois. Le confort moderne ? Il n'était rien comparé aux lits d'herbes, à son sommeil d'enfant bercé par les piaillements des roitelets et la gentille caresse du soleil d'après-midi sur sa peau. Elle demeura là, contre sa maison, rêvant de milles choses, milles voyages, milles visages. L'un d'entre eux, à l'ovale lunaire et aux grands yeux toujours un peu humides, était plus présent que les autres. Le mufle aimable d'un animal fantastique, ses écailles irisées brillant dans la lumière. L'odeur de son crin, entêtante, la délicate caresse de son regard plein d'amour mais de tristesse.

Lem était partie ; son cœur demeurait gros de cette séparation qui n'avait servi à rien, en définitive. Elle n'avait pas encore retrouver le monstre qui avait traumatisé son amie. Tout cela avait un gout doux-amer et à présent, la blonde ne rêvait que de ces grands yeux bleus. La reverrait-elle ? La forêt était si vaste... mais Vinter était son enfant, sa gardienne. Elle n'ignorait rien de ce qu'il s'y passait, parlant aux plantes et aux animaux. La Qilin vivait par la forêt.... et c'était pour ça que Lem ne laisserait personne toucher cet endroit.

A l'ombre de son aulne, l'enfant s'endort et ses rêves sont peuplés de cette créature à l'air si doux dont elle a brisé le cœur.
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Dim 24 Juil - 12:34


RUNNING WITH THE WOLVES

The wind is my voice, the tree is my eyes.


Ce matin, les abeilles se faufilent une à une hors de la ruche, en savourant quelques minutes les brins de soleil qui les inondent. Leurs petites antennes aux quelques tâches d'or se déploient pour respirer ce qui les entoure. Elles ne prendront seulement pas plus longtemps pour s'envoler. Aujourd'hui, elles ont beaucoup à faire, comme demain, et encore ensuite. Le printemps et l'été sonnent pour elles les deux saisons verdoyantes et fleuries, les seuls mois où elles peuvent vivre complètement, sans jamais se reposer. Peu d'animaux, en réalité, se reposent, dans cette forêt. Les ours chassent le poisson, de grands coups de pattes, à la rivière, les loups tentent de repérer une proie, dans la forêt, alors que les biches s'en cachent, les lapins font sortir leurs petits de leur terrier pour les guider parmi les broussailles, oh, et même les plus petites fourmis ne cessent d'aller et venir en portant milles tonnes sur le dos. Pendant l'été, personne ne se repose vraiment, il y a tant à faire avant l'hiver. Et Vinter, elle, fait aussi en sorte de ne jamais rester immobile. Si elle aime le soleil et la chaleur, et le vert des feuilles, et les rayons entre elles, et l'odeur de l'humus, et la douceur de la mousse, et le bruit de la rivière, elle sait que chaque chose a son temps. Et aujourd'hui, alors que tous se réveillent, elle arbore la forêt pour mieux surveiller. C'est ce qu'elle fait : elle surveille. Elle est le guide entre les arbres, elle est la paire d'yeux qui observe tout. Aujourd'hui, elle effectuera trois tours de garde : un le matin, un l'après-midi, et un le soleil couché. Dans sa marche, elle salue d'un sourire une biche accompagnée de son fils, né l'hiver dernier. Elle ne l'a pas revu depuis lors, et est finalement bien heureuse de le voir si grand. Car il est clair que beaucoup d'êtres voyant le jour en hiver, demeurent en hiver. Elle caresse l'écorce d'un grand chêne, marche de ses petits pieds nus sur les herbes qui la câlinent au passage. Elle sourit. Ici est le plus bel endroit du monde, sauf qu'elle seule le sait.

Elle s'arrête près de la barrière Ouest. Elle pense « barrière », car elle ne peut franchir cet endroit. Elle en est incapable. Quelques années auparavant, quelqu'un l'a emmenée bien plus loin, bien plus profondément dans le désert macabre. Elle en est revenue meurtrie, traumatisée, et terriblement triste. Mais elle n'a rien dit. Elle n'a, de toute façon, plus rien dit du tout. De là où elle se trouve, droite, immobile, et silencieuse, elle peut apercevoir les vestiges de magnifiques arbres, baignés sous le soleil d'été. Entre ses côtes, une flamme sommeille et s'agite au gré de la brise chaleureuse. Elle sait qu'un jour, ils seront tous vengés. Vinter ne supporte pas l'odeur et la vision de la mort. Surtout de l'Ouest. Elle les a connu, ces arbres. Elle se rappelle avoir parcouru ces terres en compagnie de sa mère, il y a des années. Elle se souvient avoir discuté avec les fleurs qui jaillissaient, ça et là. Elle se souvient de sa première rencontre avec l'Ourse, qui dut quitter son logis face aux Hommes. Cette vision qu'elle contemple tous les jours n'est qu'un rappel quotidien de la cruauté du monde qui s'étend au-delà. Ce monde qui l'attire et la repousse, comme un double-aimant. Ce monde qui n'est pas si loin, et qui ne cesse de se rapprocher, de creuser dans la forêt pour une raison qu'elle ignore. Mais elle sent en elle un instinct étrange, celui que les animaux possèdent, celui qui lui hurle sans cesse de se défendre, ou de fuir. Lorsqu'elle a vu le cimetière pour la première fois, elle a préféré fuir, trop faible pour montrer les crocs et être sûre de gagner le combat. Mais un autre viendra, et elle sera prête. Et elle ne reculera pas.

A ses pieds, un glouton vient se blottir dans une salutation joyeuse. Il lui murmure des choses qu'elle seule peut entendre. Elle s'accroupit au-dessus de lui, passe une main douce à travers ses poils orangers, lui arrache quelques touffes d'herbe calfeutrées entre ceux-là. Vinter a un rapport particulier avec chaque animal. Elle leur donne tous un nom, qu'ils acceptent avec pudeur et secret. Cet individu, elle l'a appelé Sunnyhell. Car les gloutons apprécient leur image de petit monstre à quatre pattes, mais aux couleurs rougissantes, surtout avec l'été qui avance. Bientôt, Sunnyhel aura six ans. Vinter a du mal à accepter que le temps passe et, qu'un jour, chaque animal mourra sous ses yeux. Elle sait que seuls les arbres les plus vieux auront assisté à sa vie, et à sa mort. Tout ce qu'elle connaîtra entre temps ne verront que trop peu pour pleurer sur son petit corps blanc. Le glouton, lui, a eu cinq petits il y a peu, alors, elle demande des nouvelles, et danse avec lui pour fêter l'événement. Mais un murmure encore plus bas, plus silencieux, presque inaudible, se fait entendre. Vinter se stoppe, place un doigt sur ses lèvres pour faire signe de ne plus faire un bruit. Et elle tend l'oreille. « Quelqu'un est entré... Elle est entrée... Elle est revenue parmi les siens... » chuchote un arbre dans le vent, à quelques mètres de là. Il faut être attentif, pour entendre les plantes. Elles sont si paisibles et si immobiles qu'elles ne font que murmurer.

Elle. De qui l'arbre veut-il parler ? Il n'y a qu'un moyen de le savoir : aller la chercher. Soudainement beaucoup plus sérieuse – car peu d'humains s'autorisent à entrer dans la forêt, et plus rares encore sont ceux qui échappent à sa ronde. Elle salue le glouton, lui intime de retourner à sa tanière auprès de ses enfants. Aussitôt, il file, et disparaît dans les plantes. Elle, elle court toucher l'écorce de son interlocuteur. « Son visage.. tu le connais... Elle était ton amie... » Il n'y a plus aucun doute. Lem. Cela fait des années maintenant qu'elle n'a plus entendu parler d'elle. Elle ne sait même plus si elle parviendrait à dessiner son visage dans sa tête. Elle inspire. Où était-elle allée, pendant tout ce temps ? Pourquoi l'a-t-elle abandonnée ? Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Pourquoi lui a-t-elle fait la même chose que sa mère ? Et surtout, pourquoi, pourquoi l'avait-elle laissé ici toute seule ? Tant de questions, sans réponse jusqu'ici. Mais peut-être les trouverait-elle avec Lem. Il faut, de toute évidence, qu'elle la voit. Immédiatement. Elle suit les indications de l'arbre, court avec l'oiseau qui l'a vue depuis le ciel. Il danse avec elle dans une course effrénée. Lorsqu'elle parvient à son but, elle remercie le petit qui s'envole à nouveau pour retourner à son nid. Et elle, elle ne bouge plus. Elle l'observe, attentive, et curieuse, comme si elle n'avait jamais connu cette jeune femme. Elle n'a pas beaucoup changée, du moins, en apparence. Ses traits sont un peu moins enfantins, autour de ses yeux. Mais rien de plus. Elle rit, aux éclats, heureuse de retrouver ces lieux où elle a habité autrefois. Et pourtant, Vinter ne bouge pas. Oh, elle a envie de se précipiter vers elle, pour retrouver un semblant de passé, ces temps où, ensembles, elles vivaient avec la forêt. Mais Lem est partie, depuis. Et elle a laissé Vinter avec ses doutes, avec ses incertitudes. La pauvre enfant l'a longtemps crue morte, puis fourbe, puis en danger, puis simplement lâche. Trop lâche pour lui dire qu'elle partait, de peur, peut-être, de la voir pleurer. La petite aux cheveux blancs se terre derrière les buissons, et attend.

Lorsque Lem se couche doucement, fermant les yeux pour s'endormir là, paisiblement, Vinter attend encore. Ce n'est que lorsqu'elle est sûre que son ancienne amie dort profondément, qu'elle s'avance pour mieux l'observer. En penchant la tête, comme un animal curieux venant de faire une découverte, elle contemple son visage qui lui a tant manqué, et qui lui a pourtant tant fait mal. Longtemps, elle reste là, à mémoriser ses traits, et à se demander quoi faire à son réveil. Ce n'est que lorsque celui-ci intervient qu'elle remarque ne pas avoir trouvé de réponse. Alors elle s'enfuit, en quelques mouvements, monte se réfugier dans un arbre, bien en hauteur. Debout entre ses branches, elle contemple le petit monstre qui a illuminé puis éteint sa vie. Et elle ne dit rien, pas même en pensée. Elle se contente de la regarder, le visage neutre, ne sachant quoi faire, ne sachant même pas s'il lui faut sourire, ou pleurer, ou crier.



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Messages : 220 Je suis arrivé(e) le : 08/07/2016 Sous les traits de : Elle Fanning Je me dédouble : Mara D. Danvers Pseudo : Melkin Crédits : merenwen & sosoland Points : 1524 Couleurs RP : #AE7F00 Dancing with myself.

J'ai : 16 ans Age d'apparence : ... 16 ans Je travaille comme : étudiante en anatomo-pathologie Actuellement, je suis : célibataire par choix, mais pas le mien Pouvoir : contrôle de la Chair Niveau social : modestement boursière.

Je suis seule à crever,
Et je sais où vous êtes
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Lun 25 Juil - 13:42

Running with the wolves.
"But we're running out of time. Oh, all the echoes in my mind cry. There's blood on your lies, the sky's open wide. There is nowhere for you to hide, the hunter's moon is shining."

Aurora - Running with the wolves ▽ La forêt ne lui est ni sombre, ni hostile même si ce n'et pas la sienne. Lem n'appartient à aucune terre et nul ne peut revendiquer la nature, elle le sait ; la Faë n'est que l'enfant de la nature, celui né d'une bouche de rosée et de lèvres de mousse. Elle est né parmi les Hommes mais c'est la Nature qui l'avait engendrée et elle peut évoluer en elle sans heurt, sans crainte. L'odeur forte de l'humus, des longs tapis humides... le chant des fleurs et des abeilles. Tout cela lui avait cruellement manqué mais pas tant que l'absence de cette belle créature à l'air à la fois timide et aimable qu'était Vinter. Dans chacune de ses formes, elle était la douceur et la gentillesse et la Pixie l'admirait de parler ainsi à tout ce qui vit, là où elle-même ne savait converser qu'avec ses amies insectes. Elle avait été phasme sur les écorces sombres, luciole joueuse dans les cheveux blancs de la Qilin. Elle dormait à l'ombre de son corps, petite chose ailée aux ailes poudrées de milles couleurs. Et dans ses sommeils d'enfant, Lem rêvait de Vinter. De l'absence et de la souffrance, mais surtout de la joie et de l'amour. C'est ce chant qui la berce, de hautes notes positives. Elle est partie à la faveur d'une nuit, sans rien dire, pour ne pas la voir pleurer. L'instant d'après, Lem avait été sûre d'avoir fait le bon choix, puis sûre de s'être trompée. Elle avait rejoins la grande cité des hommes une boule au ventre comme jamais elle n'ne avait eu mais c'était pour une juste cause, d'après elle. Quelle cause est assez juste pour justifier la tristesse ?

Dans son sommeil profond, la Pixie rêvait. Elle embellissait ses souvenirs de belles fleurs et de sourires, de vision de nature sauvage, d'affection simple. Ca avait toujours été simple avec Vinter, parce que la Qilin ne mentait pas, ne travestissait rien. Quand elle en savait pas, elle l'admettait, elle ne se perdait pas en spéculation. Quand elle aimait, elle aimait sincèrement, comme s'aime les oiseaux inséparables. VInter était transparente, claire et chantante comme l'eau vive. VInter était de toute sa vie, la seule qui avait réussi à lui faire poser le pied sur une terre plus de quelques jours. Vinter était son amie et sa sœur Elle ignore que l'enfant des bois l'observe, tandis qu'elle s'agite et prononce son prénom? "Vinter...", comme si elle la sentait par delà les portes du rêve. "Vinter..." ; elle la cherche, elle l'appelle alors que c'est elle qui est partie. La Qilin fuit entre les arbres et disparaît comme une biche farouche. Elle tend la main et Vinter n'est déjà même plus n soupir. Elle touche du vent, les yeux grands ouverts sur l'immensité de la forêt. "Oh !", fit sa bouche en s'entrouvrant sur un souffle avorté comme peuvent le faire les enfants surpris. La Pixie relève la tête et aperçoit ce qu'elle pensait n’être qu’un rêve dans les branches d'un arbre massif et aimable. Un de ces grands aulnes comme le sien. C'est là qu'elle la voit : le soleil jouait dans ses cheveux blancs, sur sa peau l'albâtre. VInter est brillante, elle est douce et sauvage ; elle est comme l'ivoire. Comme la neige et comme le vent. Elle est là, puis n'est plus. Elle est partout dans sa forêt. Elle est sa tendre amie qu’elle a laissé, bêtement. Lem le comprend. Elle se perd un instant dans les grands yeux neutres de la Qilin, avant de se relever. Elle ne doit pas s'exciter, pour ne pas effaroucher son amie ; Vinter est la seule personne avec laquelle la blonde est calme.

La Qilin ne dit rien, sur son arbre perchée et Lem ne sait trop quoi dire. Elles e sent bête et tête relevée, bras ballants le long du corps, elle essaye de contenir cette émotion sauvage qui la submerge, qui la ravage. Ce n'est pas une fille qui se fait du mal, alors elle se laisse aller. C'est l'eau de ses yeux qui parle à Vinter, dans des pleurs d'enfant pris en faute mais si heureux de revoir son amie. Elle pleure de tristesse et de joie mêlées ; c'est sain car elle est plus heureuse que tristesses et ses bras se lèvent vers la Qilin comme pour la supplier de ne pas avoir peur. Elle pourrait prendre sa petite forme ailée, pour rendre les choses plus aisés mais Lem aime la vulnérabilité et la maladresse des grands corps humains. Les difficultés qu'ils rencontrent rendent les choses plus touchantes, pour elle. Pourraient-elles rejouer comme avant, à grimper dans les arbres. Essuyant son minois un peu crotté, la Pixie se décide à saisir une branche de l'arbre d'un saut de gosse ; elle saisit le bois, agile petit singe des forêts sans peur, sans crainte. Si l'oiseau fuit, elle irait le voir. Mais l'enfant peine un peu, la mousse humide glissant sous ses doigts. Elle se donne de la peine et se hisse au petit bonheur la chance, courageuse dans son escalade, se mordant un peu la langue en manquant de tomber de si haut. Elle ne se transformera pas : rejoindre Vinter doit être difficile, pour lui prouver qu'elle voulait absolument la revoir.

"Je triche pas ! t'as vu je triche pas !", dit Lem en s'appliquant, espérant que la Qilin ne disparaisse pas encore. "Je tri..."

Elle glisse alors, la pauvre enfant, et chute des hauteurs de l'arbre en un cri étouffé. Elle se fout la trouille comme pas permis et cherche à se rattraper aux basses branches, sans succès. Elle a peur de l'impact et ses grands yeux se braquent où ils peuvent... c'est à dire nulle part et partout à la fois.

"Vin- !", hurle Lem en tombant, " - s'cours !"

C'est idiot. Elle aurait voulu monter en quelques secondes, embrasser ce petit nez adorable, lui chanter quelque chose pour ne pas avoir à parler de choses compliquées. La regarder, encore et encore. Avoir la classe. Au lieu de cela, elle avait la maladresse de tomber du haut de l’aulne.
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Mer 27 Juil - 18:34


RUNNING WITH THE WOLVES

The wind is my voice, the tree is my eyes.


Lem fait partie du passé de Vinter, et du passé de cette forêt. Enracinée ici avec elle, elle était le rire, la joie, l'amour. Elle emplissait tous les vides laissés par la douleur. Sans s'en rendre compte, certainement. L'Esprit de la Forêt ne se souvient même plus de la première fois où elle a rencontré Lem. Elles étaient jeunes, trop jeunes pour avoir quelques souvenirs à se mettre en tête. Du plus loin qui lui revienne, Lem était là. Elle a toujours été là, auprès d'elle. Une amie, une confidente, une sœur. Elle a couru parmi les fleurs, savourer le bruissement du vent, aimer l'eau de la rivière, et chaque animal l'avait accueillie comme il l'avait fait pour Vinter. Elle était devenue tant de symboles, tant de multitude. Elle était l'oiseau dont le chant réveillait le matin sous les couleurs chaleureuses et enivrantes du soleil d'été. Elle était le cerisier qui offrait milles fruits aux anges de la terre, nourrissant bêtes et plantes, et elle était les saveurs uniques de chacun de ces milles fruits, sucrée, entêtante, douce. Elle était le paon du jour, sa blancheur, sa pureté, qui virevoltait ça et là, entre quelques pétales roses ou nacrées. Elle était... tellement. Autrefois. Lem a grandi avec elle, elles ont même découvert le monde ensembles. Elles ont appris à comprendre la forêt, ensembles. Et lorsque la mère de Vinter est partie, elles étaient toujours debout. Rien ne semblait pouvoir les arrêter. Rien, sauf elles-mêmes. Car les choses ont bien changées, n'est-ce pas ? Le pire, dans tout cela, c'est que la petite ne sait toujours pas comment réagir. Être en colère ? Elle ne sait même pas réellement ce que c'est, lorsqu'il s'agit de relation humaine. Elle n'a toujours connu que les plantes, les animaux, et Lem. Et Lem...

Vinter penche légèrement la tête, à l'entente de sa voix. Cela fait des années qu'elle n'a pas entendu de voix comme celle-ci. A dire vrai, elle l'a attendue. Au fond d'elle, le vide a fait son nid avec l'oiseau du paradis. Elle est creuse, depuis qu'elle est seule. Au début, il y avait l'Ourse, il y avait les Oursons du printemps. Il y avait les louveteaux, l'hiver suivant. Mais elle était toujours seule, finalement. Les animaux ne sont pas vraiment les siens. La nuit où Lem a quitté la forêt, Vinter s'est réveillée en sursaut. Le rêve qu'elles faisaient ensembles s'était dissipé comme une aurore boréale à la fin de la nuit. L'Esprit de la Forêt n'a pas mis longtemps à retrouver sa trace, mais, déjà, Lem était au-delà de la lisière. Il n'y avait pas là grand danger, mais Vinter se refusait d'aller au-delà. La peur de trouver quelque chose qu'elle ne connaît pas, de trop grand, de trop bruyant, de trop mort. Elle l'a suppliée, du regard, et de ses cent larmes salées. Elle l'a suppliée de revenir, le visage décomposé, les bras tendus vers elle comme l'arbre qui l'a toujours bercée. Lorsque sa sœur lui a tourné le dos, Vinter est tombée à genoux face au néant de la ville. Elle a fixé sa silhouette s'éloigner, puis disparaître loin des cimes. Elle est restée trois jours et trois nuits, là, sans manger, sans boire. Les animaux et les plantes lui murmuraient des choses, mais elle n'écoutait pas. Car sans Lem, elle ignorait si elle serait quelqu'un. Elle n'avait jamais vécu sans Lem. Elle n'avait jamais survécu sans elle non plus. Pourquoi était-elle partie ? Que recherchait-elle, alors ? Vinter s'est posé milles questions, à son retour, pendant qu'elle reprenait des forces. Mais aucune réponse ne lui parvint, et aucun arbre ne semblait savoir ce qu'il en retournait. Elle était seule, peut-être pour toujours.

Rien ne l'aurait poussé à croire que Lem reviendrait. Sa mère était bien partie pour toujours, alors pourquoi Lem reviendrait-elle ? Même les oiseaux qui partaient vers le Sud pour l'été ne parvenaient pas à lui ramener des nouvelles. Etait-elle trop discrète, ou trop loin, personne ne le savait. Vinter a du vivre avec ce lourd chagrin sur les épaules. Pour cette raison, peut-être, elle ne bouge toujours pas. Beaucoup d'émotions, dont l'humanité est flagrante, la transpercent. D'une part, elle est heureuse au point d'oublier le reste. Car enfin, elle retrouve quelqu'un, enfin, elle ne sera plus seule, enfin, elle retrouve Lem. Elle ne pourrait plus compter les jours où elle l'a attendue... Mais, d'un autre côté, ces jours ont aussi laissé en elle un silence morose et désolé, un chaos sans nom ni loi. Une blessure faite au marbre, un éclat gigantesque qui loge encore dans sa poitrine. Lem l'a abandonnée, elle fut la scie qui tortura son écorce. Alors, perchée sur les branches de l'aulne, elle ne bouge pas, et elle sent son cœur battre et se détruire, deux ventricules inséparables arrachés l'un à l'autre. Elle secoue légèrement la tête, alors que l'enfant tente de grimper là-haut. Elle a toujours été plus agile à terre. Autrefois, déjà, elle tentait de pourchasser son amie entre quelques branches fébriles, et chutait sur l'herbe tendre, heurtant par inadvertance les insectes qui ne s'y attendaient guère. L'animal blanc riait aux éclats, innocent et naïf, comme si le monde au-delà n'existait pas. Mais il existe bel et bien, maintenant que Lem lui a donné vie dans sa tête.

Alors que l'adolescente perd l'équilibre, Vinter réagit immédiatement. L'enfant a reçu l'éducation animale et sait agir instantanément, quasiment par instinct, sans même réfléchir. Et c'est ainsi qu'elle descend de quelques étages pour saisir la main de son amie, pour la maintenir au-dessus du sol. Retenir, simplement, car elle n'a pas la force de la monter elle-même. Elle est aussi craquelante que la feuille d'automne qui heurte l'humus. Elle l'aide à s'agripper, à remonter, et l'accueille sur la branche principale, pour légèrement reculer, accroupie comme une bête vulgairement soumise. Et elle reste muette, elle ne sait même plus ce qu'est sa voie. Et ses pensées sont une cohue trop incontrôlable pour lui offrir une simple question. « Lem.. Pourquoi ?.. Reviens !.. Non.. Vas-t-en.. ! Reviens !.. Pourquoi ? Pourquoi ?! Lem ! » et le brouhaha la ronge, ouragan de mots mêlés aux interjections qui n'ont aucun sens.



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Ven 29 Juil - 12:16

Running with the wolves.
"But we're running out of time. Oh, all the echoes in my mind cry. There's blood on your lies, the sky's open wide. There is nowhere for you to hide, the hunter's moon is shining."

Aurora - Running with the wolves ▽ La chute ne lui semble pas interminable : Lem est de ces gens qui vivent vite, qui ne métaphysiquent pas et tandis qu'elle perd l'équilibre, la jeune Pixie est déjà rattrapée par son amie Qilin, bien plus agile qu'elle dans les arbres. Ça avait toujours été le cas : si Lem avait le pas de course léger et rapide, Vinter passait sans rien toucher, et même les buissons s'écartaient respectueusement sur son passage. Les animaux de la forêt étaient moins graciles que son amie, moins rapides et la Pixie l'avait toujours admirer pour cette dextérité innée quand elle jouaient des heures durant à l'ombre des grands arbres ou avec les cailloux qui dansaient dans la rivière. Ses grands yeux bleus se remplirent naturellement de larmes en fixant la Qilin l'aider à remonter sur une large branche et elle se tint à cette dernière comme sis a vie en dépendait ; elle avait le cœur qui battait si fort ! La peur l'emporta sur les autres réflexion et en face de la Qilin, la blondinette ne put que pleurer sans retenue. Des pleurs d'enfant terrifié, sincères et bruyants comme son mode d'expression en général. Lem pleura longuement, bouche ouverte sur des sanglots interminables. Les larmes frangeaient ses grands yeux innocents d'une crainte palpable, la déchirèrent  toute entière par cette innocence qui craignait les choses très simples mais jamais les complexes. Elle hoquetait misérablement devant Vinter, ravalant ses sanglots et sa morve au nez, parce qu’elle avait peur. Si peur.

La Pixie ne put rien faire d'autre que de se dédier à cela jusqu'à ce que sa frustration infantile soit complètement drainée hors de son corps. Alors seulement elle tira sur son débardeur trop grand pour y essuyer son visage et s'y moucher sans façon, le regard encore tout chamarré d'humidité. Son visage encore lézardé de son émotion exprimait pourtant de la gratitude et aucun doute, au contraire de son amie. Sa bouche s'arrondit sur quelque chose qui ne vint jamais, voyant la Qilin reculer, accroupie avec un air farouche. Pourquoi Vinter semblait si retranchée face à elle ? Lem était un être évaporée, fantasque et parfois un peu cruel. Elle saisissait les émotions en surface et gommait celles qui lui déplaisaient : les souffrances, les doutes et les craintes. La peur n'était pour elle que la peur d'un instant, et elle ne doutait que rarement. Mais une diée fit son chemin dans la tête de l'adolescente et elle se mordit la lèvre inférieure.

"Tu m'en veux ?"

Le doute naquit dans son cœur pur de manière dévastatrice et elle se tut, les yeux dans le bleu de ceux de Vinter. Elle était partie pour ne pas la voir pleurer mais... cela ne voulait pas dire que la Qilin n'avait pas pleurer ; l'idée percuta Lem de plein fouet et lui retourna l'estomac dans un gargouillis sinistre. Elle ne sut quoi faire à part fixer son amie avec un air stupide. Se pourrait-il que Vinter lui en veuille d'être partie ainsi ? Il est vrai que la Pixie ne lui avait pas donné la raison de son départ....

"Je t'ai fais du mal ?", questionne simplement Lem sans bouger, sur sa branche avant de s'indigner comme une fillette, "je t'aime ! J'veux pas t'faire mal !"

L'idée de nuire, même inconsciemment, à l'être aimé terrifiait la jeune fille et elle se mordit l'intérieur des joues pour ne pas pleurer à nouveau, mais les larmes commençaient déjà à poindre de ses yeux grands ouverts sur la bêtise qu'elle aurait pu faire. Encore une fois, l'idée séduisante de prendre la fuite lui semblait une option mais cela ferait encore plus souffrir la Qilin.... elle ne savait pas quoi faire et cela se voyait, tiraillée à présent tout comme Vinter. Les deux Faës se regardèrent comme des chiens de faïence et finalement prise d'une impulsion qu'elle espérait positive, incapable de demeurer silencieuse plus de deux minutes, la Pixie saisit son amie à bras le corps pour la serrer contre elle, du plus fort qu'elle le put.

"J't'aime, j'voulais pas !", elle sanglotait, "me déteste pas !"

Disant cela, Lem recommença à pleurer sincèrement, faisant tendrement échouer ses lèvres sur le nez de Vinter en un baiser de petite sœur, embrassant son menton, ses joues pleines et douces et la cajolant comme elle le pouvait. Peut-être n'avait-elle pas réfléchi à la porter de ses actes, encore une fois. peut-être que Vinter la détestait vraiment à présent et qu'éperdue de la crainte de la perdre, la Pixie ne trouve que la solution de la serrer contre elle et de la couvrir de baisers immatures pour lui prouver qu'elle avait si peur de la perdre. Son équilibre, tandis qu’elle s'agitait, devint de plus en plus précaire sur la branche de l'arbre. Mais elle ne savait faire que ça : des actes de petite fille pour qui le monde est un spectacle fascinant mais étrange et désordonné. Et, le cœur si gros, elle bisa la commissure de ces jolies lèvres en un baiser d'amie amoureuse agitée de la peur d'être haïe par celle qu'elle aime.
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Mer 3 Aoû - 11:33


RUNNING WITH THE WOLVES

The wind is my voice, the tree is my eyes.


Les temps changent. Ils avancent sans attendre qui que ce soit. Ils sont les maîtres et les êtres de la forêt suivent sans tenter de les interpeller. L'hiver laisse place à l'été, l'automne au printemps. Les anciens se couchent et laissent les jeunes s'élever. Les arbres chutent pour délivrer plusieurs décennies à leurs cadets. Et Vinter aussi, change, sans pourtant s'en rendre compte. Elle sait, de façon certaine, que chaque lendemain l'éloigne un peu plus de ce qu'elle était hier. Lem fait partie d'une histoire passée. Depuis, beaucoup de choses ici, à l'intérieur, ont changées. S'y habituera-t-elle ? Saura-t-elle simplement le voir ? Vinter le souhaite. Et ces questions silencieuses la tiraillent, car elle ne veut pas accepter son retour aisément, comme s'il ne fut rien qu'une miséricorde ennuyeuse et facile à porter. Car ce n'était évidemment pas le cas. Chaque jour qui se manifestait en plus était un peu plus pesant chaque fois. Et elle a fini par ramper sur le sol, sous le poids de tant de jours, de tant de semaines, qu'elle ne savait plus les compter distinctement. La forêt a enlacé le pantin brisé, la marionnette perdue entre ses propres fils. Elle n'était rien, elle était le regard voilé, le cœur craquelé. Pendant des mois, la forêt dut vivre par elle-même, sans aucune intervention de sa part. Les rondes étaient terminées, les sourires, les pensées. Elle était morte avec le départ de sa sœur, comme la plante au départ du soleil. Elle s'était laissée s'anéantir elle-même, sans chercher à trouver une issue, ou du réconfort autour d'elle. Il était alors plus aisé de choisir cette voie. Et tout le monde, aujourd'hui, le fait. Les animaux eux-mêmes sont la preuve que seul le plus fort survit. Alors pourquoi les Hommes s'évertuent à être si pitoyables ? Elle l'ignore. Elle ignore tout du monde au-delà, elle a seulement écouté sa mère lui conter des choses d'au-delà de l'horizon. Et elle a appris que l'Humanité était un bien piètre animal. Et lorsque Lem l'a quittée, elle s'est laissée aller comme eux, parce qu'après tout, elle l'avait quittée pour eux... Elle voulait qu'elle revienne, et qu'elle puisse voir en elle ce qu'elle recherchait tant chez les Hommes. Mais elle ne revint pas pour voir ce que Vinter tentait de devenir. Elle ne revint pas pour contempler son erreur, car si la petite aux cheveux d'ange pensait bien faire, elle ne put jamais atteindre son but. On est que ce que l'on est, le reste n'est qu'une devanture bien dépoussiérée tous les matins au lever du rideau métallique.

Si elle lui en veut ? Oui, la réponse est évidente. Si cette réponse est nuancée, c'est parce que Vinter a toujours profondément aimé Lem, et qu'elle ne peut terrasser ce sentiment infini qui les relie. Elle ne l'aurait guère souhaité, car elle regretterait la perte d'une amitié si forte. Mais garder ce sentiment est aussi un lourd fardeau, qui peut s'avérer être un poids de taille lors des plus mauvais jours. Car si l'amour est une force, l'absence de celui-ci est une faille. Après le départ de Lem, après la convalescence de Vinter, la forêt a vu renaître l'enfant sous un jour nouveau. Plus fragile, plus à l'écoute. Elle n'était plus une enfant, désormais, et ce fut cette cassure qui lui fit comprendre que de nombreuses épreuves l'attendaient encore, cachées derrière les rideaux de l'avenir, à déjà sourire. Elle ne pouvait néanmoins dire qu'elle était prête pour incarner ce que ses parents incarnaient avant elle. Mais elle sait ce qui l'attend. Elle sait qu'elle sera un élément clé du futur de cette forêt, car elle en est l'Esprit, et le Coeur. Alors oui, elle est en colère contre Lem. Elle est en colère car, malgré ses suppliques, elle est partie loin d'elle, la laissant, une fois de plus, seule avec le vent. Et lorsqu'elle lui dit qu'elle aime, la blessure se ravive. Et son petit corps tremblotte comme une feuille. Elle l'aime, elle aussi, c'est indéniable. Et c'est cet amour qui la déchira auparavant. Et comment lui accorder encore son cœur. Et si elle repartait encore, et si elle revenait à peine pour mieux retrouver les Hommes ? Vinter a peur. En réalité, elle est terrorisée de la perdre encore.

A ses baisers, son âme s'égare sur l'océan vert, et elle perd la notion de la grandeur. Elle s'échoue sur les vagues du vent, et ferme les yeux. Elle ne pourra jamais la détester. Vinter n'est pas douée de haine, ou seulement pour ceux qui heurtent sa précieuse forêt. Et Lem ne l'a pas fait. Elle n'a heurté qu'elle. Vinter ignore même si elle l'a fait consciemment. Et en sentant ses larmes contre ses joues, elle abandonne ses maux, elle ne fait d'eux que de la fumée qui ne la touche plus. Elle serre sa sœur contre elle, un instant, de ses bras minuscules. Fébrile, elle croit un instant tomber. Car elle a retrouvé sa Lem, à n'en point douter. Une longue minute, elle la blottit contre elle, et laisse l'atmosphère les embaumé de ses bras duveteux. Bien sûr qu'elle l'aime encore. Bien sûr. Et pour prouver ses dires, elle attrape sa main et la pose contre sa poitrine. Contre son cœur. Car Lem ne l'a jamais quitté.



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Messages : 220 Je suis arrivé(e) le : 08/07/2016 Sous les traits de : Elle Fanning Je me dédouble : Mara D. Danvers Pseudo : Melkin Crédits : merenwen & sosoland Points : 1524 Couleurs RP : #AE7F00 Dancing with myself.

J'ai : 16 ans Age d'apparence : ... 16 ans Je travaille comme : étudiante en anatomo-pathologie Actuellement, je suis : célibataire par choix, mais pas le mien Pouvoir : contrôle de la Chair Niveau social : modestement boursière.

Je suis seule à crever,
Et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi,
Nous allons nous connaître
Préparez votre temps,
Pour vous j'ai tout le mien.




Je n'ai pas connu d'autre garçon que toi
Si j'en ai connu, je ne m'en souviens pas
A quoi bon chercher
Faire des comparaisons
J'ai un coeur qui sait quand il a raison
Et puisqu'il a pris ton nom...
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Lun 15 Aoû - 13:35

Running with the wolves.
"But we're running out of time. Oh, all the echoes in my mind cry. There's blood on your lies, the sky's open wide. There is nowhere for you to hide, the hunter's moon is shining."

Aurora - Running with the wolves ▽ Aucun des matins de ce monde n'avait la clarté de ces grands yeux clairs. Aucun des soirs de cette Terre qui ne tournait pas toujours très rond n'avait la beauté lunaire de ce visage particulier, encore enfant et pas tout à fait femme, un peu animal, sans être d'aucun des règnes. Vinter était l'enfant de la forêt et sa gardienne, elle était tout et rien. Pour Lem, la Qilin était tout ce qu'elle avait et désirait. Les choses avaient toujours été d'une simplicité enfantine avec son amie mais son propre départ avait jeté sur leur relation un voile dont elle ne mesurait pas le teneur. l'idée même que Vinter puisse lui en vouloir l'agitait de terreur, elle qui n'avait jamais vraiment peur de rien. Elle était stupide, Lem. Elle était heureuse sans jamais aucune raison. Car si vous avez une raison de l'être, cette raison peut disparaître. Cette raison s’appelait pourtant Vinter ; comme elle était jolie quand elle lui bisa le menton dans un geste de sœur. Aucune des deux Faës n'est douée pour la haine, à l'évidence. La Qilin la serra contre elle et la blonde sut à cet instant que les erreurs du passée seraient pardonnées : grand et pur est le cœur de Vinter, à l'image des profondeurs tantôt bordée de lumière ou hantée de mousse de cette forêt qui les avait vu grandir.

Lem s'égare, se lovant contre la Qilin qui la prend dans ses bras ; c'est agréable et très simple et soudain son cœur bat si vite qu'il lui semble vouloir sortir de sa cage thoracique. C'est un drôle d'émoi qui manque un peu d'innocence, maintenant qu'elle est une grande fille. C'est un vertige d'adulte, débarrassé des envies matures, des complications responsables. C'est l'amour, un fruit qui a doucement mûri mais qui ne cherche pas à se reproduire. C'est une fleur qui a éclos tout doucement, tendrement, mais qui fanera en emportant tout son pistil. Et à présent qu'elle a ce visage en face d'elle, Lem ne sait plus pourquoi elle est partie. Elle a tout simplement oublié : sa résolution s'est noyé dans ces grands yeux bleus si tristes et qui la laisse la bouche ouverte sur quelque chose qui ne s'exprime guère par des mots. C'est compliqué, là, tout de suite. C'est devenu confus. La Pixie n'ose rien dire de peur d'effaroucher encore une fois son amie. Elle sont deux drôles d'oiseaux, pourtant sur leur perchoir. Et le temps n'attend pas, même pour les Faës.

Lem comprend pourtant qu'elle est là où Vinter lui fait poser la main : dans son cœur. Il n'y a besoin d'aucune parole pour le faire comprendre et la blonde prend un long moment un air interdit. Elle est une grande fille à présent, malgré ses enfantillages et des caprices et si le monde des adultes lui semble encore un endroit froid et effrayant, elle a suffisamment arpenté les routes et battu le pavé de ses pieds nus pour faire la différence entre une affection et une autre. Elle sourit, tendrement, se remémorant les premiers instants de sa rencontre avec la Qilin, dans les lointains souvenirs d'une enfance fuyante. Une enfance de plus de trente ans, auprès de sa jolie Vinter, dans les secrets de la forêt. Sur leur arbre perchées, les deux Faës se retrouvaient en cet instant silencieux plus éloquent que milles discours.

"Vinter, t'sais...", Lem cherche ses mots, hésite, baisse le regard pour le relever, l'air plus sérieuse.

Elle voudrait lui expliquer pourquoi elle est parti aussi soudainement, sans se retourner mais soudain la chose lui semble fastidieuse, compliqué et inutile. Il y a plus important, même si elle sait que c'est ce qui a tant heurté la Qilin. Mais quelque chose d'autre l'agite, tandis qu'elle la regarde. C'est la compréhension que quelqu'un vous manque quand il n'est pas là. C'est l'assurance de la nature de son affection, dans n nouveau regard. Elle est belle, Vinter, comme les fleurs, comme la mousse, comme les oiseaux. Elle est belle comme l'amour. Ça serre le cœur et ça rend la gorge sèche et Lem ne trouve rien de vraiment intelligent à lui dire, même en cherchant bien. Alors elle prend son visage en coupe entre ses mains et la regarde encore et encore, se saoulant des détails de ses sourcils, de son petit nez, de ses pommettes et de sa peau douce et pleines de fragrance.

"... euh....", elle avait l'air de vouloir s'expliquer ou s'excuser mais donna plus l'impression de ne plus savoir du tout quoi dire, "j'voulais dire un truc là, mais... j-je j'l'ai oublié..."

La Pixie avait un air interdit et stupide, réalisant finalement le plus important qu'il lui fallait dire à son amie. Le plus vital pour elle. Elle massa bêtement les joues de Vinter pour lui donner l'air d'un gourami embrasseur et tenter une blague pour détendre l'atmosphère mais rien n'y fit. Il y avait un poids sur son cœur, un truc sur le bout de sa langue. Ses mains se posèrent sur les épaules de l'autre Faë. Lem s'inquiète de faire mal les choses et de ne pas assez prendre en compte la tristesse et la colère de Vinter. Elle ne sait pas par où commençer; C'est tellement compliuqé dans sa tête soudain... un vrai chaos; Alors elle dit la chose bille-en-tête, comme elle le fait toujorus, fermant les yeux.

"Je... comment te dire...", elle cherche un peu, ouvrant en grand les yeux avec un air profondément stupide, "j'ai toujours été amoureuse de toi, Vinter. Depuis qu'on est toutes p'tites. J'ai jamais trop su comment t'le dire."

Elle rit bêtement, se grattant l'arrière de la tête avec un air gêné qu'elle n'avait que rarement, elle qui était sans souci ni gêne naturellement. Et elle n'était pas morte de honte, heureusement : ses poumons respiraient encore, ses yeux voyaient toujours. Elle n'allait pas mourir de dire la vérité à Vinter.

"Bah v'la qu'c'est dit ! J'sais c'est pas l'moment mais c'est sorti un peu comme ça !", elle haussa les épaules d'un air désinvolte, "j'suis con comme une bûche ! Enfin les bûches c'est pas con, c'pas c'que j'voulais dire ! C'est une image... euh... la bûche, la bûche bête, t'vois.. mhhh... la bûche, quoi. Mais conne. M'enfin, j'veux pas qu'tu soies triste, ma Vinter. T'es jolie. T'es la plus jolie de toutes, t'sais."
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